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09/02/2008

CNV : Communication non-violente

les mots du coeur

a31c3b7c07db8fed7e1f8cbde684a75e.jpg La communication non violente, baptisée par le Dr. Marshall B. Rosenberg (psychologue clinicien), prend ses sources dans la psychologie humaniste de Carl Rogers. Non sans faire référence à la non-violence de Gandhi, la CNV tient l'empathie et la notion d'assertivité au centre de ses fondements : une attitude qui refuse à la fois l'agression, la fuite et la manipulation.
C'est la clé pour instaurer un rapport gagnant-gagnant.

Mélange de savoir-faire en communication et de développement personnel, la CNV se rapproche plus d'une démarche spirituelle (liée à l'amour non exclusive et la connaissance de soi) plutôt que de la PNL dans son aspect manipulateur (ou kit d'arrivistes pour réussir socialement en dupant tout le monde). En tous les cas, c'est l'empathie qui prime avant tout : se mettre à la place de l'autre, acte simple mais très loin d'être automatique chez l'être humain. Il semble donc important d'intégrer dans le quotidien la pratique de la CNV afin qu'elle porte vraiment ses fruits.

« La communication non violente est souvent présentée à l’aide de la méthode qui consiste à suivre les quatre étapes qui sont : observer une situation sans jugement, ressentir le sentiment que cela suscite en nous, identifier notre besoin, et formuler une demande concrète et négociable. Mais en fait, ce qui est dit est beaucoup moins important que l’intention qu’on y met. Parce que si l’intention est que l’autre fasse ce que l’on veut, il ne s’agit pas de communication non violente. » Marshall Rosenberg


Habituellement, nous avons tendance à partir de nos jugements (bon ou mauvais, les "étiquettes"/épithètes) pour s'exprimer. La CNV propose de partir de nos émotions initiaux et de nos besoins ("je me sens triste, j'ai besoin d'écouter de la musique"), plutôt que de juger/insulter l'autre, de donner des ordres et de déverser sa colère ou son mécontement, par exemple ("T'es vraiment con, remet la radio !").

« Nous sommes nombreux à avoir appris à expliquer nos émotions en en niant toute responsabilité personnelle et/ou en l'imputant au comportement d'autrui. Nous disons par exemple, "tu me rends dingue (heureux...)" ; "tu me mets en colère" ; "Je n'avais pas d'autre choix que de..." ; ou encore "Je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir...". Ce sont en réalité des formes de reproches qui provoquent souvent des débats stériles.

Il est vrai que nos sentiments et nos choix sont influencés par les actes d'autrui. Les autres nous fournissent un stimulus particulier auquel répondre. Mais d'après mon expérience, notre façon de répondre à ce stimulus est davantage déterminée par ce que nous pensons de ce qui arrive, et par nos besoins s'y rapportant, que par le stimulus lui-même. Voilà pourquoi la communication non-violente nous recommande de consacrer notre énergie à explorer  la façon dont les besoins et pensées d'une personne donnent forme à ses sentiments et ses choix, plutôt qu'à faire des reporches et à se perdre en vains débats.
» (Wayland Myers dans Pratique de la communication non-violente)

Ce qui semble mécanique au début, peut vraiment devenir un outil ("des roues d'appoints pour vélos d'enfants") de compréhension de ce que l'on ressent, et d'amélioration de ses relations sociales.


Voici quelques phrases-clés et principes typiques de la CNV :

- Je me sens ... parce que je ..., tu te sens ... parce que tu ...

- Refuse tout langage refusant le choix, la responsabilité de nos actions, sentiments et pensées.

- Ce à quoi je résiste persiste, ce que j’accepte se transforme

- N’écoute jamais ce qu’on pense de toi. Ecoute uniquement les sentiments et les besoins derrière les mots.

- Au lieu de dire non, dire quel besoin m’empêche de dire oui

- Je me sens contrarié ? Penser au besoin non comblé en moi et à ce que je pourrais faire pour le satisfaire, plutôt que de me demander ce qui ne va pas en moi ou chez les autres.

- Au lieu de complimenter une personne qui a fait qqc que j’apprécie, lui exprimer ma gratitude en lui disant le besoin que son action a satisfait.

- Plus je suis pressé, plus il y a besoin de ralentir.

« La communication non-violente n'est pas un "truc, un protocole de communication", elle est un processus. Par là, elle demande d'être pleinement vécue le plus souvent possible.
Le risque est de tomber dans une mentalisation du processus où les personnes s'expriment mécaniquement ("girafe perroquet"). Exemple : "Quand tu dis… je me sens … parce que j'ai besoin de… est-il possible de… ?" Il est en effet possible que des gens se sentent lourds en entendant plusieurs fois d'affilée cette formulation parce qu'ils ont peut-être besoin de spontanéité, de légèreté et de douceur dans la reformulation de ce qu'ils vivent. Nous vous invitons à utiliser le langage "girafe de rue".
Enfin, il existe 3 obstacles à l'écoute empathique : le temps, l'accès à la personne (hiérarchie, personne proche…) et le courage. » (page Wikipédia)


« Quoi que vous fassiez, faites-le avec le désir de servir la vie. Servez les êtres humains avec compassion, et si votre but est de contribuer à leur bien-être et que vous faites cela de plein gré, cela rencontrera alors votre besoin de contribuer, et quand nous donnons de cette manière là, il devient très difficile et très subtil en fait, de dire qui donne et qui reçoit.
» Marshall Rosenberg


Biographie abrégée de Marshall Rosenberg :
Il a travaillé avec des éducateurs, des chefs d'entreprise, des professionnels de la santé et de la santé mentale, des avocats, des officiers militaires, des prisonniers, des cadres de police et de prison, le clergé, des membres de gouvernement et des familles.

Il est membre du comité de parrainage de la Coordination internationale pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.


Pour aller plus loin :

- site de l'association Européenne de CNV
- lire Les mots sont des fenêtres de Marshall Rosenberg
- lire Pratique de la communication non-violente de Wayland Myers

Commentaires

Cela fait penser à une théorie favorisant le côté "F" (Feeling) des personnes, dans le référentiel MBTI. C'est certain que l'on a souvent des théories pondues par des "T" (Thinking) favorisant le côté "T". Mais, quoique le sujet soit "F", je trouve cette théorie très intellectuelle et donc très "T", comme les américains sont capables de le faire. Dès lors que l'on standardise des principes et que l'on s'attend à ce que les gens les suivent plus ou moins bêtement, on est dans l'intellect et donc, à mon humble avis, on est très loin de l'entrée en spiritualité.

- Je me sens ... parce que je ..., tu te sens ... parce que tu ...
* Expression et représentation des sentiments ; ce n'est pas toujours possible pour pas mal de raisons, ne serait-ce que parce que la personne en face peut ne pas "connaître" ce qu'elle ressent, ou que nous ne pouvons connaître ce que nous ressentons vraiment (notamment quand nous avons des sentiments négatifs qui "ressortent" autrement). L'homme sage ne prend pas ce principe mais parle à chacun selon son degré de compréhension. De plus, il garde certaines choses pour lui (secret).

- Refuse tout langage refusant le choix, la responsabilité de nos actions, sentiments et pensées.
* Principe très abstrait, j'avoue que j'ai du mal à comprendre. Refuser, cela confine vite à la stérilité. Par exemple, refuser une pensée mauvaise est la condition de la perduration de la névrose. Il faut donc l'accepter pour savoir d'où elle vient. Refuser au nom de principes de vie collectifs ou de non violence n'est pas suffisant ; c'est même profondément naïf.

- Ce à quoi je résiste persiste, ce que j’accepte se transforme
* Principe hérité des traditions spirituelles. Malheureusement, ce n'est pas si simple et cela ne s'applique pas à tout. Et cela fonctionne dans un certain cadre qui est essentiellement religieux.

- N’écoute jamais ce qu’on pense de toi. Ecoute uniquement les sentiments et les besoins derrière les mots.
* Sans un cadre de pensée absolu, j'ai le sentiment que ce principe isole. Il faut voir le monde comme il est et donc parfois, savoir écouter ce que les autres pensent de nous. Cela ne signifie pas forcément que nous allons suivre leur opinion sur ce que nous devrions être, mais cela signifie qu'il y a quelque chose de global à comprendre et ressentir sur le ressenti et l'opinion que les gens ont face à nous. C'est à travers ces miroirs déformants que l'on accomplit une partie de son individuation.

- Au lieu de dire non, dire quel besoin m’empêche de dire oui
* C'est très relatif, le besoin. Et poser la question en termes de oui ou de non me paraît très simpliste et très matérialiste, très bestial aussi. Le mystique n'a pas de besoin, hormis la présence de Dieu. On en est loin.

- Je me sens contrarié ? Penser au besoin non comblé en moi et à ce que je pourrais faire pour le satisfaire, plutôt que de me demander ce qui ne va pas en moi ou chez les autres.
* Vision très matérialiste : "besoin", "combler", etc. On retrouve la vision américaine qui est une vision non spirituelle. La notion de besoin n'a pas grand sens pour un Homme.

- Au lieu de complimenter une personne qui a fait qqc que j’apprécie, lui exprimer ma gratitude en lui disant le besoin que son action a satisfait.
* Là encore, une vision très intellectuelle des choses. Je reconnais l'apport de l'intellect dans les théories américaines tournant autour de l'entreprise, mais je mets fortement en doute leurs approches dans les domaines de développement personnels et (micro-)sociaux.

- Plus je suis pressé, plus il y a besoin de ralentir.
* Oui, mais nous restons au niveau du phénomène, et donc de la surface.

Une théorie qui m'apparaît donc comme très intellectuelle, et une fois encore comme d'habitude aux US, très matérialiste. Rien de nouveau dans le ciel spirituel...

Il faut se méfier de ces grandes théories que les américains sont champions à pondre fréquemment. Les 70s furent emplies de ce genre de groupes ayant des règles alternatives de conduite en micro-sociétés. Si les intentions sont bonnes et belles, la doctrine n'en est pas moins très contraignante et inadaptée à la plupart des personnes. Ces courants se disent spirituels mais ils ne le sont pas. Il ne faut pas être tenté par ces leurres. Ce sont des mirages.

1001

Écrit par : 1001nuits | 10/02/2008

Bonjour 1001 nuits,

Je vois que vous n’appréciez guère les Américains, et je crois comprendre ce que vous voulez dire. Mon idée n’est pas de dire : « prenons la CNV comme une religion, ça va marcher, on va se libérer de nos névroses et atteindre la sagesse ». C’est juste que la CNV semble présenter des outils qui permettent de modifier des habitudes, des manies, qui sont causes de conflits. Et je vois que malgré la ferveur de pas mal de croyants-pratiquants, ces manies ne sont parfois jamais reconnues ou abandonnées, c’est pourquoi il est bénéfique, selon moi, de chercher le savoir « ailleurs ».

Tout d’abord, je vais préciser quelques points :
- Le MBTI est le développement des « types psychologiques » proposé par Carl G. Jung, un Suisse.
- A mon sens, dire que les Américains sont intellectuels ou matérialistes et aussi cliché que de dire que les Arabes sont émotionnels et non-matérialistes.
- Le matérialisme date au moins de la civilisation sumérienne, et non de « l’américaine » qui n’a même pas un millénaire, et domine toutes les grandes civilisations actuelles des cinq continents. Pourquoi donner ce « privilège » au seuls Etats-Uniens ?
- Le fait d’avoir des références (comme le MBTI) n’implique pas forcément que l’on « standardise des principes ». On peut se servir de références pour se repérer (comme avec une carte géographique), plutôt que de les confondre avec la "réalité".
- Contrairement à ce que vous dites, je pense que la CNV est une combinaison habile de la raison et du ressenti. Elle ne favorise ni l’une ni l’autre.
- Les principes que j’ai donnés en exemple sont des repères pour donner une idée de ce qu’est la CNV. Ils n’ont rien avoir avec des dogmes que l’on doit suivre 24h/24, 7j/7. Pas besoin d’être un sage pour utiliser la CNV avec « intelligence » : souplesse d’esprit. Pour évaluer l’efficacité de la CNV, il faut l’étudier et le pratiquer plus en profondeur, rencontrer des gens, pas seulement lire quelques phrases-clés sur un blog.
- « N’écoute jamais ce qu’on pense de toi. Ecoute uniquement les sentiments et les besoins derrière les mots. » Cette phrase ne signifie pas qu’il ne faut pas écouter comment les autres nous voient, mais nous invite à être attentifs à ce que les gens ressentent (de la situation, et de nous-mêmes éventuellement), plutôt que d’écouter les mots qu’ils expriment en intellectualisant leurs ressentis.
- Le besoin et la satisfaction existent depuis bien avant le matérialisme, ils font partie de la nature humaine : besoin de boire, manger, d’affection, de sexe, de joie, d’activités, de découvertes… Le mystique peut les dépasser s’il veut, mais les autres doivent faire avec en attendant.
- Pour moi, la spiritualité commence avec des choses très concrètes et triviales comme manger, travailler, communiquer, s’organiser, à l’instar du zen. Pour vous, elle semble commencer avec la transcendance, mais cette vision est réductrice à mes yeux.

Bien à vous,
HA

Écrit par : jungne | 10/02/2008

Bonjour cher jungne,

"Chercher le savoir ailleurs" me semble être une phrase bien à la mode dans l'ensemble des milieux intellectuels occidentaux, aujourd'hui comme hier, comme si prendre le contrepied du savoir domestique était une caution à quelque chose de plus profond. Ce qui est étrange est que je sens la part de vrai dans votre analyse, mais je ne suis pas d'accord avec le niveau auquel vous recherchez. Je pense que l'Occident souffre d'une logique, mais non d'idées. C'est donc plus l'illustration d'une "maladie formelle" et donc d'une "maladie intellectuelle" que je critiquais et non la méthode elle-même qui, selon moi, ne propose rien de spirituel, mais un galimatia social bien pensant pour gens peu sûrs d'eux-mêmes.

Vous savez, le côté le plus complexe à comprendre dans la spiritualité est, je pense, le fait que nous ayons un travail à accomplir sur nous-mêmes, mais un travail qui peut ne pas porter des fruits sociaux tout de suite, voire même nous écarter de la société telle qu'elle se présente à nous. En ce sens, nous pouvons nous écarter de la voie sociale en nous approchant de la voie de Dieu. C'est pourquoi, ceux qui se gargarisent de leur recherche spirituelle sont des égarés. Paix sur eux !

Cette CNV étant une pure doctrine sociale, très socialement correcte, très "pleasantville" si vous avez vu ce film, je pense que vous serez déçu si vous cherchez de la spiritualité dans une doctrine sociale, c'est tout, et encore plus dans la doctrine édulcorée américaine de la communication non violente. Désolé d'être une fois encore le Cassandre de service, mais je vous ai connu en meilleure forme. Faites attention à votre intellect : il vous joue des tours.

Pour ce qui est de vos commentaires :

1. Je connais le livre les types psychologiques étant un grand lecteur de Jung fut un temps. Je citais MBTI parce que cela parle plus même si, en y regardant bien, la seule composante ajoutée par Myers est probablement un barycentre des trois autres (de Jung).

2. Cela se voit que vous n'avez pas vécu aux US. Allez vivre quelques années là-bas et nous reparlerons de spiritualité américaine. C'est pire que tout ce que vous pouvez imaginer. Certes, il y a des intellectuels rebelles, mais je n'ai pas vu de spiritualité... Sinon, je connais beaucoup d'arabes matérialistes et parfaitement abstraits : on en voit plein, ils parlent en ce moment d'islam laïque en France dans des livres bien pensants et passent à la télé pour nous rassurer des méchants orthodoxes ;-)

3. Mais parce que c'est pire que tout ce que vous pouvez imaginer. Je vous en prie, allez faire un tour là bas et nous en reparlerons.

4. Je vous sens en colère, mais il n'y a pas de quoi. Je connais la métaphore de la carte. mais sachez que les mots écrits ne suffisent pas. Et si vous en voulez des mots, lisez les mystiques, mais pas les doctrines sociales et politiques. Leur sens est trop dilué. Il vous faudrait des millions d'années pour parvenir à sentir Dieu.

5. Je vois bien. C'est pour cette raison que je vous "agresse" : pour vous faire vous reprendre. Attention aux mirages, et là, vous êtes dans le mur : la CNV est une théorie intellectuelle de plus qui se fait passer pour une théorie affective. Par sa démarche intellectuelle, elle vous engage à faire plus ou mieux (et ça c'est matérialiste) au lieu de vous engager à faire moins et plus mal, dans l'échelle de valeurs commune bien sûr (mystique). Relisez les mystiques et jetez-moi cette théorie par la fenêtre. Vous allez devenir "gentil socialement" mais très bête. Ces ricains, ils sont trop forts dans la manipulation...

6. Oui, bien sûr, je critique un peu vite, mais vous voyez, j'ai confiance dans votre synthèse car cette théorie ressemble à une quantité de théories du même genre. Et encore une étiquette pour nous, apprentis ricains. En attendant la prochaine "nouveauté" à caractère "spirituel" ;-)

7. Certainement, mais c'est très dangereux d'écouter ce que les autres ressentent, surtout quand ils sont dans le "mal". Nous ne visons pas au pays des schtroumps. Etre attentif à ce que les gens ressentent, c'est comme tout : c'est nécessaire dans certains cas et très bête dans d'autres. En plus, si cela prend pour prétexte le comportement de Jésus, c'est un contresens absolu. Il ne faut pas faire des règles de ce genre de choses : c'est l'enfer, pavé de bonnes intentions.

8. Nous sommes d'accord : la logique des besoins est matérialiste, et donc parfaitement anti-spirituelle. Vous défendez mon argumentaire ;-) Je conteste juste la classification de votre article ;-)

9. "Pour moi, la spiritualité commence avec des choses très concrètes et triviales comme manger, travailler, communiquer, s’organiser, à l’instar du zen. Pour vous, elle semble commencer avec la transcendance, mais cette vision est réductrice à mes yeux."

Pour le dernier point, je comprends maintenant pourquoi vous pondez des articles sur des théories vaseuses. De plus, je mets en cause votre connaissance du zen en vous demandant si vous ne lisez pas que la surface des choses. Si le zen mange, boit, travaille, etc. d'une certaine façon, c'est parce qu'il est en contact avec la transcendance.

De plus, si la transcendance est une vision réductrice à vos yeux, c'est que vous êtes athée et fier de l'être, que vous n'avez rien compris au monothéisme, et que vous n'avez donc aucune chance en spiritualité.

Dieu vous guide !

1001

Écrit par : 1001nuits | 10/02/2008

« comme si prendre le contrepied du savoir domestique était une caution à quelque chose de plus profond. »
Il ne s’agit pas de chercher quelque chose de PLUS profond, mais d’obtenir quelque chose que l’on n’a pas ou que l’on a oublié.

« mais un galimatia social bien pensant pour gens peu sûrs d'eux-mêmes. »
Là je ne suis pas du tout d’accord. La CNV n’est pas du tout bien pensante ni politiquement correcte. Dans nos civilisations « machos » en Occident et en Orient, les hommes, et de plus en plus les femmes n’ont pas le courage d’exprimer leurs émotions et leurs "faiblesses" : « j’ai peur, je suis triste, j’ai mal »…
Voyez-vous souvent un mari dire à sa femme « je me sens seul et insuffisamment viril, c’est pourquoi j’ai besoin de regarder des matchs de Rugby tout le temps ». Le politiquement correct dirait que tout va bien, tout le monde est rempli de qualités et de force. Le besoin comme énoncé dans la CNV est en fait, au regard de la société arriviste et phallocrate, une faiblesse.

« Vous savez, le côté le plus complexe à comprendre dans la spiritualité est, je pense, le fait que nous ayons un travail à accomplir sur nous-mêmes, mais un travail qui peut ne pas porter des fruits sociaux tout de suite, voire même nous écarter de la société telle qu'elle se présente à nous. »
J’adhère à ce que vous dites, mais là n’est pas la question.

« Cette CNV étant une pure doctrine sociale, très socialement correcte, très "pleasantville" si vous avez vu ce film, je pense que vous serez déçu si vous cherchez de la spiritualité dans une doctrine sociale »
J’admire Pleasantville, et je crois que vous faites un contre-sens avec ce film. Pleasantville dénonce justement le politiquement correct et nous incite à dépasser nos limites et celles de la société, de remettre en question les conformismes que l’on nous impose.

« Faites attention à votre intellect : il vous joue des tours. »
Dans votre ton, je sens quelque chose qui dénote la domination ou la supériorité… (ce n’est pas du tout CNV ce que je dis !)

« Cela se voit que vous n'avez pas vécu aux US. Allez vivre quelques années là-bas et nous reparlerons de spiritualité américaine. C'est pire que tout ce que vous pouvez imaginer. Certes, il y a des intellectuels rebelles, mais je n'ai pas vu de spiritualité... »
Nous n’avons tout simplement pas la même définition (ou étendue) de la spiritualité. Et je doute que vous ayez vécu dans tous les milieux de la société états-unienne.

« Vous allez devenir "gentil socialement" mais très bête. »
Thomas d'Ansembourg a écrit dans le cadre de la CNV un ouvrage intitulé : «Cessez d'être gentil, soyez vrai !»

« Nous sommes d'accord : la logique des besoins est matérialiste, et donc parfaitement anti-spirituelle. »
Non. Les besoins ne sont pas une logique, elles sont des instincts, des mécanismes pré-logiques, et parfois des logiques inconscientes. Elles ne sont pas anti-spirituelle (vous parlez de péchés ?), elles font partie de nous.

« De plus, je mets en cause votre connaissance du zen en vous demandant si vous ne lisez pas que la surface des choses. »
Dans le zen on ne parle ni de Dieu, ni de Transcendance. Il arrive qu’on y parle de vacuité ou de compassion. L’empathie est une bonne manière d’approcher la compassion, et c’est une composante importante de la CNV, ce qui n’est pas négligeable.
Je comprends votre idée du dépouillement comme marque d'une spiritualité authentique que vous opposez à l’accumulation de techniques ou de qualités. Mais d’un certain côté c'est une vision trop dualiste à mon goût. Certains mystiques diraient : « on avance en reculant ». Et après tout, on peut aussi « accroître le dépouillement ».

« De plus, si la transcendance est une vision réductrice à vos yeux, c'est que vous êtes athée et fier de l'être, que vous n'avez rien compris au monothéisme, et que vous n'avez donc aucune chance en spiritualité. »
Vous m’avez mal lu. Je veux dire que la spiritualité = quotidien + transcendance.
Vous oubliez que je suis hyper-athée, et non athée ! ;-)
Pour moi la transcendance est au-delà des mots si je puis dire (hum…), donc je n’aborde pas le sujet en termes de « je crois / je ne crois pas en Dieu ». Je ne prends pas partie pour ou contre le monothéisme – chacun sa route. Si quelqu’un me dit « je crois en Dieu », qu’est-ce que cela veut-il bien dire ? Cela signifie-t-il qu’il a le même sentiment que moi ? Qu’il ressent de l’amour pour les autres ? Qu’il est tolérant ? Pas forcément.
Il y a des monothéistes pratiquants qui massacrent des humains par centaines, je me fiche de savoir ce en quoi ils croient.

Écrit par : jungne | 11/02/2008

Un peu absente ces temps-ci, et je m'en excuse, je suis venue te visiter. Hélas je ne sais comment intervenir dans ce dialogue qui me dépasse. Je t'admire de savoir aussi bien argumenter. Amitiés.

Écrit par : ariaga | 11/02/2008

Mon Dieu!

Pourquoi juger, pourquoi ce combat intellectuel, cette envie de se prouver, et puis pourquoi écrire?
Parce que j'ai eu une émotion finalement! et pour vous avouer ma faiblesse : j'ai peur des conflits.

De l'esprit du détachement, vient le libre mouvement, la danse de l'être.
Si je suis hyper athée, j'abandonne l'idée d'être hyper athée, et si je suis dans une religion j'abondonne l'idée de croire, j'abandonne même l'idée de dieu.
C'est dans la nature du mental de se fixer, de s'attacher aux émotions puis de juger l'autre.

Je ne suis pas que mon corps, ni mes émotions, et je ne suis pas mon mental, je ne suis pas que la culture, ou la religion qui ma faconnée.

J'aime mon corps, mes émotions, et mon mental car il m'ont construit. Et je vous aime parce que nous nous contruisons dans la simplicité.

Écrit par : Raymond | 13/04/2008

Si l'on suit les approches comme celle de Ken Wilber, il n'y a pas d'opposition entre la religion et l'athéisme, et l'altérité est naturelle, sans conflit. Et les dialogues peuvent éclaircir des malentendus. S'il n'y a pas de saisie, l'abandon n'a pas lieu d'être. Il y a juste l'être. Les choses *sont*.

Écrit par : jungne | 15/04/2008

Mon cher jungne,

Vous êtes encore dans la citation, dans la représentation, et je crains qu'une fois encore, vous ne fassiez fausse route tout en voulant bien faire.

Quand vous dites : "il n'y a pas d'opposition entre la religion et l'athéisme, et l'altérité est naturelle, sans conflit.", vous juxtaposez deux propositions qui n'ont rien à voir. Certes, l'altérité est naturelle (j'aurais plutôt dit qu'elle était donnée par Dieu). Par contre, il y a une claire opposition de vue entre athéisme (à supposer que cela existe, je connais surtout des polythéismes) et religion. Cependant, cette opposition n'a pas à être conflictuelle, a priori. Mais, l'histoire montre la conflictualité des points de vue, excepté peut-être en Inde où toutes les manifestations du sentiment religieux, quelques soient leur degré, sont acceptées.

Car, il y a plus que des malentendus, car les malentendus sont intellectuels. Il y a la différence des ressentis, la différences des certitudes, et cela, on peut argumenter stérilement durant longtemps et personne ne change d'avis, car tout le monde a raison de ressentir ce qu'on ressent.

Par contre, si les choses "sont", et en mystique, je ne vous contesterai pas sur ce point, les choses se transforment. Il faut donc savoir ce que vous placez derrière le terme "sont". Elles sont comment ? Peuvent-elles évoluer ? Qu'est-ce qui "est" de manière conjoncturelle et qu'est-ce qui "est" de manière permanente ? Voyez que l'affirmation "les choses sont" est insuffisante car si je compare les deux affirmations suivantes : "Dieu est" et "J'ai un avis sur", la première affirmation révèle un type d'existence d'une autre catégorie que la seconde. Nous ne pouvons donc pas les mélanger, car ces affirmations sont hétérogènes.

Tout cela pour dire qu'il faut se méfier des théories intellectuelles, car si elles semblent vous mener à la spiritualité, elles vous enferment dans la pensée (intellectuelle) des autres. Alors que le guide est en vous qui peut vous enseigner ce qu'est la religion. Et une fois que vous le saurez, vous verrez que vous aurez du mal avec ces mots qui ne veulent rien dire (que dire alors des théories qui caricaturent la spiritualité ?).

1001

Écrit par : 1001nuits | 15/04/2008

1001 nuits,

Je ne vous suis pas du tout dans votre approche très dualiste et pas du tout transcendante pour le coup, où vous rejeter l'intellectuel au profit du ressenti, etc. Pour moi il n'y a aucun problème à faire des citations tout en étant mystique, méditant, yogi, que sais-je. A ce niveau-là, la discussion n'a aucun intérêt...

Je disais "ne s'opposent pas" dans le sens "n'entrent pas en conflit".
Je ne me méfis donc de rien, il suffit de reconnaître les choses telles qu'elles sont, avec leurs qualités et leurs limites.

Écrit par : jungne | 17/04/2008

Bonjour jungne,

Je vois que je vous énerve et c'est bien malgré moi. Je ne suis pas dualiste, loin de là, et je vois que je ne peux pas vous faire comprendre pourquoi vos textes placent l'intellect avant le ressenti, de manière systématique. Je voulais juste vous avertir sur cela.

"Je ne me méfis donc de rien, il suffit de reconnaître les choses telles qu'elles sont, avec leurs qualités et leurs limites." C'est un raisonnement intellectuel et non spirituel. Mais qu'importe. Je ne vous importunerai plus.

1001

Écrit par : 1001nuits | 17/04/2008

1001,

Si vous êtes vraiment non-dualiste, je pense que vous ne devriez même pas poster de commentaire pour dire lequel est supérieur à l'autre, lequel est au-dessus, etc.
Pour moi votre discours est dualiste et revendicatif, et le fait de répéter tout le temps la même chose m'exaspère. Je ne vois pas comment un raisonnement peut ne pas être intellectuel, et qu'est-ce qu'un raisonnement spirituel ?
En ce qui me concerne, je raisonne avec l'intellect et je ressens avec le coeur. Et si le coeur dépasse de loin l'intellect dans son appréhension de l'existence, il ne peut pas communiquer les choses par des mots, et de ce fait l'intellect comble cette "lacune". Parfois le ressenti est insuffisant pour les grands (et faibles) esprits au coeur aveugle, c'est là que l'intellect a toute son importance.

Il y a le jugement qui compare, et le jugement moral. Et au final, le coeur ne juge (n'évalue) pas, il ne place pas l'un plus haut que l'autre - c'est ce que je crois. Celui qui évalue, est dans la dualité.

Je peux discuter, mais lorsque mon interlocuteur évolue dans son discours.

Écrit par : jungne | 17/04/2008

c'est vrai que l'homme a une part de violence par nature.

Écrit par : consultation psychologue en ligne | 23/06/2009