« Le Divin | Page d'accueil | La psychologie du décalage »
04.01.2007
La mort dans l'athéisme et la religion
Un tabou angoissant pour tout le monde
Prenons les religions monothéistes. Après la mort vous pouvez finir :
- au paradis,
- au purgatoire,
- ou en enfer (avec plusieurs degrés différents).
Cela veut dire que vous avez 2 chances sur 3 de finir dans des souffrances abominables. Et la vertue n'étant pas l'attitude la plus à la mode dans notre monde, très peu d'individus auront la chance d'atteindre le paradis. Et ce n'est pas en croyant en Dieu que vous allez vous en sortir, gare au péché !...
Prenons les religions qui adoptent la métempsychose. Après la mort, vous pouvez renaître (pour des périodes allant jusqu'à plusieurs millions d'années dans :
- des mondes paradisiaques,
- le règne animal,
- le monde humain plus ou moins aisé,
- le monde humain plus ou moins dégénéré (guerre, famine, épidémie, pauvreté, ségrégation, totalitarisme,intégrisme religieux),
- dans des conditions de vie terribles (maltraitance, torture, handicap mental et/ou physique, cécité, surdité, mutisme, déficience de toute sorte (immunologique,etc))
- des mondes habités d'esprits avides,
- des mondes sans matière,
- des mondes infernaux (plus ou moins douloureux).
En sachant que rien que pour le règne animal, vous avez autant d'êtres vivants dans 1cm cube de terre que d'êtres humains sur la planète, autant dire qu'en termes de probabilité, il est très difficile de renaître que ce soit au paradis ou en tant qu'humain "aisé".
Il n'y a donc rien de rassurant - en ce qui concerne la mort - de suivre une voie spirituelle pour un pratiquant religieux digne de ce nom. A l'inverse, il est tout à fait envisageable que les athées se rassurent de la mort en rejetant toute religion : ils n'auront pas à payer pour les erreurs et les souffrances infligées aux autres après la mort. De plus, lorsque l'athée meurt, il peut se rassurer au moment de sa mort, qu'il va pouvoir "reposer en paix", alors que ce n'est pas certain que cela sera le cas.
Quoi qu'il en soit, le constat général est que nous fuyons la mort de toutes les manières possibles. La peur amène le désir, les désirs, je dirais. Les passions (philatélie et autres hobbies...), le surménage, la "suroccupation", la (sur)consommation, nous permettent de nous focaliser sur une activité et de ne pas aborder la question de la mort. Il ne s'agit pas de renier ses désirs, mais de voir dans quel mesure nous pouvons faire face à la mort, y réfléchir, nous y préparer,...
Aussi matérialiste que l'on puisse être, la mort reste un tabou. La réaction adolescente à cette politique de l'autruche est le mouvement gothique dans sa fascination de la mort et de tout ce qui est morbide. La tendance moraliste de l'athéisme étiquette la mort de triste, de laide, etc. sans l'avouer. Il n'y a pas à noircir ni à blanchir la mort, mais d'entrer en rapport avec elle de façon sincère, sans barrière ni artifice.
Voir "Deadline Dernière limite du Dr J-P Jourdan"
Voir "Elisabeth Kübler-Ross" (Voir ouvrages d'Elisabeth Kübler-Ross)
00:30 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mort, paradis, enfer, purgatoire, tabou, métempsychose, renaissance
Commentaires
Je pense que la mort se prépare pendant la vie et je trouve affreux cette manière de l'occulter qui est à la mode de nos jours. Le passage vers "autre" chose (peu importe quoi) est un moment important, une porte à franchir, une initiations disent certains on ne doit pas le voler à ceux qui vont mourir.
Ecrit par : ariaga | 05.01.2007
L'ego ressent de l'angoisse devant la mort quelle que soit sa religion ou ses convictions, parce que c'est lui et lui seul qui doit mourir. Personne d'autre....
Ecrit par : Phène | 05.01.2007
Bonjour,
A mon avis, personne, ni les chrétiens, ni les catholiques, ni les musulmans, ni les athées, etc... n'auront à souffrir après la mort car la souffrance est une vue de l'esprit que la conscience crée pour que nous soyons respectueux de la vie.
Amicalement - HOJIKA
Ecrit par : HOJIKA | 06.01.2007
À propos de la métempsychose, on oublie souvent que les Indiens la considèrent comme une calamité, alors que les Occidentaux y voient une alternative intéressante au paradis. La pratique des « régressions karmiques », qui permettrait (le conditionnel exprime ici plus qu'un doute) de se rappeler ses vies antérieures, confirme cette tendance, en apprenant systématiquement à ceux qui la subissent qu'ils ont été, entre autres, Dante, Cléopâtre ou Jules César.
Ecrit par : Guy Morant | 07.01.2007
C'est à mon tour de nuancer votre propos.
Sans vouloir donner du crédit aux régressions et autres "thérapies" de ce type, en dehors du charlatanisme le plus flagrant, il y a aussi des "patients" (de mon entourage) à qui ont leur dit que des choses peu flatteuses (massacre, dictature, vol...). Ce qui ne prouve rien bien sûr.
Il est vrai que notre société consumériste accro au confort ne finit par voir que le paradis en oubliant l'enfer, que la renaissance dans des vies aisées en niant la condition des êtres humains ou des animaux torturés, etc.
Ecrit par : jungne | 07.01.2007
Je te remercie, Jungne, d’avoir répondu à mon “enquête” du 30/12. Toutes les contributions ainsi que les enseignements que, très imparfaitement, j’en tire sont sur:
http://fautedemieux.over-blog.com/article-5068133-6.html#anchorComment
Amicalement,
Marc
Ecrit par : Marc | 09.01.2007