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21.01.2007
La psychologie du décalage
Ce que l'on fait (conscient) et pourquoi on le fait (inconscient)
Il est donc très regrettable que le politicien, le scientifique, le philosophe et l'historien prennent si rarement en compte la psychologie, sauf à des fins commerciales (pour le marketing, l'endoctrinement, etc.)
Un authentique pratiquant spirituel passe forcément par le constat souvent affligeant qu'il est bien loin de rentrer dans la catégorie qu'il avait étiquetté "normalité". Au-delà de la question de (ne pas) bénéficier de l'étiquetteou du statut recherché, il y a la prise de conscience d'une fragilité autrefois ignorée, dont nous sommes responsables et dont nous sommes indubitablement dépendants.
Cette fragilité explique le décalage colossal - une contradiction - qui se forme entre ce que l'on pense et dit et ce que l'on fait. Pour être précis, il y a une constante discordance entre nos émotions, pensées, paroles, attitudes et actions. Des émotions et des pensées contradictoires peuvent mêmes cohabiter au sein de l'esprit d'une même personne, ce qui n'arrange pas les choses.
Il est fréquent de voir des gens critiquer autrui pour des faiblesses qu'ils ont eux-mêmes. Des gens qui revendiquent la sérénité et le calme tout en étant remplis de rage, tout en répandant la violence autour d'eux. L'adéquation à faire entre nos principes et nos raisonnements et actes est très difficile à accomplir. Un exemple édifiant : une personne dénonçant l'amplification et l'usage de la haine (concrétisés par le nazisme, l'Apartheid, la ségrégation, etc.), tout en cultivant de la haine envers ceux qui adoptent de tels comportements.
La difficulté réside également dans le fait que notre intellect - notre pensée - dépend beaucoup de nos émotions, de nos états émotionnels sous-jacent, inconscient. Là où nous voudrions prendre le contrôle par la raison, par la réflexion, nous sommes pris au piège, au même titre qu'il serait absurde de nettoyer sa voiture avec de l'eau sale. On dit que "le serpent se mord la queue". Il y a déjà quelques siècles, Blaise Pascal avait dit : "le coeur a ses raisons que la raison ignore." Il aurait pu ajouter : "les raisons du coeur influencent la raison."
Le plus important reste peut-être la motivation profonde de nos actes. Bien des individus, que ce soit dans la politique, l'humanitaire ou la médecine et autres, s'efforcent de changer le monde ou de l'aider à défaut de le sauver, alors que la raison réelle est une soif de compétition, de reconnaissance, de revanche, de pouvoir ou de supériorité, la peur de la solitude, du vide ou de la mort, la paranoïa, un désir d'auto-guérison, la culpabilité, la haine (de la haine, de l'injustice)... des pulsions, des émotions tellement enfoui dans les tréfonds de l'esprit que nous nous en rendons même pas compte.
Une personne qui s'engage dans le militantisme politique, écologique ou des actions humanitaires par haine ou soif de reconnaissance - et non par amour véritable de son prochain - fait fausse route, et ne fait que générer de la souffrance à l'intérieur d'elle-même et se constitue de véritables obstacles psychiques.
Ce n'est bien sûr pas avec la raison ni la réflexion que nous allons pouvoir observer ces processus ni enclencher une prise de conscience et un changement concret de notre psyché. Cela demande un entraînement spirituel tenace et/ou un travail psychothérapeutique intense - un travail sur le ressenti intérieur. Il s'avère malheureusement que les cadres religieux actuels - contrairement aux temps des disciples suivant leur maître - du contexte de notre vie moderne et mondaine offrent très rarement la possibilité d'un travail en profondeur équivalent à une psychothérapie efficace. Beaucoup de religieux gagneraient à effectuer un travail psychothérapeutique mais le tabou est encore très fort en Occident : on est vite étiquetté de fou. Une fois le cap de l'orgueil passé, il reste à trouver un bon thérapeute, ou toute méthode efficace de "conscientisation" et de sublimation (pour les autres plus "avancés" ou trop secrets), et à se donner les moyens de réussir, mais ceci est un autre problème.
Voir "Le matérialisme spirituel"
Voir "La suprématie du mental"
Voir "La foi et la croyance"
19:20 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : névrose, complexe, raison, intellect, psychothérapie, psychologie, spirituel
04.01.2007
La mort dans l'athéisme et la religion
Un tabou angoissant pour tout le monde
Prenons les religions monothéistes. Après la mort vous pouvez finir :
- au paradis,
- au purgatoire,
- ou en enfer (avec plusieurs degrés différents).
Cela veut dire que vous avez 2 chances sur 3 de finir dans des souffrances abominables. Et la vertue n'étant pas l'attitude la plus à la mode dans notre monde, très peu d'individus auront la chance d'atteindre le paradis. Et ce n'est pas en croyant en Dieu que vous allez vous en sortir, gare au péché !...
Prenons les religions qui adoptent la métempsychose. Après la mort, vous pouvez renaître (pour des périodes allant jusqu'à plusieurs millions d'années dans :
- des mondes paradisiaques,
- le règne animal,
- le monde humain plus ou moins aisé,
- le monde humain plus ou moins dégénéré (guerre, famine, épidémie, pauvreté, ségrégation, totalitarisme,intégrisme religieux),
- dans des conditions de vie terribles (maltraitance, torture, handicap mental et/ou physique, cécité, surdité, mutisme, déficience de toute sorte (immunologique,etc))
- des mondes habités d'esprits avides,
- des mondes sans matière,
- des mondes infernaux (plus ou moins douloureux).
En sachant que rien que pour le règne animal, vous avez autant d'êtres vivants dans 1cm cube de terre que d'êtres humains sur la planète, autant dire qu'en termes de probabilité, il est très difficile de renaître que ce soit au paradis ou en tant qu'humain "aisé".
Il n'y a donc rien de rassurant - en ce qui concerne la mort - de suivre une voie spirituelle pour un pratiquant religieux digne de ce nom. A l'inverse, il est tout à fait envisageable que les athées se rassurent de la mort en rejetant toute religion : ils n'auront pas à payer pour les erreurs et les souffrances infligées aux autres après la mort. De plus, lorsque l'athée meurt, il peut se rassurer au moment de sa mort, qu'il va pouvoir "reposer en paix", alors que ce n'est pas certain que cela sera le cas.
Quoi qu'il en soit, le constat général est que nous fuyons la mort de toutes les manières possibles. La peur amène le désir, les désirs, je dirais. Les passions (philatélie et autres hobbies...), le surménage, la "suroccupation", la (sur)consommation, nous permettent de nous focaliser sur une activité et de ne pas aborder la question de la mort. Il ne s'agit pas de renier ses désirs, mais de voir dans quel mesure nous pouvons faire face à la mort, y réfléchir, nous y préparer,...
Aussi matérialiste que l'on puisse être, la mort reste un tabou. La réaction adolescente à cette politique de l'autruche est le mouvement gothique dans sa fascination de la mort et de tout ce qui est morbide. La tendance moraliste de l'athéisme étiquette la mort de triste, de laide, etc. sans l'avouer. Il n'y a pas à noircir ni à blanchir la mort, mais d'entrer en rapport avec elle de façon sincère, sans barrière ni artifice.
Voir "Deadline Dernière limite du Dr J-P Jourdan"
Voir "Elisabeth Kübler-Ross" (Voir ouvrages d'Elisabeth Kübler-Ross)
00:30 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mort, paradis, enfer, purgatoire, tabou, métempsychose, renaissance
Le Divin
Divin plutôt que Dieu
La notion de Dieu peut convenir aussi bien à une conception linéaire du temps (comme dans les religions abrahamiques) qu'à une conception cyclique du temps (hindouisme, bouddhisme). Dans le premier cas (linéaire), Dieu, Yaveh, Allah crée l'univers à un instant T, avant lequel il n'y avait que le néant : une cosmogonie qui se veut être au premier degré ou symbolique, je n'en débattrai pas. Dans le deuxième cas, je préfère parler de divin, car il s'agit plutôt de monisme qu'autre chose, où le "créateur" n'est pas séparé de sa création, et où il n'y a pas d'instant T : l'univers a toujours existé et ne cessera pas d'exister.
Concernant l'hindouisme, il ne s'agit pas de polythéisme comme on le croit habituellement, mais bien d'un monisme avec un "dieu unique" - si je puis me permettre l'expression - Brahman/Ishvara (à ne pas confondre avec la divinité Brahma) qui est "la source, le matériel et l'effet de toute création connue" [Wikipédia].
Le bouddhisme est souvent considéré comme athée par les autres religions (ou plus rarement de polythéisme à cause des déités du tantrisme mal comprises). Il était considéré autrefois comme nihiliste. En réalité, dans le bouddhisme Mahayana, avec la notion de Dharmakaya(définition Wiki incomplète), principe omniprésent dans l'univers qui soit à la fois "vacuité" et "clarté", il y a une dimension "divine". On ne peut malheureusement pas définir le bouddhisme en tant que monisme, mais c'est le mode de pensée le plus proche que l'on puisse appréhender avec un esprit rationnel.
C'est pourquoi le terme "divin" me semble plus pratique/adapté pour ce blog - dont le but n'est pas de favoriser une confession plutôt qu'une autre - car il peut autant désigner un Dieu monothéiste créateur, qu'un principe universelle "non-créateur" (dans une vision cyclique du temps voire sans temps). Il s'agit en tous les cas de quelque chose qui dépasse notre perception, notre intellect et notre conception du monde, d'où la notion de sacré et de transcendant.
00:15 Publié dans _Glossaire_ | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : divin, dieu, yaveh, allah, brahman, ishvara, tantrisme
01.01.2007
athéisme + matérialisme = inhumanisme
Une idéologie de la matière : mais qu'est-ce que la matière ?
Le slogan de l'athée est : "chacun donne à la vie le sens qu'il veut." Puisqu'il n'y a pas de divin ni d'esprit pour poser des lois ou des principes éthiques, mais seulement la matière qui posent des "lois naturelles (Physiques)" - et on peut se demander d'où viennent ces lois physiques dites "naturelles" par les "naturalistes" - il n'y a pas de place pour une loi universelle et objective qu'une religion pourrait imposer.
Dans une telle idéologie, lorsqu'elle devient vraiment enraciné dans l'esprit humain, chaque individu peut finir par se faire sa popre "morale" ce qui est égocentrique ou rejeter toute morale. Une alternative à cela est de fonder une "éthique" sur la base de l'égocentrisme : "ne pas faire de nuir à autrui pour ne pas être nuis par autrui". Cela ne laisse aucune place ni au respect, ni à la dignité, ni à l'amour, mais au contraire, favorise la peur, l'indifférence, la paranoïa, l'égoïsme, la compétition, l'arrogance, l'agressivité,... à l'antipode de l'humanisme, de l'amour de la vie. De l'Amour, pas de l'attachement égocentrique.
L'idéologie fait table rase de toute échelle de valeur, ainsi on court au relativisme absolu. Il n'y a aucune différence entre un caillou, un PC de bureau, un animal et un être humain. Il n'y a plus de différence entre la vie et la matière inerte. Bien sûr cela n'empêche pas l'existence de valeurs égotiques personnelles, dont on trouve des exemples absolument extravagants au Pays du Soleil Levant : "le but de la vie est le jeu vidéo", "la chanteuse unetelle est la seule chose qui compte dans la vie", le culte de la beauté,...
Pensez à la maltraitance des animaux, des êtres humains, des armes de destruction massive, des manipulations politiques de certains pays au sein de gouvernements étrangers, du clonage, des lobbies pharmaceutiques, des industries polluantes...
Bien sûr, tout le monde n'accepte pas d'en venir à un tel niveau de nihilisme, cela ferait sombrer l'humanité dans le paroxysme du cynisme et de la cruauté. Mais du coup, leur façon de penser n'est plus cohérente.
Voir "la suprémacie du mental"
Voir "athées croyants"
Voir "Science, théorie des cordes et religion"
17:50 Publié dans Matérialisme & Rationalisme | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : idéologie, matière, égocentrisme, univers, dignité égocentrique, humanisme
Il y a athée et athée
Il faut comprendre qu'il y a différents types d'athées, et lorsque je parle d'athée dans mes articles, ça ne concerne pas tout le temps la même catégorie d'athée. Je ne peux pas préciser à chaque fois, et je dois donc confier au lecteur le soin de comprendre de quel type il s'agit.
L'athéisme se caractérise surtout par le culte de la raison, de la science, et du verbe (des mots) ; et par sa réticence à l'introspection (notamment sa fuite de la psychologie). Beaucoup se targuent de s'intéresser à la psychologie ou de suivre une thérapie ou une "analyse", sans entreprendre une réelle introspection et une mise en oeuvre d'une transformation personnelle en profondeur. L'étude et l'exploration du monde extérieur deviennent d'ailleurs souvent des alibis à l'introspection.
Le culte du verbe consiste à ne jurer que par la parole, que par une définition implacablement précise des mots (le chipotage si courant de nombreux Français et Françaises obsédés par le Petit Robert), et de ne pas ressentir son interlocuteur. Eh oui, le dialogue peut aussi se faire sur un autre niveau (crucial), celui du coeur, de l'émotion, que l'on ne peut pas atteindre en ne se référant qu'aux mots exprimés, en utilisant que son intellect.
Il y a une seule catégorie d'athées que je met à part de tout le reste : les religieux et les pratiquants spirituels qui ne se basent pas sur une croyance en un dieu créateur, universel, ou qui ne vouent pas de culte à l'égard d'esprits (comme dans l'animisme) ou de divinités extérieures. Il s'agit des adeptes de certaines écoles bouddhistes, taoistes, etc. Mais je crois que dans ce cas, on ne peut pas parler d'athéisme à proprement parler, on parlera plutôt de spiritualité non-théiste.
On peut diviser les athées en deux grosses catégories : ceux qui s'intéressent à la question de Dieu ou à l'existence post-mortem etc., et ceux qui ne s'y intéressent pas en clamant que c'est inutile, tout en réfutant nonchalamment son existence. Autrement, on peut identifier plusieurs tendances athées : Il y a tout d'abord l'athée de base, un agnostique trop "affairé" ou paresseux pour investiguer, ou tellement fatigué de douter qu'il s'est rangé de l'autre côté de la barrière. La réflexion n'est pas son fort, et puis il n'a pas que ça à faire. Carpe Diem ! Il est souvent loin de s'intéresser à la science ni même de s'efforcer à maintenir un esprit rationnel. Il n'est prêt ni pour l'introspection ou la psychologie, ni pour le débat ou l'étude scientifique. C'est souvent le type de personne à dire "Dieu n'existe pas" et quelques minutes plus tard : "je touche du bois", "ne passe pas en-dessous de l'échelle, il va t'arriver malheur". Il y a l'athée avancé qui s'intéresse beaucoup à la science et qui n'hésite pas à citer des articles scientifiques, des arguments passés ou récents pour étayer ses convictions. Le souci étant qu'il ne comprend pas forcément les thèses avancées et que - de toute façon - il les prend pour vérité absolue. Ce n'est pas un scientifique mais il se considère tout comme, ou en tout cas qu'il comprend quasiment tout, et qu'il est au fait de toute l'actualité scientifique. Et surtout, il considère qu'il ne peut pas avoir tort, et n'admettra jamais d'erreur intellectuelle de sa part, face à un croyant. Bien que rejetant toute loi universelle - car "chacun donne le sens qu'il veut à la vie" - il respecte une certaine morale qui est bien sûre objective et universelle, mais il ne s'en rend pas compte. Il y a la version scientifique du précédent (un peu plus érudit et plus rigoureux que le précédent). Il y a l'athée qui paradoxalement considère qu'il peut y avoir une loi ou morale universelle, qui affirme même l'existence ou la possibilité d'une telle morale - il va plutôt utiliser le terme "éthique" - et qui affectionne la philosophie. Il poursuit un objectif politique et social et parfois même écologique : il veut, à entendre son discours, le bien de l'humanité. Michel Onfray est une des personnalités du moment qui entre dans cette catégorie.
Il y a le scientifique athée qui va jusqu'au bout de son raisonnement et réfute toute loi ou morale universelle, même la sienne, même s'il n'arrive à se résigner à son diagnostic. C'est une situation schizophrénique difficilement supportable.
Il y a le totalitariste, celui qui a rejeté toute morale, toute éthique au profit d'un égocentrisme cynique. Sa seule certitude : "Je pense donc je suis. J'existe, et seul mon plaisir et mon bien-être, ma pensée importe."
Voir "l'esprit scientifique"
Voir "l'athée croyant"
Voir "l'évitement de sa propre souffrance"
16:10 Publié dans _Glossaire_ | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : athée, agnostique, scientifique, militant, totalitariste, culte, raison