Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Dieu indémontrable — vidéo avec Abdennour Bidar | Page d'accueil | Conférence : Constellations systémiques et familiales »

07/01/2012

Le remplaçant de Dieu

A1420402-Simulation_of_Higgs_boson_production-SPL.jpg

En cette période de recherche accrue en matière de NDE et de mécanique quantique, d'imminence de la découverte probable du champ de Higgs (en savoir plus), la question de Dieu peut légitimement se poser en de nouveaux termes.

Vous êtes habités par une sensation, une présence, vous avez peut-être la foi (lire la foi & la croyance). Mais il s'agit peut-être d'autre chose que ce vous imaginez. Car le mental a vite fait d'associer une sensation à un concept, et c'est par cette fonction qu'il cherche à rester maître à bord. Dire "je ne sais pas", est le début de sa capitulation.

Vous faites peut-être partie d'une tranche minoritaire de la société qui ne croit pas en Dieu, ou d'une encore plus minoritaire qui croit en une réalité invisible, sous-jacente ou transcendante sans vouloir absolument y associer une conscience ou une intention, une supériorité ou une toute-puissance. Je parlerais volontiers d'une mécanique cosmique dont les rouages nous échappent. Comment appeler, d'ailleurs cette minorité parmi les minorités ?

Si je ne suis pas responsable de mon devenir, je me défais de la culpabilité, du péché. Si je n'ai pas de culpabilité, je ne suis plus dans l'arrogance de ma prétendue toute-puissance. Disons le dans l'autre sens : dans l'arrogance de ma prétendue toute-puissance, je suis hautement coupable car je suis responsable de mon destin voire du devenir de l'humanité.

La culpabilité est l'aveu d'une arrogance.
Aveu ou choix, d'ailleurs ?

Je suis responsable de ce que je perçois et ressens, de ce dont je suis conscient. Mais c'est tellement peu face à tout ce qui est inconscient.
Je suis responsable de ce que je suis et fais, mais c'est tellement peu face à tout ce que les autres sont et font.

Même si vous ne croyez pas en Dieu ou en toute autre entité consciente supérieure, il vous est toujours possible de vous en remettre à plus grand que vous, aux flux des événements, à l'écoulement du temps.

C'est accepter de ne pas tout contrôler, de ne pas faire le triomphe du bien sur le mal. C'est accepter de ne pas être sauvé, de mourir. Parce que le mouvement de l'océan ne dépend pas de celui d'une seule vague.

Capituler, c'est accepter de vivre en accord avec nos aspirations profondes et de ressentir la joie, même à travers les erreurs et l'échec.

Nous jouons un jeu dont nous ne sommes pas les auteurs des règles. Lorsqu'ainsi, nous consentons aux règles et assumons nos limites, naît l'amour de nous-mêmes tels que nous sommes.

La grâce peut ainsi toucher l'athée ou l'incroyant qui a quitté la rive du rationnel tout-puissant — rive tout aussi périlleuse que celle de l'irrationnel tout-puissant.

Dans les instants heureux ou malheureux, face à l'inconnu, à l'imprévu, à l'incompréhension, dans la peur, vous pouvez avoir envie de vous lancer vers l'autre rive : de vous en remettre à plus grand que vous, à cette masse immense et animée d'une énergie infinie qui vous entoure. Qui vous dépasse. Vous voudriez parler, prier, crier plus qu'à vous-mêmes. Et là, les mots vous manquent ou vous effraient.

"Seigneur" fait trop pompeux, "Dieu" encore trop religieux, "Tao" trop oriental, "l'Univers" trop new age…

Pourquoi ne pas choisir presque au hasard un mot banal ou une image : "ça", "plancher", "vase", "courant",…  Pourquoi ne pas inventer des mots ?

Vous pensez peut-être que n'utiliser qu'un seul mot pour désigner l'indicible et l'incompréhensible est un chemin dangereux vers le dogme et le culte de ceci ou de cela. Alors vous pouvez décider de varier les mots, de faire sans mot, de faire des contre-emplois, dire tantôt "Médiocre", tantôt "Sublime". Ce serait un bon début pour déposséder le mental de son pouvoir — lui montrer que la réalité le dépasse et qu'il ne décide pas de tout.

Si vous ne croyiez pas en un Dieu (qui réponde à vos demandes d'aide), quel genre de prières dire ? Lorsque l'inattendu se produit, c'est une bonne occasion pour nous donner de l'empathie : "j'en peux plus parce que la vie est trop dure / parce que j'ai perdu un proche…  je voudrais tellement que…"
Pour nous relier à un ensemble plus vaste et nous désidentifier du seul moi : "Je fais partie de cet océan infini, je ne suis qu'une vague toutefois traversée par une énergie infinie."
Pour reconnaître nos limites et exprimer de l'amour à notre égard : "je n'ai pas pu tout faire / j'ai échoué / j'aurai voulu… pour autant j'accepte le cours de la vie, cela me dépasse. Je m'aime comme je suis. Je cesse de me juger."
Nous pouvons aussi faire le point sur nos valeurs et nos rêves, et les redorer : "Ce qui a du sens pour moi, c'est… / J'ai tellement envie de… et je vais tout faire pour y arriver. J'accepte si ça ne se passe pas comme je le désire, je fais partie du Flux, je m'en remet à lui."

C'est ainsi que nous pouvons, entre autres, nous agenouiller devant l'inconnaissable, déposer l'arrogance du mental, quitter la culpabilité et sa jumelle, la toute-puissance — et remplacer Dieu.

Commentaires

Ce sont ces termes sur lesquels j'ai "tiqué" :
- "agenouiller "
- "pas responsable de mon devenir" (je pense tout l'inverse donc, sinon cela inclue que quelqu'un ou quelque chose d'autre, extérieur à moi en est responsable, ou alors c'est notion d’inexistence de la responsabilité est à mieux définir et cela m'intéresserait...)
- Je me sens responsable aussi de mon inconscient. Ne pas l'être c'est se soumettre à ce qui le forge et ne pas reconnaitre son essence, sa nature d'"individualité" qui parait propre propre à chacun
- "ne pas contrôler" n'est pas abdiquer mais accepter que Je soi aussi non-contrôle, inspiré (divin, bien qu'il s'agisse là d'un concept individuel et non d'une référence à une qualité universelle)
- "Qui vous dépasse", idem concept très duel qui exclue par sa nature la possibilité d'une tierce vision permettant de dépasser la valorisation, la quantification et la dénomination au profit de l'évolution simple se basant sur un environnement complexe sans nécessité d'être compris ou définit.
- ... la liste serait longue et le débat sans fin peut être

Mais tout ça vous devez le savoir, puisque je vous suis depuis un moment... c'est pourquoi cet article m'a beaucoup surprit. Ai-je simplement mal compris quelque chose... ?

Écrit par : Alcidejet | 07/01/2012

A mon sens, s'agenouiller est un bon moyen d'exprimer la limite même de notre mental à comprendre et à contrôler le cours des événements. C'est une belle façon d'admettre avec tout son être : je ne sais pas, je suis fragile, je suis petit. C'est pourquoi ces gestes dans les églises, les mosquées ou les temples me semblent d'une grande valeur, si l'on met de côté les dogmes qui vont avec.

La notion de responsabilité n'est pas simple bien sûr. En fait, j'aime bien l'idée d'Henri Laborit qui dit que nous sommes aussi fait des autres, leurs influences plus ou plus conscientisés (notamment le mimétisme), les schémas biologiques et culturels. Jung parle des archétypes immémoriaux… Si chacun de nous étaient vraiment responsable de son inconscient, cela revient quasiment à être responsable de toute l'humanité, car chaque génération impact la suivante, ce qui me semble tout de même exagéré.
Enfin, les maladies, les accidents et les catastrophes sont souvent hors de notre contrôle.

Je ne fais pas de clivage entre dualité et non-dualité. Dans la non-dualité, il n'y a plus de concept. Même celui de "non-dualité". Quand j'écris des articles, je n'ai aucun souci avec la dualité, avec l'intérieur et l'extérieur, le yin et le yang, moi et le monde. Et effectivement, j'exprime le fait que le monde dépasse le moi. Que la réalité dépasse le rationnel du mental. Et cette façon duelle d'évoquer les choses s'adresse au mental duel, c'est sûr. En même temps j'ai l'espoir qu'elle peut limiter son emprise.

Je dirais que dans la non-dualité, il n'y a ni mental, ni âme, ni évolution,… ni non-dualité !… car tous ceux-là sont des concepts.

Écrit par : jungne | 07/01/2012

Il est intéressant de constater que dans ce monde de plus en plus matérialiste il y a de plus en plus d'hommes et de femmes insatisfaits recherchant des réponses que ni la science, ni la technique n'ont pu apporter, pas plus que les vieilles religions sclérosées.

N'était-ce pas le lauréat du prix Nobel de physique Brian Josephson qui a dit:
« Tant qu'elle ignorera les effets spirituels, la science physique sera dans un cul de sac ». Il a été raillé comme ésotérique par les matérialistes. Il est pourtant sur la même ligne que d'autres lauréats du Nobel de physique tels que Wolfgang Pauly ou Erwin Schrödinger.

Rien d'étonnant à ce que certains soient attirés par les nouvelles spiritualités, communément appelées « sectes » car celles-ci offrent de nouvelles visions du monde et pourraient renfermer des réponses et donner un but dans la vie qui transcende le matériel.»

Que se passerait-il si on leur laissait une chance de s'épanouir et de montrer ce qu'elles peuvent apporter à l'humanité? Celles qui apportent vraiment des réponses se développeraient. Les autres disparaitraient rapidement. Peut être cette civilisation sortirait-elle finalement de l'impasse.

Je suis sur que cette idée risquerait d'être perçue comme très subversive pour les intérêts privés qui utilisent la MIVILUDES et autres institutions similaires. Mais après tout, celles-ci ne font que retarder l'inévitable.

Écrit par : Henri | 05/03/2012

merci Henri de votre commentaire.

Je ne suis pas aussi catégorique que vous. Il y a des nouvelles sectes aujourd'hui qui se développent très bien à l'international et qui penchent vers l'obscurantisme. Et ce qu'on appelle aujourd'hui le christianisme ou le bouddhisme n'étaient que des "nouvelles sectes" au départ. Ce n'est pas parce qu'un courant spirituel est pertinent qu'il ne va pas se transformer en religion/institution.

Écrit par : jungne | 05/03/2012