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22.07.2007

La fonction de la religion

PROLOGUE

Voici les quelques définitions les plus courantes de la religion :
- ce qui relie au divin (divin extérieur),
- ce qui relie les humains entre eux,
- ce qui relie l’humain à lui-même (divin intérieur ou sans),
- phénomène social (pour apporter une réponse à nos angoisses les plus fondamentales, peur de la mort, etc., pour la cohésion, la structuration sociale,…)
- phénomène biologique et/ou psychologique (tout humain serait doté d’une pulsion ou d’un capacité à se sentir uni à toute l’humanité - voir l'article "Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais" où la grâce est réduite à de la sérotonine, et l'article "Science & Vie et Dieu. La pensée pauvre, pauvres de nous sur le site d'AFIS science - non moins athée - qui contredit la thèse)


medium_stnposterb.jpg La religion est souvent réduite à un culte - des croyants qui rendent un culte à un Dieu ou à des divinités, comme à tendance à le faire Régis Debray (site officiel), écrivain très éloquent à ce sujet. (Toutefois son point de vue sur la religion est inédite et digne d'intérêt - lire Le Feu Sacré : Fonctions du Religieux) D'autre comme Luc Ferry, propose que la religion est une façon de s'interroger sur ou de déguiser la mort, et d'apaiser nos angoisses (lire L'Homme-Dieu). Plus précisément, la religion constitue un cadre où est rendu possible un travail intérieur : spirituel. Travail signifie exercice, apprentissage, réflexion, discussion, effort, cheminement. Bien sûr, on peut croire sans cheminer. On peut aller à l’école et paresser, c’est la liberté de chacun. Une école où aucun élève ne travaille est problématique, certes… Donc, outre le fait de relier les hommes aux puissances célestes, une religion est aussi un ensemble d’outils, de méthodes pour l’épanouissement des individus, autrement dit, pour le bonheur de tout le monde. En termes psychologiques, la religion permet aux humains de se relier à eux-mêmes, à leur inconscient, comme l’affirmait Carl Gustav Jung. Si l’existence des puissances divines est difficile à démontrer, en tout cas aujourd’hui, la tâche est moins difficile pour ce qui est de l’aspect thérapeutique et bénéfique des voies spirituelles en général (ce qui n’incluent pas les sectes capitalistes…). Généralement, l’athéisme se base sur l’idée que la liberté - donc le bonheur - repose sur notre capacité à satisfaire nos besoins et la plupart de nos désirs. Aujourd’hui, la tendance dominante est à l’hédonisme, où le plaisir devient le but de l’existence, ce qui, à l'extrême, amène à des perversions comme le sado-masochisme. (voir "le mythe de la liberté") L'inconvénient étant que l'accoutumance que l'on développe à l'égard des plaisirs renforce notre égoïsme et une certaine indifférence à la situation des autres.

La méprise fondamentale de l’athéisme sur la religion est de la considérer comme ayant uniquement une fonction collective. En réalité, la religion (particulièrement à son niveau ésotérique), de même que l’animisme, le shamanisme et le mysticisme, a comme fonction première, une fonction individuelle. Elle demande à chacun de se regarder, de s’écouter et de se sentir. Qui suis-je ? Que fais-je ? Quelles sont mes émotions, mes sensations ? sont les questions à se poser. La société, l’école, la famille et la religion nous donnent des valeurs et des principes.

Mais il ne suffit pas d’avoir des principes pour pouvoir les mettre en application
.


Il faut donc prendre du temps pour réfléchir et s’observer afin de connaître les réelles motivations de nos faits et gestes. Afin de s’assurer que nos actions et nos émotions sont en accord avec nos principes. Cela demande donc du courage, de la concentration et de la persévérance.

La prière, la méditation ou autres exercices physiques permettent d’accroîtrent des qualités comme la concentration et la souplesse mentale / le lâcher-prise. Ainsi, il devient plus facile de s’affranchir de la colère, de la haine, de la jalousie, de la peur, de l’attachement… … à la condition qu’il y ait une véritable pratique, et qu’elle soit proprement menée. Il ne faut donc pas prendre comme exemples les intégristes qui ne suivent pas un enseignement authentique ou qui n’ont aucune pratique leur permettant d’être moins assujettis aux pulsions intérieures. (voir "l'évitement de sa propre souffrance") Il ne s’agit pas de rejeter les émotions comme dans le stoïcisme (où la sagesse est uniquement connaissance), le plaisir comme dans l'épicurisme, mais de s’efforcer à ne plus être esclave des forces psychiques. Nous pouvons alors accueillir les sensations, sans les rejeter ni s'y attacher.

 

Commentaires

Je t'ai lu avec beaucoup d'intérêt et je suis en "communion", "reliée" avec l'essentiel de ton article. Merci.

Ecrit par : ariaga | 22.07.2007

bravo pour ton site. je suis athée et je suis content qu'un site exprime la pensée athée de aussi bien.

Bonne continuation

Ecrit par : kris | 01.10.2007

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