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23.12.2006

L’évitement de sa propre souffrance

La passion de l'athée, ou l'obsession de l'extérieur


medium_onfray_ext.jpg Un constat général à propos de l’athée est qu’il se passionne pour le monde extérieur : le sport, la sociologie, l’économie, la biologie, l’histoire, la politique - et / ou son image sociale, épidermique. Il aime beaucoup parler de l’autre en bien ou en mal… S’il est plutôt extraverti, il va beaucoup parler de lui-même en bien (arrogance), s’il est déprimé, en mal (une autre forme d’orgueil).

Il faut bien distinguer l’image sociale, celle que tout le monde y compris soi-même peut voir de l’individu - et la réalité de l’individu. Ce constat implique que l’athée va rarement, voire jamais, aller voir du côté de sa propre psyché. Il est facile de critiquer les autres, de les blâmer de choses dont nous sommes également coupables, n’est-ce pas ? Mais l’athée à la fâcheuse tendance à critiquer, juger les autres, la « société » (mais qu’est-ce que la société, sinon un ensemble d’êtres humains ?), les politiciens, sans essayer d’améliorer ce qui fait sa propre personne. Il rejette le mal sur les criminels (assassins, seigneurs de la guerre, auteurs de génocides, politiciens corrompus,intégristes religieux, etc.) et s'en lave les mains en toute innocence : une déculpabilisation épidermique. L'idéaliste ou le perfectionniste athée, sans introspection, exige la perfection des autres, de la société, du monde... Mais qu'en est-il de lui ? Une telle exigeance de perfection est le réel signe d'un sentiment de supériorité (souvent non assumé) ou d'un complexe d'inférorité, et elle n'apparaît pas du tout crédible. Il y manque du recul et de l'humour. Ce n'est ni de l'ironie ni du cynisme. (lire "Présent et Avenir", C.G Jung)


Effectivement, c’est une faiblesse bien humaine, mais qui découle avec une cohérence implacable du dénie de l’esprit, de l’intériorité des humains, de la réduction de l’humain à des atomes. Cet évitement de la psyché est souvent une peur de ce que nous sommes. L’athée s’est affranchi de Dieu mais pas du jugement ni des préjugés. Il fait donc l’économie d’une réelle confrontation avec ses propres névroses, ses peurs, qui risqueraient de le déstabiliser complètement, au détriment d’un authentique développement spirituel. Il ne s’agit pas de PNL ou de coaching dont sont férus les managers et les cadres supérieures, où l’objectif est le rendement, le chiffre d’affaire, l’argent. Il est question d’éthique, d’honnêteté, de compréhension, de non-jugement, d’amour.

C’est dire l’importance de la psychothérapie et de la spiritualité aujourd’hui.

Voir "Fonction de la religion"

Commentaires

Intéressant, mais pour aller plus loin dans votre démarche, déplacer vos critiques sur l’athée vers les groupuscules sectaires dont font partie les religions. De l’individu unique, on est à la pensée unique de masse. Tout ce que vous reprochez aux athées se retrouve à une échelle bien plus grande et dangereuse. Ce qu’un athée seul ne peut faire, parce que isolé, le groupe peut passer à l’acte et détruire. Autrement dis, la culture de l’individu permet la prospérité de l’ensemble.

Ecrit par : Wiwi | 26.12.2006

Wiwi,

je crois que vous faites une erreur de syntaxe : les groupuscules sectaires font partie des religions et non le contraire.
De plus, il ne me semble pas qu'un athée soit toujours isolé des groupes (comme si les religions étaient les seuls groupes du monde !). Un groupe athée armé fait autant de mal qu'un groupe religieux armé.

Par contre, je suis d'accord que "la culture de l'individu permet la prospérité de l'ensemble".

Ecrit par : Jungne | 26.12.2006

Pour ce qui est des sectes, nous n’avons pas la même définition. Mais mise à part cela, mon discours est surtout global. Vous êtes passé sur mon blog. Vous avez du lire que je ne fais aucune opposition entre les athées et les religions, puisque l’athéisme à le potentiel pour en fabriquer. C’est pour cela que j’ai suivi mes dire en exprimant la pensée unique de masse, avec le communisme, par exemple. Je suis donc d’accord avec vous à ce niveau.

Ecrit par : Wiwi | 28.12.2006

Vous soutenez malgré tout que les défauts que comportent l'athéisme se retrouvent "à une échelle bien plus grande et dangereuse, or la liste des guerres et dictatures que je dresse montre le contraire.

Qui a mis au point la bombe atomique, les mines anti-personnelles, les armes bactériologiques, les armes chimiques ?

Vous avez raison de dire que ce que devient l'individu influe sur l'ensemble. Et dans chaque individu, il y a l'esprit d'un être : avec ses ses instincts, ses émotions, ses pensées, ses peurs, son inconscient... La religion et l'athéisme sont le produit d'un tel esprit : avec son côté "clair" et son côté "obscur", sans vouloir paraître trop binaire.

Ecrit par : Jungne | 29.12.2006

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