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11/07/2009

Expérience clinique pour les EMI

 


Suite à la publication de Deadline, dernière limite, le docteur Jean-Pierre Jourdan réussit à mettre en place une expérience au sein même d'un hôpital public, celui de Sarlat, afin d'objectiver les perceptions qui ont lieu lors des expériences de mort imminente. Celle-ci a été relaté dans un reportage du JT de France 2.


Article sur Deadline dernière limite

04/11/2008

Jill Bolte Taylor en français

La conférence de la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor traduite en française. La vidéo a fait le tour du monde tandis que son livre du même titre My Stroke of Insight (Voyage au-delà de mon cerveau, Editions J.-C. Lattès) vient de paraître.

Ce que l’on peut déjà tirer de son récit c’est que la pensée pré-existe au langage (puisque sans pouvoir penser en mots ou en concept, Jill Bolte Taylor pouvait mener une réflexion), et d’autre part que le sentiment d’union avec l’univers n’est pas plus anormal, pathologique ou illusoire que le sentiment individualiste de notre “cerveau gauche”, caractéristique de notre monde moderne.

 


Néanmoins, faut-il en conclure qu’il suffit simplement de “passer à droite de l’hémisphère gauche”, afin d’atteindre une paix intérieure et une harmonie sociale durables ? Effectuer l'ablation de l'hémisphère gauche ? Le problème ne serait-il pas un manque de connexions plutôt que de performance ?


Si les propos du Dr. Jill Bolte Taylor ne sont pas dénués d'intérêt, des pratiquants du mysticisme ayant une approche holistique comme Ken Wilber affirme que le mysticisme dépasse à la fois la fusion universelle (du cerveau droit) et la différenciation (du cerveau gauche), qui ne sont plus antinomiques. L'état de fusion est celui du nouveau-né ou des psychotiques et revenir à cet état de fusion et d'innocence totale est une régression (agréable certe) et non une transcendance. Il semble par ailleurs très probable que le développement exclusif du cerveau droit ne permette pas de résoudre les pathologies du cerveau gauche : atrophie du moi, croyances figées, faible encrage dans le corps, la société et le concret... Bref, pas besoin de fuir le monde pour s'unir à l'univers.

Sans rejeter le développement du cerveau gauche, "musclons" le corps calleux pour utiliser les deux hémisphères dans la plus belle des coordinations (article sur le corps calleux). Utilisons notre corps, à travers la danse, le sport, la musique en coordination avec le mental, et cela dès l'enfance. La vie est à la fois manuelle et intellectuelle.

Visiter le site du cerveau droit

Lire l'article effort & non-agir en rapport avec le cerveau droit

21/10/2008

La vie intérieure d'une cellule

Voici une animation 3D didactique commentée en anglais conçue à l'université de Harvard (USA) :



Page officielle : http://multimedia.mcb.harvard.edu/anim_innerlife.html
(patienter un peu avant que la vidéo ne s'affiche)

02/10/2008

Comment la conscience agit sur l'espace et le temps

source : http://www.futura-sciences.com

La magie de la mécanique quantique semble inépuisable si on la prend vraiment au sérieux. Une expérience récente, effectuée par Jean François Roch et ses collègues de l'ENS Cachan, a permis de réaliser, bien mieux qu'auparavant, l'expérience dite du choix retardé proposée il y a moins de 30 ans par le grand John Wheeler. Tout en vérifiant les prédictions de la mécanique quantique, elle montre que celle-ci est encore plus folle que ses créateurs avaient pu l'imaginer en 1927.

De gauche à droite Einstein, Yukawa et John Wheeler
De gauche à droite Einstein, Yukawa et John Wheeler

De quoi s'agit-il ?

Pour le comprendre, il faut revenir à l'expérience de la double fente avec des électrons et qui sert d'introduction aux concepts quantiques dans tous les bons ouvrages comme ceux de Landau, Penrose et évidemment Feynman. On considère, pour cela, une fente double séparant une source d'électrons en haut et un écran en bas. Si les électrons étaient des ondes, et passaient donc simultanément par les deux fentes, on aurait sur l'écran une alternance de bandes claires et sombres, les fameuses franges d'interférence que l'on obtient aussi avec de la lumière dans le cas de l'expérience des trous d'Young. Cette situation est représenté sur le schéma ci-dessous.

Crédit : Doris Jeanne Wagner
Crédit : Doris Jeanne Wagner

Si les électrons étaient comme des balles tirées par une mitrailleuse et passant par une seule fente ouverte, on aurait une série d'impacts discrets distribués selon une courbe continue. L'ouverture d'une autre fente ne changeant que peu cette courbe mais donnant un résultat très différent du cas ondulatoire comme on le voit sur le schéma suivant.

Crédit : Doris Jeanne Wagner
Crédit : Doris Jeanne Wagner

En réalité, comme l'expérience le démontre dans des conditions appropriées et en reprenant les mots de Feynman, les électrons et les photons sont complètement cinglés. Si les deux fentes sont ouvertes, et que l'on s'assure que les électrons passent un par un au travers, on enregistre sur l'écran une série d'impacts discrets mais dont la distribution avec suffisamment d'électrons se fait selon les franges d'interférence d'une onde !

Crédit : Doris Jeanne Wagner
Crédit : Doris Jeanne Wagner


Enregistrement des impacts d'électrons créant au final une figure d'interférence

C'est la fameuse fonction d'onde psi de Schrödinger qui permet de décrire quantiquement un système physique et dont le carré donne la probabilité d'observer un état donné de ce système. La conclusion semble inévitable. Bien qu'indivisible, l'électron est passé par les deux fentes à la fois ! Maintenant, si l'on essaye de savoir par quelle fente l'électron est passé, en fermant l'une d'entre elles, par exemple, ou en essayant de détecter avec une faible lumière un électron sortant des fentes, ceci afin de le perturber le moins possible, les franges d'interférence disparaissent et on retrouve un comportement purement corpusculaire pour l'électron.

Le carré de la fonction d'onde psi donne la probabilité d'observer une particule en un point. A gauche on a déterminé par quelle fente est passée la particule, à droite non.
Le carré de la fonction d'onde psi donne la probabilité d'observer une particule en un point. A gauche on a déterminé par quelle fente est passée la particule, à droite non.
Crédits : nanotech.sc.mahidol.ac.th

Ceci est bien sûr une conséquence des inégalités de Heisenberg et du principe de Complémentarité de Bohr. Les électrons et autres « particules » quantiques ne sont en réalité ni des ondes ni des particules mais quelque chose d'autre dont les attributs classiques, trajectoire, vitesse, localisation, n'apparaissent qu'en fonction du dispositif expérimental donné. Pour être provocateur, la réalité n'existerait donc fondamentalement pas dans l'espace et le temps et les objets au sens classique n'existeraient pas sans un observateur (peut-être pas nécessairement humain) pour les observer ! C'est en tous cas une interprétation possible de la mécanique quantique.

Ce trop court aperçu des phénomènes quantiques suffit déjà pour se rendre compte à quel point la mécanique quantique choque l'intuition et soulève d'importantes questions presque métaphysiques. John Wheeler et d'autres, comme Bryce De Witt, W.H Zurek et John Bell, ont beaucoup réfléchi sur les paradoxes de la mécanique quantique. Il en est sorti le livre suivant, "J. Wheeler and W. Zurek, (eds.) Quantum Theory and Measurement, 1983", où l'on peut trouver la proposition de Wheeler d'une expérience avec double fente mais choix retardé. Tournons-nous donc maintenant vers celle-ci.

A la base, il s'agit de reprendre l'expérience de la double fente, dans les conditions les plus idéales possibles, et de ne considérer que le passage d'un électron ou d'un photon à travers cette double fente. On prendra le cas avec des photons. Au lieu de déterminer le passage d'un photon au moment où il traverse les fentes, on attend que l'onde lumineuse du photon ait largement dépassé celles-ci. Au dernier moment, l'observateur se donne le choix soit de laisser l'écran E pour obtenir des franges d'interférence, soit de le remplacer par une série de deux télescopes T1 et T2 focalisés sur chacune des fentes. Dans ce dernier cas, on peut montrer que cela revient à observer une trajectoire pour le photon.


Schéma de l'expérience de Wheeler. Au dernier moment on choisit soit un écran E soit deux télescopes T.
Crédits : www.npl.washington.edu

C'est là que l'expérience devient stupéfiante. Bien qu'ayant dépassé les deux fentes, c'est le choix de l'observateur qui va déterminer dans le passé par quelle fente le photon a voyagé, par une ou par les deux en même temps ! Si vous vous sentez pris de vertige, tant mieux ! C'est le critère que Niels Bohr avait adopté pour déterminer si quelqu'un avait vraiment pris conscience de ce qu'est la mécanique quantique.

Si vous pensez que c'est complètement absurde alors il va vous falloir rendre les armes. De telles expériences avaient déjà été faites par le passé mais elles souffraient toujours d'imperfections. Elles donnaient toujours raison à la mécanique quantique cependant. Or, dans le papier aujourd'hui publié par Jean François Roch et Alain Aspect (dont on se souvient qu'il avait été l'auteur d'une expérience retentissante sur l'effet EPR) ceux-ci et leurs collègues décrivent une variante de l'expérience de Wheeler avec cette fois-ci un interféromètre de Mach-Zender. Bien qu'apparemment différente, cette expérience conserve le principe de choix retardé de Wheeler, et surtout elle permet d'obtenir des mesures beaucoup plus proches d'une situation idéale.

Le résultat est tombé, la mécanique quantique fonctionne impeccablement et donne exactement ce que John Wheeler avait prédit !

Au vertige va peut-être maintenant succéder la folie, alors accrochez-vous !

Jusqu'à présent, les notions de temps et d'espace viennent de se briser avec cette expérience, à l'échelle humaine. C'est peut être encore acceptable. Passons maintenant avec John Wheeler à l'échelle des galaxies ! Plus précisément, observons avec deux télescopes un effet de lentille gravitationnelle où une galaxie à un milliard d'années-lumière dédouble l'image d'un quasar situé à deux milliards d'années-lumière. On est encore dans un cas avec deux trajectoires possibles pour les photons émis par le quasar. En répétant l'expérience de Wheeler c'est, cette fois-ci, au niveau des galaxies et à un milliard d'années dans le passé qu'un observateur humain va déterminer le chemin pris par un photon !

Plus fort encore, et toujours selon Wheeler. Si j'imagine qu'il y a une fonction d'onde de l'Univers, alors, peut être que ce qui a provoqué sa réduction, et la naissance de notre Univers classique à partir d'une « particule quantique » de la taille de la longueur de Planck il y a 13,7 milliards d'année, c'est justement le fait qu'il y aurait plus tard des systèmes classiques collecteurs d'informations, comme les êtres humains, et effectuant une observation sur celui-ci ! Après tout, EPR nous avait déjà habitué à une non-localité dans l'espace, dans un Univers avec espace-temps il est somme toute logique que la non-localité soit aussi dans le temps !

Cette théorie peut sembler complètement folle, mais elle l'est assez pour être exacte, et comme le fait remarquer Andrei Linde, qui peut savoir le rôle exact de la conscience dans la structure physique de l'Univers ?

Article du 27 février 2007

17/08/2008

Contre la télé pour bébés

http://squiggle.be/appel/

 

Un moratoire contre la fabrique des bébés téléphages !

Appel à signatures

 


 

Signer l'appel -   Voir les signataires

 


 

Le lancement d’une nouvelle chaîne de télévision destinée aux enfants de 6 mois à 3 ans pose quatre problèmes graves.

1. Tout d’abord, nous savons aujourd’hui que le développement d’un jeune enfant passe par la motricité et la capacité d’interagir avec les différents objets qu’il rencontre. Alors que l’interactivité est intrapsychique chez l’adulte et l’enfant grand, elle a encore besoin de s’appuyer sur le corps et la sensori-motricité chez l’enfant jeune. L’intelligence, à cet âge, est en effet plus corporelle (sensori - motrice) que imagée ou conceptuelle. Il est à craindre que le temps passé par l’enfant devant les émissions d’une chaîne de télévision - qui rassurera les parents parce qu’elle est présentée comme fabriquée pour les tout-petits – ne l’éloigne des activités motrices, exploratoires et interhumaines, fondamentales pour son développement à cet âge.

2. Nous savons aussi que l’enfant ne se développe, et n’établit une relation satisfaisante au monde qui l’entoure, que s’il peut se percevoir comme un agent de transformation de celui-ci. C’est ce qu’il fait quand il manipule de petits objets autour de lui. Il est à craindre que l’installation d’un tout-petit devant un écran ne réduise son sentiment de pouvoir agir sur le monde et ne l’enkyste dans un statut de spectateur du monde.

3. Alors que les programmes proposés par cette chaîne existent déjà sous la forme de DVD, qui ont l’avantage de proposer une durée limitée, il est à craindre que la création d’une chaîne émettant en continu 24 heures sur 24 n’incite les parents à l’utiliser comme un moyen facile d’endormir leur enfant. Tous les parents savent comme le coucher d’un tout-petit est difficile : il rappelle, les parents y retournent, puis quittent sa chambre… pour revenir un peu plus tard, attirés par de nouveaux cris. Beaucoup de parents risquent d’être tentés par l’installation de la télévision dans la chambre de leur tout-petit comme un moyen de faciliter l’endormissement de celui-ci.

4. De nombreux travaux d’éthologie, y compris appliqués à la relation mère enfant, ont montré combien l’être humain est capable de s’accrocher aux éléments les plus présents de son environnement, dès les débuts de la vie, et notamment à ceux dont il a l’impression qu’ils le regardent. Il est à craindre que de jeunes enfants confrontés sans cesse aux écrans ne développent une relation d’attachement à eux qui les « scotchent » indépendamment de tout contenu. Ces enfants ne pourraient se sentir « bien au monde » - autrement dit sécurisés - que si l’un de ces fameux écrans est allumé près d’eux. L’argument qui consiste à dire que cette chaîne ne contient pas de publicité est particulièrement fallacieux de ce point de vue : les publicistes se rattraperont après, quand l’enfant plus grand ne pourra plus se passer d’une présence permanente d’un écran allumé à côté de lui.

En conclusion : cette chaîne, évidemment lancée pour les actionnaires, risque de séduire certains parents. Mais ce n’est certainement pas pour le bénéfice des enfants qui seront installés devant elle. A une époque où on parle beaucoup d’écologie, prenons conscience que protéger nos enfants du risque de développer une forme d’attachement à un écran lumineux est une forme d’écologie de l’esprit.
C’est pourquoi il est urgent de se mobiliser pour la création d’un moratoire qui interdise à de telles chaînes de diffuser des programmes pour tout petits en continu, 24H sur 24, avant que nous en sachions un peu plus sur les relations du jeune enfant et des écrans.

Articles, études, illustrations... peuvent être adressées à Nobabytv.org qui les publiera.

Cet appel est lancé à l'initiative de Serge Tisseron (Psychiatre, psychanalyste et Directeur de recherches à l'Université Paris X) avec Pr Pierre Delion (Chef de service de pédopsychiatrie au CHU de Lille), Philippe Duval (Psychologue Clinicien, Directeur de Publication du Jounal des Professionnels de l'Enfance), Sylviane Giampino (Psychanalyste, psychologue petite enfance, fondatrice d’A.NA.PSY.p.e.), Pr Bernard Golse (Chef de service de pédopsychiatrie CHU Necker-enfants malades, professeur Université Paris V), Vincent Magos (Psychanalyste, responsable de la Coordination de l'aide aux victimes de maltraitances - Belgique) et Pr Marie-Rose Moro (Chef de service au Centre Hospitalier Universitaire Avicenne).

Cet appel est également soutenu par les organismes suivants

08/07/2008

NDE / EMI : documentaire

Voyages dans l'au-delà
Documentaire de Joachim Faulstich sur les NDE à la lumière de la science.
Allemagne, année 2000 - 44 minutes







25/03/2008

Vers une nouvelle physique ?


Les mésons B nous apportent-ils une nouvelle physique ?
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences

Une asymétrie dans le comportement de certains intriguent les physiciens. Selon certains, la violation de la symétrie CP observée avec ceux-ci n’est pas compatible avec les équations du modèle standard. Une nouvelle physique devrait intervenir, comme de la supersymétrie ou des dimensions spatiales supplémentaires, et elle serait donc observée pour la première fois en accélérateur.

La large prédominance de la matière sur l’antimatière dans l’Univers est une des grandes énigmes de la cosmologie. Pourtant, les physiciens ont avancé plusieurs réponses possibles dont l’une fait intervenir ce qu’on appelle la violation CP. Observée depuis les années 1960 dans l’oscillation des mésons K, elle est aujourd'hui traquée dans les produits de désintégration des mésons B comportant au moins un quark dit beau.

Selon la théorie de la chromodynamique quantique, les hadrons, comme les protons et les mésons, sont composés de six types de quarks qui peuvent se transformer les uns dans les autres, à cause de l’interaction électrofaible, selon des probabilités données. L’information codant quel quark peut se transformer en tel autre, et selon quelle fréquence, se trouve dans un tableau de nombres à trois lignes et trois colonnes, la matrice de Cabibbo-Kobayashi-Maskawa (CKM).

Cette matrice possède plusieurs paramètres libres qui ne sont pas prédits par le modèle standard des interactions mais celui-ci leur impose tout de même des bornes et leurs valeurs ne sont donc pas totalement arbitraires. En particulier, la matrice CKM autorise certains mésons à se désintégrer en d’autres particules d'une manière légèrement différente de celle de leur anti-méson associé.

Le phénomène est particulièrement net dans le cas de certains mésons qui oscillent à une certaine fréquence pour se transformer en un autre bien défini, qui à son tour redeviendra à nouveau le méson d’origine. Le phénomène a été observé dans l’oscillation des mésons K0-K0barre dont l’un est l’anti-méson de l’autre. Surtout, il est beaucoup plus important dans le cas des mésons B.

Pour cette raison, de véritables usines à mésons B ont été construites car, en étudiant la violation CP, on espérait en apprendre davantage sur une nouvelle physique, au-delà du modèle standard, qui, elle, fixerait les valeurs des paramètres libres de la matrice CKM.

Or, on savait que si le modèle expliquant l’asymétrie matière-anti-matière de notre Univers était bien celui faisant intervenir la violation CP, celle obtenue dans le cadre du modèle standard avec la matrice CKM était bien trop faible pour rendre compte des observations. Voilà pourquoi les résultats qui viennent d'être annoncés par une équipe française, italienne et suisse sont particulièrement intéressants.


Figure 1. Oscillations entre quarks au sein d'un méson Bs. Les anti-particules sont signalées par une barre au-dessus de leur lettre. Par échange de bosons, les quarks s (étranges) deviennent des t (top) puis des b (beaux). Les oscillations des deux quarks étant liées, le méson Bs devient un anti-Bs. Crédit : Fermilab

Une différence trop grande entre matière et anti-matière

Luca Silvestrini et ses collègues ont combiné les résultats obtenus au cours des dernières années par les expériences CDF et DØ du Fermilab. Ils se sont concentrés sur une paire de mésons B neutres bien particulière, les mésons Bs, composés d’un anti-quark beau et d’un quark étrange, noté s (pour strange en anglais). Ceux-ci oscillent en leur anti-particule, composée d’un quark beau et d’un anti-quark étrange, plus de trois mille milliards de fois chaque seconde.

Comme on peut le voir sur la figure 1, l’un des quarks ou anti-quarks peut se transformer en un quark ou un anti-quark top en émettant un boson W (vecteur de l’interaction faible), puis par absorption d'un W, redevenir un quark beau ou étrange.

Ces oscillations entre matière et antimatière sont responsables d’effets violant la symétrie CP dans les produits de désintégration. En clair, un peu plus de matière que d’antimatière (ou vice versa) est produite avec des nombres égaux de méson Bs et d’anti-mésons Bs initiaux. Ce que les analyses de l’équipe montrent, c’est que l’asymétrie obtenue dépasse les bornes autorisées par la matrice CKM !

Les cas enregistrés sont encore trop peu nombreux pour conclure que l’effet observé n’est pas une simple fluctuation statistique due au hasard. Les physiciens restent donc prudents mais, selon eux, le phénomène observé avait seulement 0,3 % de chance d’être un effet du hasard.

L’excitation monte... Nous sommes peut-être en présence d’un effet de violation CP qui, cette fois, aurait contribué de manière importante à la victoire de la matière sur l’anti-matière au début de l’Univers. De surcroît, on tiendrait là le premier signe concret de nouveaux termes dans les équations de la physique des particules qui ne sont pas naturellement contenus dans le modèle standard. En particulier, des particules supersymétriques pourraient jouer le rôle des bosons W et des quarks top en contribuant à modifier ce qui se passe dans les oscillations et les désintégrations des mésons B.

Une équipe japonaise travaillant sur la collaboration Belle vient elle aussi de publier les résultats d’études sur les oscillations des mésons B dans Nature et elle trouve à nouveau une violation CP plus importante que ne le permet le modèle standard. Tout ceci est de bon augure car ces observations signifient que les chances d’aboutir à une nouvelle physique grâce au LHC sont en train d’augmenter !

Vue aérienne du Fermilab montrant le Tevatron et le MI (Main Injector). Crédit : Fermilab
Vue aérienne du Fermilab montrant le Tevatron et le MI (Main Injector). Crédit : Fermilab