22.03.2008

Synchronisation des ondes cérébrales


Source : Article de passeportsante.net
Présentation

Le cerveau est certes un territoire énigmatique, mais depuis une cinquantaine d'années, la science a élucidé certains de ses mystères. Aujourd'hui, on utilise non seulement des produits pharmaceutiques pour intervenir dans sa chimie, mais aussi diverses technologies pour en modifier les mécanismes physiques. Ainsi, simplement en écoutant des enregistrements conçus à cet effet ou à l’aide de petits appareils émettant des signaux lumineux, semblables à des stroboscopes, on peut accélérer ou ralentir les ondes cérébrales ou encore synchroniser les ondes de l'hémisphère droit avec celles de l'hémisphère gauche.


Les effets recherchés sont variés, et pas toujours orthodoxes sur le plan scientifique : améliorer le sommeil ou les fonctions immunitaires, surmonter la timidité, apprendre en accéléré, développer la créativité, mais aussi atteindre ce qu'on appelle des états « non ordinaires » de conscience — notamment pour faire des rêves éveillés ou des voyages hors du corps. Précisons que non ordinaire ne veut pas dire artificiel, mais qu'il s'agit plutôt d'états peu courants — on pourrait dire exigeant une disponibilité peu compatible avec notre mode de vie habituel.


Les ondes cérébrales

Dans les différentes zones du cerveau, l'influx nerveux fonctionne en relative cohérence et de façon rythmique : les neurones s'activent ensemble (plus ou moins), comme une pulsation, puis se calment, puis s'activent de nouveau. Grâce à de petites électrodes placées sur le cuir chevelu et reliées à un appareil appelé électroencéphalographe (EEG, inventé en 1929), le rythme de ces pulsations peut se traduire en forme d’ondes.


L'intensité de l'activité cérébrale se manifeste par la fréquence de ces ondes. On les calcule en hertz (Hz) — un hertz égalant une ondulation par seconde. Si le graphique enregistré par l'EEG est plat, c'est qu'il n'y a pas d'activité cérébrale. Quant aux ondes générées par un cerveau actif, on les divise en quatre ou cinq fourchettes, dont les appellations viennent du grec ancien :



  • Ondes delta : de 0,5 à 4 Hz, celles du sommeil profond, sans rêve.

  • Ondes thêta : de 4 à 7 Hz, celles de la relaxation profonde, en plein éveil, atteinte notamment par les méditants expérimentés.

  • Ondes alpha : de 8 à 13 Hz, celles de la relaxation légère et de l'éveil calme.

  • Ondes bêta : 14 Hz et plus, celles des activités courantes. Étrangement, les ondes cérébrales passent au bêta pendant les courtes périodes de sommeil avec rêve (sommeil paradoxal), comme si les activités du rêve étaient des activités « courantes ».

  • Il arrive aussi qu'on parle d'ondes gamma qui se situeraient au-dessus de 30 ou 35 Hz et qui témoigneraient d'une grande activité cérébrale, comme pendant les processus créatifs ou de solutions de problèmes. (Ne pas confondre avec les rayons gamma, émis par le noyau des atomes.)


Mentionnons par ailleurs que le cerveau est divisé en deux hémisphères, puis en plusieurs aires, chacune ayant une fonction importante : aires du langage, de la sensibilité corporelle, de l'émotion, etc. En ce qui concerne les hémisphères, on sait qu'ils fonctionnent le plus souvent dans une relative indépendance, et que le gauche, généralement dominant, est le siège de la logique et du rationnel, tandis que le droit est celui de la créativité.


La fréquence des ondes cérébrales varie donc selon le type d'activités dans lequel on est engagé, mais les individus non entraînés ont relativement peu de contrôle sur celles-ci. Trop de stress, par exemple, et le système nerveux n'accepte pas de se détendre au moment indiqué; les ondes cérébrales continuent alors de se maintenir dans la fourchette bêta et il est impossible de trouver le sommeil...


D'autre part, on avance que les meilleures ressources mentales pour la créativité et la solution de problèmes se situeraient dans la fourchette des ondes thêta, auxquelles, malheureusement, on n'accède pas facilement.


Quand le cerveau prend le rythme

Plusieurs phénomènes extérieurs peuvent affecter le rythme des ondes cérébrales. La science a découvert que c'est généralement un effet de résonance qui est en cause, comme lorsqu’une note jouée au piano fait vibrer à l'unisson une corde de guitare. Le battement régulier des tambours de même que le chant grégorien ou des activités physiques rythmées comme la marche procurent, à la longue, cet effet. Désormais, la technologie moderne permet d'atteindre ces résultats en un rien de temps.


En effet, certains types de pulsations sonores émises directement dans les oreilles peuvent induire, accélérer ou ralentir la fréquence des ondes en fonction du résultat recherché. Pour améliorer la qualité de détente et favoriser le sommeil, par exemple, on « invite » le cerveau à ralentir le rythme de ses ondes, qui pourrait graduellement passer de 14 à 4 Hz. On peut aussi améliorer la cohérence de l'influx nerveux des neurones, ce qui se traduit sur l'EEG par des ondes d’une plus grande amplitude.


Toutes sortes de compagnies produisent des disques de musique jouant sur ce principe de résonance, généralement avec des fréquences de 3 à 8 Hz, pour favoriser l'apprentissage et surtout la détente. On y combine parfois des injonctions parlées capables d'induction hypnotique — pour arrêter de fumer par exemple. Une compagnie a même donné le nom « d'audiocaments » (marque déposée) à des produits de ce genre1.


S'agit-il de messages subliminaux? En principe, non. D'ailleurs, les entreprises inscrivent généralement une note sur leurs produits pour déclarer que ceux-ci ne contiennent aucun message subliminal pouvant représenter un viol psychologique. Certains consommateurs s'inquiètent quand même2.


Une technologie au service des deux hémisphères

Modifier le rythme des ondes cérébrales, c'est une chose, mais faire adopter le même rythme par les deux hémisphères du cerveau, c'est un pas de plus, semble-t-il. La théorie veut que plus les hémisphères fonctionnent au même rythme, plus grand est le bien-être. On croit même qu’un fonctionnement « intégré » des deux hémisphères favorise de meilleures performances mentales et intellectuelles, puisque la logique (cerveau gauche) et la créativité (cerveau droit) agissent alors en synergie.


Un moyen d'y arriver a été découvert en 1973 par le Dr Gerald Oster, à l'École de médecine du Mont Sinaï, à New York : cela s'appelle les « battements binauraux » (qui concernent les deux oreilles). Lorsque, par le biais d'écouteurs, on fait entendre une fréquence différente à chaque oreille, le cerveau adopte le rythme de la différence entre les deux fréquences : si l'oreille gauche reçoit une fréquence de 210 Hz et la droite, de 200 Hz, les neurones des deux hémisphères du cerveau adopteront une activité de 10 Hz, la fréquence différentielle. On appelle ce mécanisme la « réponse d'adoption de la fréquence ».


Apparemment, on ne peut pas jouer ainsi avec n'importe quelles fréquences, mais les chercheurs de l'Institut Monroe3, l'entreprise la plus active dans le domaine de la technologie de la synchronisation cérébrale, disent avoir découvert une cinquantaine de combinaisons dont les effets sur le cerveau seraient particulièrement bénéfiques. Robert Monroe, aujourd'hui décédé, a fait breveter ce procédé en 1975 et a conçu une série d'outils connus sous le nom de Hemi-Sync. Les plus simples sont des enregistrements sonores dans lesquels les signaux hertziens sont camouflés sous divers sons plus ou moins musicaux; on retrouve également des appareils plus complexes combinant ondes sonores et impulsions visuelles.


Pour faciliter le sommeil, par exemple, la fréquence différentielle des battements binauraux évolue lentement de 8 Hz à 2 Hz, favorisant donc le passage, en 40 minutes, d'un état de relaxation léger (8 Hz) à un état de transe profonde (2 Hz).


L'Institut Monroe affirme sur son site que ses produits sont susceptibles de faire « se concentrer les ressources du cerveau, de l'esprit et du corps pour atteindre divers buts » :



  • Activer un processus de croissance émotionnelle (développer l'estime de soi, éliminer l'autosabotage, etc.).

  • Améliorer la détente et le sommeil.

  • Augmenter la productivité et la performance mentale.

  • Apporter un soutien pendant la grossesse et l'accouchement.


Mis à part ceux de l’Institut Monroe, de nombreux autres produits sont offerts sur le marché, surtout pour favoriser la relaxation et la créativité. La synchronisation des ondes cérébrales est également utilisée dans le domaine de la motivation, tant pour les hommes d'affaires et les sportifs, que pour celles et ceux voulant atteindre des objectifs personnels. On parle d'ailleurs d'« entraînement mental » et de « neurodynamique ».


Explorer l’insondable

Le travail d’exploration des ondes cérébrales - et plus particulièrement la recherche d'états non ordinaires de conscience - est utilisé de plusieurs manières pour le développement de la personne sur les plans psychologique et spirituel. Le Français Patrick Drouot4, physicien de formation qui a collaboré aux recherches de l'Institut Monroe, a établi une certaine « cartographie » des états d'expansion de conscience pouvant être obtenus à l'aide de stimulations cérébrales. Dans ce cas, il s'agit selon lui essentiellement d'une démarche spirituelle - hors du temps linéaire et pouvant atteindre les plans cosmiques.


Applications thérapeutiques


Jusqu’à maintenant, peu de recherches scientifiques ont évalué la synchronisation des ondes cérébrales comme outil thérapeutique. Quelques-unes ont toutefois tenté d’évaluer sa capacité à contrer l’anxiété ou à diminuer l’analgésie au cours d’interventions chirurgicales.


Réduction de l’anxiété. En 2001, une recherche menée par une clinique montréalaise spécialisée dans la gestion du stress et de l’anxiété a évalué l’effet de la synchronisation des ondes cérébrales chez des sujets présentant des niveaux légers d’anxiété5. Ainsi, durant quatre semaines, cinq fois par semaine, quinze sujets ont écouté une des trois bandes sonores mises à leur disposition. Les notes musicales créaient des battements binauraux de fréquences différentes. Les chercheurs ont mesuré le pourcentage d’anxiété des participants avant et après l’écoute. Il est passé en moyenne de 41,1 % à 21,2 %. Ces résultats démontrent que la technique de synchronisation pourrait aider dans les cas d'anxiété légère. Cependant, il est impossible de conclure avec certitude à son efficacité, car trop peu d’études rigoureuses ont été réalisées jusqu’à maintenant.


Réduction de l’anxiété préopératoire et diminution des analgésiants. La synchronisation des ondes cérébrales a fait l’objet de quelques essais cliniques randomisés dans un contexte d’interventions chirurgicales. Dans l’un d’eux, publié en 2005, des patients ont écouté, avant leur chirurgie, soit de la musique et des battements binauraux, soit de la musique seule, ou encore aucun son6. Les chercheurs ont observé des diminutions respectives des niveaux d’anxiété préopératoire de 26,3 %, 11,1 % et 3,8 % selon les groupes. Ils ont conclu que les battements binauraux pourraient agir contre l’anxiété.


Trois autres études portant sur l’utilisation de cette technique pendant une chirurgie ont été répertoriées7-9. Deux de celles-ci indiquent que les patients subissant une chirurgie sous anesthésie générale avec écoute de musique et de battements binauraux nécessitaient moins d’anesthésiants que les patients des groupes témoins7,8. Par contre, la troisième n’a pas constaté de différence significative entre le groupe expérimental et le groupe témoin9. D’autres études scientifiques, réalisées avec un plus grand nombre de sujets, seront donc nécessaires avant de pouvoir déterminer l’efficacité de la synchronisation des ondes cérébrales au cours d’interventions chirurgicales.










Section Applications thérapeutiques
Recherche, rédaction et révision scientifique 
: Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l’enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université Laval.
(septembre 2006)



En pratique

On trouve facilement sur le marché des enregistrements dont la musique ou les sons de la nature suscitent de façon naturelle les ondes alpha propices à la détente. Il existe aussi, mais c'est moins courant, des enregistrements dans lesquels on a intégré des sons de type alpha ou bêta dans le but précis d'induire un état de relaxation ou de concentration. Ces cassettes ou CD, parce qu'ils ne contiennent pas de battements binauraux, peuvent être écoutés sans écouteurs, simplement diffusés par une chaîne stéréophonique. Généralement, le programme suit une progression pour amener le rythme des ondes cérébrales à la fréquence désirée en 30 ou 40 minutes.


Ce type de produit est également offert en version informatique, pour diffusion sur l'ordinateur pendant que vous travaillez (préférablement une version pour concentration plutôt que pour détente...)


Les systèmes à battements binauraux qui combinent effets sonores et lumières clignotantes ne se trouvent qu'auprès des praticiens ou sur Internet. On les connaît sous l'appellation générale de stimulateurs audiovisuels ou Mind Machines, dont les prix atteignent quelques centaines de dollars (150 euros et plus). Un même appareil peut offrir plusieurs programmes – relaxation, créativité, concentration, etc.


L'Institut Monroe et les gens qui y ont été formés offrent des sessions allant jusqu’à six jours avec des équipements beaucoup plus élaborés dont l'objectif est le développement affectif, mental ou spirituel (expansion de la conscience), et l’amélioration de la santé (voir Sites d’intérêt).


Livres, etc.

Hutchison Michael. Megabrain: New Tools and Techniques for Brain Growth and Mind Expansion, Hyperion, États-Unis, 1994 (première édition : 1986).
Hutchison est un fervent de la technologie susceptible d'amener le cerveau en quatrième vitesse. Son livre, un des seuls vraiment sur le sujet, décrit les divers phénomènes en cause et dresse l'inventaire des appareils sur le marché. Mais il date de près de 20 ans.


Sites d’intérêt

The Monroe Institute
Ce centre a but non lucratif a été le chef de file de la recherche dans le secteur de la stimulation technologique du cerveau. Le site offre des pages en français et la liste des animateurs accrédités (Québec, France, Suisse) que l'institut a formés.
www.monroeinstitute.org


L’Institut Monroe (succursale québécoise)
Renseignements variés et la liste des animateurs de la francophonie.
http://colba.net/~sylgor


Fonda-Mental
Parmi les sites européens à offrir de la technologie de développement de conscience, celui-ci est un des plus élaborés.
www.fondamental.com


Centre Alternatif Santé Naturelle
Cette fondation sans but lucratif est aussi un centre de croissance personnelle qui utilise entre autres des techniques proches de la synchrothérapie.
http://www.centrealternatifsante.qc.ca/page-cours-cerveau...

25.02.2008

CNV : citation

« Nous sommes nombreux à avoir appris à expliquer nos émotions en en niant toute responsabilité personnelle et/ou en l'imputant au comportement d'autrui. Nous disons par exemple, "tu me rends dingue (heureux...)" ; "tu me mets en colère" ; "Je n'avais pas d'autre choix que de..." ; ou encore "Je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir...". Ce sont en réalité des formes de reproches qui provoquent souvent des débats stériles.

Il est vrai que nos sentiments et nos choix sont influencés par les actes d'autrui. Les autres nous fournissent un stimulus particulier auquel répondre. Mais d'après mon expérience, notre façon de répondre à ce stimulus est davantage déterminée par ce que nous pensons de ce qui arrive, et par nos besoins s'y rapportant, que par le stimulus lui-même. Voilà pourquoi la communication non-violente nous recommande de consacrer notre énergie à explorer  la façon dont les besoins et pensées d'une personne donnent forme à ses sentiments et ses choix, plutôt qu'à faire des reporches et à se perdre en vains débats.
» (Wayland Myers dans Pratique de la communication non-violente)


Je suis triste de voir des croyants très avancés dans leur pratique spirituelle, mais qui ne semblent pas connaître les "bases" : reconnaître ses schémas émotionnels, être capables de partager ses sentiments aux autres, s'adresser aux autres dans le respect. Et l'illusion d'être avancé donne l'impression que l'on est bien au-dessus ce qui est considéré comme des "bases" - des évidences - qui n'ont pas forcément été abordées ou comprises. Il en est de même pour les athées adeptes d'une méthode de développement personnel ou d'une spiritualité athée.


Article CNV : communication non-violente

Lire Pratique de la communication non-violente de Wayland Myers

12.02.2008

LA MEDITATION : une médecine d'avenir ?

Extrait de l'article de Thierry Janssen




Du 8 au 10 novembre 2005, plusieurs scientifiques de renommée internationale rencontraient le dalaï-lama et d’autres personnalités du monde spirituel pour débattre des bases scientifiques et des applications cliniques de la méditation. Organisées par le Mind and Life Institute, ces trois journées se déroulaient à Washington, juste avant l’ouverture du Congrès annuel de la Society for Neuroscience où le dalaï-lama était invité à prendre la parole. 


Synergies

Il n’existe sans doute pas de meilleur exemple d’interdisciplinarité et de complémentarité que celui du Mind and Life Institute. Au départ, deux hommes : Adam Engle, avocat et homme d’affaire américain, et Francisco Varela, neurobiologiste chilien, diplômé de Harvard et directeur de recherche au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) à Paris. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, si ce n’est le fait que, chacun de leur côté, ils s’étaient convertis au bouddhisme et que, tous les deux, ils avaient entendu parler de l’intérêt du dalaï-lama pour la science occidentale. C’est une femme, Joan Halifax, enseignante bouddhiste zen, qui, en 1985, eut la bonne idée de les réunir. Le Mind and Life Institute était né. L’esprit et la vie. Avec un objectif : établir un dialogue entre la science et le bouddhisme. Deux cultures qui, chacune à leur manière, tentent de comprendre la nature de la réalité afin d’améliorer la condition humaine. Un projet ambitieux, donc. Puisque rien n’est plus difficile que réussir un dialogue constructif entre deux cultures. Deux ans plus tard, une première rencontre fut organisée entre le dalaï-lama et des chercheurs, dans les appartements privés du chef spirituel des Tibétains, à Dharamsala. Une dizaine d’autres réunions se déroulèrent en petit comité jusqu’en 2003, lorsque le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), invita Engle à organiser une réunion à Boston, en présence d’un public plus large. Entre temps, Francisco Varela était décédé au mois de mai 2001. Il aurait certainement apprécié de constater à quel point, aujourd’hui, les dialogues du Mind and Life Institute suscitent l’intérêt de la communauté scientifique.


Une manière de vaincre le stress

Depuis le début des années 1970, le biologiste Jon Kabat-Zinn, s’intéresse aux interactions du corps et de l’esprit. Très vite, il comprend l’intérêt de recourir à des techniques méditatives basées sur la notion de la « pleine conscience » (mindfulness). Apaiser l’esprit pour relâcher le corps. Débarrassée de toute connotation religieuse, exotique ou orientale, la méthode qu’il propose prend alors le nom scientifique mindfulness-based stress reduction (MBSR). « Une manière de rassurer les suspicieux. Un moyen d’intégrer la méditation dans la pratique clinique », commente Kabat-Zinn. L’approche consiste avant tout à développer une attention, instant après instant, dans le présent. Une pratique méditative « allégée » qu’il enseigne au sein de la Clinique de réduction du stress de l’université du Massachusetts. Son programme d’apprentissage est simple : une séance de deux heures et demi, une fois par semaine, durant huit semaines, plus une heure par jour d’entraînement chez soi. Depuis vingt cinq ans, plus de quinze mille personnes en ont bénéficié pour aider au traitement de troubles aussi divers que des problèmes cardiaques, le sida, des douleurs chroniques, des dysfonctionnements gastro-intestinaux, des migraines, de l’hypertension artérielle, des troubles du sommeil, de l’anxiété ou de la panique. Forte de ses succès, la MBSR est aujourd’hui enseignée aux étudiants dans vingt neuf facultés de médecine à travers les Etats-Unis. « Cela change les rapports que les médecins entretiennent avec leurs patients », expliquait Jon Kabat-Zinn au dalaï-lama. De plus en plus d’études cliniques démontre l’intérêt de la méthode. L’une d’elle, rapportée au cours des journées du Mind and Life, montre qu’en cas de psoriasis, la photothérapie à base de rayons ultraviolets obtient des résultats nettement supérieurs si elle est associée à la pratique de la MBSR. « Par son action sur le stress, la méditation pourrait jouer un rôle essentielle dans la prévention et la guérison de nombreuses pathologies », concluait Kabat-Zinn. Une opinion que partageaient Robert Sapolsky, professeur de biologie et de neurologie à Stanford, John Sheridan, professeur d’immunologie à l’Ohio State University, et Esther Sternberg, directrice du programme de recherche neuro-immunologique au National Institutes of Health (équivalent du CNRS français). [...]

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09.02.2008

Systémique : Les boucles de Palo Alto

5ea8fa2bc424469f683287ac28d0856d.jpgDans l'école de Palo Alto en Californie, dont le père est l'éminent anthropologue Gregory Bateson, se sont développées beaucoup de courants de pensées allant de la thérapie familiale aux sciences de la communication en passant par l'hypnose ericksonienne .

L'approche systémique théorisée par Paul Watzlawick au Mental Research Institute (fondé en 1959), aborde l'individu non de manière isolé, mais en interaction avec son entourage. Elle amène un concept novateur en opposition avec la vision linéaire de la psychanalyse : celui de la boucle.

Watzlawick utilise un principe de causalité circulaire : la cause produit un effet, qui en rétroaction agit à son tour sur la cause.

"Tant qu'on se base sur le principe de causalité linéaire, on ne peut intégrer l'apparition de changements et de croissance. En effet, à la base de la lignée, il n'y a jamais qu'une cause, dont toute la suite dépend. Ce raisonnement induit donc fatalement une conception déterministe de l'homme.

Par contre, en appliquant le concept cybernétique de rétroaction (feedback), on peut expliquer les changements. En effet, en cours de route, l'organisme reçoit, par rétroaction, de l'information concernant les conséquences de ses actes et, sur base de cette information qu'il peut confronter aux informations antérieures, il peut tirer des conclusions nouvelles et s'orienter dans la voie du changement.

En outre, la notion d'homéostasie, synonyme de stabilité du système, joue un rôle central dans la boucle. Si l'information est convenablement renvoyée à l'organisme, elle permet de prendre une nouvelle décision de changement éventuel, non pas à "l'aveuglette" mais sur base du critère de son homéostasie. Les décisions prises par l'organisme sont donc toujours prise en référence à la recherche, par cet organisme du meilleur équilibre avec son milieu environnant.

En prenant en considération le milieu environnant, la conception cybernétique est en quelque sorte une explication écologique."
Source (pdf) : LES THEORIES ISSUES DU GROUPE DE PALO ALTO

Dans une famille ou un couple par exemple, les interactions (circulaires) se font par la communication (verbale ou non-verbale). La plupart du temps, un certain nombre d'interactions (la façon de demander une faveur, de donner des conseils...) deviennent des habitudes (des "redondances") dont on n'a plus conscience, et ainsi naissent les conflits. La thérapie systémique se charge alors de faire prendre conscience aux intéressés des caractéristiques de leur manière de communiquer.

Voir :
Le village systémique (site officiel)

CNV : Communication non-violente

les mots du coeur

a31c3b7c07db8fed7e1f8cbde684a75e.jpg La communication non violente, baptisée par le Dr. Marshall B. Rosenberg (psychologue clinicien), prend ses sources dans la psychologie humaniste de Carl Rogers. Non sans faire référence à la non-violence de Gandhi, la CNV tient l'empathie et la notion d'assertivité au centre de ses fondements : une attitude qui refuse à la fois l'agression, la fuite et la manipulation.
C'est la clé pour instaurer un rapport gagnant-gagnant.

Mélange de savoir-faire en communication et de développement personnel, la CNV se rapproche plus d'une démarche spirituelle (liée à l'amour non exclusive et la connaissance de soi) plutôt que de la PNL dans son aspect manipulateur (ou kit d'arrivistes pour réussir socialement en dupant tout le monde). En tous les cas, c'est l'empathie qui prime avant tout : se mettre à la place de l'autre, acte simple mais très loin d'être automatique chez l'être humain. Il semble donc important d'intégrer dans le quotidien la pratique de la CNV afin qu'elle porte vraiment ses fruits.

« La communication non violente est souvent présentée à l’aide de la méthode qui consiste à suivre les quatre étapes qui sont : observer une situation sans jugement, ressentir le sentiment que cela suscite en nous, identifier notre besoin, et formuler une demande concrète et négociable. Mais en fait, ce qui est dit est beaucoup moins important que l’intention qu’on y met. Parce que si l’intention est que l’autre fasse ce que l’on veut, il ne s’agit pas de communication non violente. » Marshall Rosenberg


Habituellement, nous avons tendance à partir de nos jugements (bon ou mauvais, les "étiquettes"/épithètes) pour s'exprimer. La CNV propose de partir de nos émotions initiaux et de nos besoins ("je me sens triste, j'ai besoin d'écouter de la musique"), plutôt que de juger/insulter l'autre, de donner des ordres et de déverser sa colère ou son mécontement, par exemple ("T'es vraiment con, remet la radio !").

« Nous sommes nombreux à avoir appris à expliquer nos émotions en en niant toute responsabilité personnelle et/ou en l'imputant au comportement d'autrui. Nous disons par exemple, "tu me rends dingue (heureux...)" ; "tu me mets en colère" ; "Je n'avais pas d'autre choix que de..." ; ou encore "Je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir...". Ce sont en réalité des formes de reproches qui provoquent souvent des débats stériles.

Il est vrai que nos sentiments et nos choix sont influencés par les actes d'autrui. Les autres nous fournissent un stimulus particulier auquel répondre. Mais d'après mon expérience, notre façon de répondre à ce stimulus est davantage déterminée par ce que nous pensons de ce qui arrive, et par nos besoins s'y rapportant, que par le stimulus lui-même. Voilà pourquoi la communication non-violente nous recommande de consacrer notre énergie à explorer  la façon dont les besoins et pensées d'une personne donnent forme à ses sentiments et ses choix, plutôt qu'à faire des reporches et à se perdre en vains débats.
» (Wayland Myers dans Pratique de la communication non-violente)

Ce qui semble mécanique au début, peut vraiment devenir un outil ("des roues d'appoints pour vélos d'enfants") de compréhension de ce que l'on ressent, et d'amélioration de ses relations sociales.


Voici quelques phrases-clés et principes typiques de la CNV :

- Je me sens ... parce que je ..., tu te sens ... parce que tu ...

- Refuse tout langage refusant le choix, la responsabilité de nos actions, sentiments et pensées.

- Ce à quoi je résiste persiste, ce que j’accepte se transforme

- N’écoute jamais ce qu’on pense de toi. Ecoute uniquement les sentiments et les besoins derrière les mots.

- Au lieu de dire non, dire quel besoin m’empêche de dire oui

- Je me sens contrarié ? Penser au besoin non comblé en moi et à ce que je pourrais faire pour le satisfaire, plutôt que de me demander ce qui ne va pas en moi ou chez les autres.

- Au lieu de complimenter une personne qui a fait qqc que j’apprécie, lui exprimer ma gratitude en lui disant le besoin que son action a satisfait.

- Plus je suis pressé, plus il y a besoin de ralentir.

« La communication non-violente n'est pas un "truc, un protocole de communication", elle est un processus. Par là, elle demande d'être pleinement vécue le plus souvent possible.
Le risque est de tomber dans une mentalisation du processus où les personnes s'expriment mécaniquement ("girafe perroquet"). Exemple : "Quand tu dis… je me sens … parce que j'ai besoin de… est-il possible de… ?" Il est en effet possible que des gens se sentent lourds en entendant plusieurs fois d'affilée cette formulation parce qu'ils ont peut-être besoin de spontanéité, de légèreté et de douceur dans la reformulation de ce qu'ils vivent. Nous vous invitons à utiliser le langage "girafe de rue".
Enfin, il existe 3 obstacles à l'écoute empathique : le temps, l'accès à la personne (hiérarchie, personne proche…) et le courage. » (page Wikipédia)


« Quoi que vous fassiez, faites-le avec le désir de servir la vie. Servez les êtres humains avec compassion, et si votre but est de contribuer à leur bien-être et que vous faites cela de plein gré, cela rencontrera alors votre besoin de contribuer, et quand nous donnons de cette manière là, il devient très difficile et très subtil en fait, de dire qui donne et qui reçoit.
» Marshall Rosenberg


Biographie abrégée de Marshall Rosenberg :
Il a travaillé avec des éducateurs, des chefs d'entreprise, des professionnels de la santé et de la santé mentale, des avocats, des officiers militaires, des prisonniers, des cadres de police et de prison, le clergé, des membres de gouvernement et des familles.

Il est membre du comité de parrainage de la Coordination internationale pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.


Pour aller plus loin :

- site de l'association Européenne de CNV
- lire Les mots sont des fenêtres de Marshall Rosenberg
- lire Pratique de la communication non-violente de Wayland Myers

12.10.2007

La méditation augmente les performances de l'esprit et réduit le stress

Une équipe de chercheurs de l'université de Dalian (Chine) et d'Orégon (Etats-Unis) ont expérimentalement mis en évidence l'effet bénéfique de la méditation sur les performances de l'esprit en situation de stress.

 Lire l'article sur futura-sciences.com

25.06.2007

Histoire zen sur la conduite

9ffa01ee02f9f89c095fd9e57cce8cc8.jpgUn aristocrate d'un âge avancé se rendit auprès d'un maître zen pour recevoir une instruction spirituelle.

Le maître lui dit : "Faites le bien, et évitez le mal".
Le vieil homme s'insurgea : "Même un enfant de cinq ans sait cela !"
"Même si un enfant de cinq ans le sait très bien, il arrive souvent que les adultes l'oublient souvent même à 80 ans."

Il semble en effet, qu'au fil des années, il soit utile de remettre à jour sa mémoire, de rafraîchir ses souvenirs et ses connaissances, et de vivre chaque jour comme un nouveau jour, totalement inconnu. (Cela concerne aussi ce que l'on croit savoir des autres, de ses proches, d'ailleurs. Nos vieux amis redeviennent alors des inconnus complets)

Voir Soyons Zen, Au-delà des mots... la liberté d'esprit !

Voir également :
- "entre le mal et le diable"
- "la morale athée"
- "la psychologie du décalage"

10.06.2007

La psychologie du décalage II

Corps, parole, esprit


2b70a6d7f50d9075f12afd35895976ba.jpgNous sommes en proie à une constante discordance entre nos

instincts,                        émotions,
                                               pensées,
            paroles,
                                           attitudes et
                            actions.



Sans cesse, cohabitent ensemble des émotions contradictoires.

Sans cesse, cohabitent ensemble des pensées contradictoires.


On croit souvent savoir ce que l'on pense, ce que l'on fait, ce que l'on ressent, mais cela n'est pas toujours vrai. C'est ce qu'Frederick Mathias Alexander appelle la perception erronée causant le "mauvais usage de soi".

Lire la suite

03.06.2007

Libérez votre créativité, Julia Cameron

Connais-toi toi-même

Question : Sais-tu quel âge j'aurai quand je saurai jouer du piano ?
Réponse : Le même âge que tu aurais si tu n'apprenais pas à en jouer. Aussi, commence maintenant !


b273e62a2f6dd56eea9374ed27cf573a.jpgJulia Cameron est romancière, poète, scénariste et dramaturge. Elle enseigne l’art de la créativité depuis trente ans. Auteur angoissée, elle tirait trop souvent sur la bouteille. Elle avait peur de perdre sa créativité en arrêtant de boire mais savait que l’alcool aurait vite fait de l’achever. Après tout peut-être était-il possible d’être une artiste prolifique tout en vivant sainement et sans se ruiner. Sa recherche déboucha sur une profonde introspection et des exercices créatifs. On finit par lui demander de dispenser des leçons un peu partout aux Etats-Unis puis un livre, sous forme d’un programme qui s’étale sur 12 semaines, the Artist’s way  - ou Libérez votre créativité (300 pages).

Cette méthode convient autant aux artistes qu’aux employés de bureau, aux potiers ou aux avocats. Elle permet de dénouer ses blocages sur le plan de la spontanéité et de la créativité, de se relier à son "enfant intérieur", à ses aspirations les plus profondes, ou de bien définir nos perspectives d’avenir. En plus d’exercices ludiques ou d’introspection, Libérez votre créativité est une démarche originale pour une réelle prise de conscience de ses propres schémas psychologiques et mensonges vis-à-vis de soi-même, s’autoriser de créer et de produire sans se juger, trouver la confiance en soi.
Par exemple, Julia Cameron demande de faire trois pages (petites ou grandes) d’écriture libre tous les matins, et de prendre un « rendez-vous avec l’artiste intérieur » une fois par semaine - passer un moment en solitaire à faire ce que l’on aime vraiment et que l’on ne s’autorise jamais à faire. Plus tard, elle propose de s’imaginer à quatre-vingt ans.

Plus qu’un manuel de développement personnel, Libérez votre créativité s’écarte radicalement d’une vision égotique de la création et apporte la notion centrale de Dieu en tant qu’énergie créatrice - non en tant qu'être personnifié, flot universel dont tout le monde peut bénéficier. La créativité et l’imagination deviennent une base de cheminement spirituel, de relation à l’autre et d’accroissement de l’amour.

L’ouvrage est disponible en version brochée et en poche.


Extrait "semaine 9 : Retrouver le sens de la compassion" :

Les artistes bloqués ne sont pas paresseux. Ils sont bloqués.
Être bloqué et être paresseux sont deux choses différentes. Il est caractéristique de l'artiste bloqué de dépenser beaucoup d'énergie - qui ne se voit pas. L'artiste bloqué met toute son énergie dans la haine qu'il se porte, dans les regrets, la douleur et la jalousie. L'artiste bloqué dépense toute son énergie à douter de lui.

L'artiste bloqué n'arrive pas à démarrer par des pas de bébé. Par contre, il n'a de pensées que pour des tâches de grande envergure, effrayantes et impossibles : d'emblée un livre, un long métrage, un spectacle en solo, un opéra... L'artiste bloqué ne peut les réaliser, ni même les commencer, et il appelle ça de la paresse.

N'appelez pas paresse l'incapacité à démarrer. Appelez-la peur.
La peur, c'est ce dont souffre l'artiste bloqué. Ce peut être la peur de l'échec ou la peur du succès. Le plus fréquemment, c'est la peur de l'abandon. Cette peur remonte à l'enfance. La plupart des artistes bloqués ont essayé de devenir artistes, même si les souhaits et les jugements de leurs parents - supposés bons - étaient contraires. Pour un jeune, c'est vraiment un conflit. Aller ouvertement à l'encontre des valeurs parentales signifie qu'il vaut mieux savoir ce que l'on fait. Ce serait mieux de n'être pas simplement artiste, mais un grand artiste va faire tant souffrir ses parents...

Les parents peuvent blesser leur enfant quand celui-ci se rebelle et, pour eux, se déclarer artiste est en général considéré comme un acte de rébellion. Malheureusement, si l'on pense trop souvent qu'être artiste fait partie de la révolte de l'adolescent, tout acte d'art signifierait prendre le risque de se séparer de ceux qu'on aime et de les perdre. Mais les artistes se sentent coupables parce que leur désir de créer est si profond et si tenace.
Cette culpabilité les pousse à vouloir être de grands artistes pour que cette révolte soit justifiée, mais la nécessité d'être un grand artiste rend difficile d'être artiste.

La nécessité de produire une grande oeuvre d'art rend difficile la production de tout art, quel qu'il soit. S'il vous est difficile de commencer un projet, cela ne veut pas dire que vous n'en serez pas capable. Cela signifie que vous aurez besoin d'aide - d'une puissance plus élevée, d'amis positifs et de vous-même. D'abord, vous devez vous autoriser à commencer par de petits pas de bébé, qui doivent être récompensés. Se fixer des buts impossibles engendre une peur terrifiante, qui se transforme en une tendance à tout remettre à plus tard, et que nous appelons à tort la paresse. [...]

Il n'existe qu'un seul remède contra la peur : l'amour.

Arrêtez de vous crier dessus. Soyez indulgent. Appelez la peur par son nom véritable.



TABLE DES MATIERES

- Introduction : L'art d'une vie créative

- L'électricité spirituelle

- Les outils de base

- Semaine 1 : Retrouver le sentiment de sécurité

- Semaine 2 : Retrouver un sentiment d'identité

- Semaine 3 : Retrouver un sentiment de puissance

- Semaine 4 : Retrouver le sentiment d'intégrité

- Semaine 5 : Retrouver le sentiment de possible

- Semaine 6 : Retrouver le sens de l'abondance

- Semaine 7 : Retrouver le sens des liens

- Semaine 8 : Retrouver un sentiment de force

- Semaine 9: Retrouver le sentiment de compassion

- Semaine 10 : Retrouver le sentiment de protection

- Semaine 11 : Retrouver le sentiment d'autonomie

- Semaine 12 : Retrouver le sens de la foi

- Epilogue : Les chemins de la créativité

- Annexe I : Formation d'un cercle sacré

- Annexe II : La prière d'un artiste

27.05.2007

La solution intérieure, Thierry Janssen

Vers une nouvelle médecine du corps-esprit

3cc8cf6e7f4b4108b39aa7376e47e30a.jpgLa vie ne réside pas dans les molécules mais dans les relations qui s'établissent entre elles. Linus Pauling, Prix Nobel de chimie

Thierry Janssen est un ex-chirurgien devenu psychothérapeute dont la passion pour la recherche l'a ammené vers le chamanisme, la méditation, le yoga, l'acuponcture ou l'ostéopathie. L'objectif central de son étude porte sur la capacité du corps à se régénéré lui-même, traversant par diverses techniques et traditions, sans tomber dans des explications pseudo-scientifiques.

Son ouvrage publié par les Editions Fayard est une magnifique synthèse de ce que nous connaissons de mieux en matière d'interaction corps-esprit, d'effet placebo, de médecines traditionnelles, de psychothérapie. Il s'appuye sur de nombreuses expériences scientifiques rigoureuses, et nous signale lorsqu'il y a manques de données ou de rigueur. L'auteur, tout en partageant son expérience personnel et professionnel, met l'accent sur la façon dont la pensée positive et le rire peuvent soigner et guérir des maladies. Il nous met en garde contre le pessimisme et le stress, redonne toute sa valeur au toucher (avant la parole et l'écriture) qui influence directement le système parasympathique (apaisement et auto-réparation du corps) et son aboutissement : le massage.
De l'ADN à la globalité du corps en passant par la cellule et les organes, Thierry Janssen nous fait comprendre la cohérence et la structure de l'ensemble physiologique interpénétré par la psyché, notamment à travers le nouveau concept de la tenségrité, et la notion de communication par voie magnétique entre les cellules ou entre deux individus.

Il montre aussi combien les médecines alternatives prennent de l'importance dans la société occidentale malgré les résistances, les charlatans et la méfiance ambiante. En dépit d'une industrie pharmaceutique qui a toute les raisons d'infantiliser les malades pour en faire des consommateurs-dépendants, il observe l'émergence d'une population qui a abandonné "les idéaux individualistes, capitalistes et hédonistes pour adopter des comportements nouveaux centrés sur l'écologie, la la solidarité, des valeurs plus pacifiques et le souci d'un éveil intérieur." Nous serions donc les témoins d'un changement vers un nouveau paradigme où "l'être" devient aussi important que "le faire."

Au fond, il ne fait que remettre en question la tradition cartésienne selon laquelle le corps et l'esprit sont deux principes totalement autonomes, que les systèmes nerveux et immunitaire sont indépendants l'un de l'autre, armé des nombreuses études scientifiques récentes de par le monde (surtout aux Etats-Unis). Son article (introduction du livre) concernant le lien entre corps et esprit du point de vue de la santé, paru sur le site scientifique futura-sciences.com, est un très bon présage : voir le dossier "la solution intérieure".


Comparer les prix de La solution intérieure : poche(octobre 2007), broché


Interview audio
de Thierry Janssen (mp3) à propos de La Solution intérieure
Voir également l'article de Thierry Jassen sur la méditation dans le cadre des neurosciences.

Livre similaire : "Quand l'esprit dialogue avec le corps" chez Guy Trédaniel Editeur, de Daniel Goleman



SOMMAIRE

Introduction : Les prémices d'une révolution médicale

Première partie : Une médecine de l'esprit pour soigner le corps

Deuxième partie : Une médecine du corps pour soigner l'esprit

Troisième partie : Une médecine de l'énergie pour soigner le corps et l'esprit

Conclusion : Une médecine du potentiel  humain pour vivre au XXIème siècle

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