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10/02/2009

L'effort & le non-agir


Le non-agir, c'est agir de tout son coeur tant qu'il le faudra, après avoir renoncé à l'empressement de sa tête.


poterie.jpgUne croyance courante chez les adeptes de la Providence, du karma ou du non-agir, c'est l'idée que les efforts sont inutiles, la volonté dépassée - il y a juste à laisser les choses venir.

« Ce qui doit arriver arrivera ».
« Cela arrivera lorsque le karma sera mûr ». etc.


Le non-agir n'est certainement pas synonyme de "rien faire" ni de "laisser faire".

Clarissa Pinkola Estès dit dans Femmes qui courent avec les loups :
« L'initiation, c'est le processus par lequel nous abandonnons notre inclination naturelle à l'inconscience pour décider que même si cela nécessite des souffrances, des efforts, de l'endurance, nous poursuivrons l'union consciente avec l'esprit profond, le soi sauvage. »


Bien sûr, il est salutaire de reconnaître ses limites,
de s'abstenir lorsque le danger est trop important,
de se reposer lorsque le corps est fatigué,
de ne rien faire tandis que les choses mûrissent dans la psyché ou le monde extérieur.

Le moi du cerveau gauche veut tout contrôler et déteste la répétition, l'absence de sens intelligible et l'inconfort. Comme l'explique un article sur le Zen et le cerveau droit, le non-agir ne consiste pas à se retirer pour pratiquer l'ascèse ou à n'agir que lorsque la situation est fluide et confortable, mais à faire les choses sans que le moi ne conceptualise l'expérience vécue. Peindre un tableau, fabriquer un meuble ou aller voir un psy régulièrement sur du long terme sont autant d'occasions de non-agir très activement...! Cela nous confronte à nos peurs et s'engager dans de telles "non-actions" demandent du courage et de la persévérance : parce que le moi ne nous laisse pas facilement passer en mode cerveau droit où l'effort est superflux.

Il y a quelque chose de pervers aujourd'hui dans la confusion entre le "présent éternel" et le résultat immédiat. Entre le principe spirituel d'être ici et maintenant et la vision à court terme de notre société consumériste. La vision à court-terme pour le petit peuple bien sûr, pas pour l'élite qui fait pendouiller la carotte.

Notre tolérance à la frustration - et à la souffrance - est annihilée. Nous faisons passer cela pour de la bonté envers soi-même ou du non-agir : du non-effort. Nous ne distinguons plus la paresse du respect de soi. Nous nous laissons nous infantiliser par le confort moderne : nous voulons des résultats immédiats façon haut-débit dégroupage total. Des forfaits pas cher sans engagement. A force de vouloir aller vite nous ne savons plus attendre. Quoi de plus astucieux que de faire passer cette impatience pour du non-agir ?

Etre ici et maintenant signifie ne pas réfléchir. Ça signifie agir à l'endroit approprié ni trop tôt, ni trop tard : de ne pas être déjà l'année prochaine, dans l'atemporalité (dans l'ailleurs...), de ne pas brûler les étapes de chaque processus de la vie que l'on va recroiser maintes fois et qui s'inscrivent dans un temps chronologique ET cyclique.

Etre ici et maintenant, c'est accepter par moment que même si l'on a déjà fait beaucoup d'efforts, il faut les maintenir encore et encore. C'est d'ailleurs sur la durée que l'esprit et le corps peuvent vraiment intégrer les nouvelles informations et expériences. Comment peut-on digérer quoi que ce soit si l'on ne persiste pas dans l'action ? Si l'on n'a que de brèves expériences ? Il arrive également que ce ne soit pas à la tête mais au corps d'apprendre quelque chose, et d'avoir l'impression de ne pas avoir changé alors que c'est le contraire. Ce n'est pas parce qu'on fait des efforts et qu'on n'a aucun résultat que les efforts sont vain : il est peut-être trop tôt tout simplement.

Le déclic ne vient pas immédiatement, mais avec le cerveau droit l' "éternel retour" devient naturel, voire agréable. Il suffit sans doute d'entrer dans une transe du faire, où l'action a lieu sans que le moi soit là pour agir. L'ADN ne s'est jamais lassé de se répliquer depuis des milliards d'années.

Etre ici et maintenant, c'est embrasser à la fois le présent éternel et le temps linéaire. C'est comme s'il y avait un rythme - qui peut évoluer - dans chaque situation, dans chaque être. Les quatre saisons, les cycles biologiques, les rythmes et changements de rythme d'un joueur de tennis. Nous pouvons à la fois nous synchroniser avec chaque rythme et modifier le tempo au moment opportun.

Plus nous arrivons à ressentir les rythmes et à nous laisser bercer (cerveau droit), plus nous sommes à même de patienter, de maintenir un effort à long terme.
Plus nous arrivons à appréhender les différentes phases des cycles (cerveau gauche), plus nous sommes à même d'agir au moment adéquat.

Hélas ! Souvent le moi viendra nous alarmer : "ça fait trop mal, c'est trop risqué, c'est trop ennuyeux, c'est trop long ! c'est totalement inutile !" pour que l'on renonce aux tâches les plus transformatrices. Plus nous aurons une volonté bien enracinée (du soi ou du moi peu importe) plus nous aurons la capacité de franchir les barrières du moi et laisser place à la non-action.

Plus l'ego se retire, plus il est possible de faire des efforts.


Beaucoup me répondraient que tout ce qui nous arrive arrive pour le mieux, pour apprendre quelque chose, lorsque nous sommes prêt. Pourquoi refuser que nous faisons des erreurs ? Que parfois les choses se finissent mal ? Massacre, catastrophe naturel... Mal au regard de nos aspirations les plus profondes. Si tout est bon à prendre et que l'on ne veut rien éviter, pourquoi adopter telle méthode ou tel rituel, embrasser telle ou telle voie spirituelle ?

Le rejet de l’effort est également dû au sentiment de supériorité inavoué chez certains pratiquants spirituels qui se sentent spéciaux. Ils ont une mission sacrée ou perçoivent mieux les mécanismes et les illusions de l’existence que la grande majorité. S’ils dépassent le monde matériel, pourquoi devraient-ils se soumettre aux contraintes matérielles ? Regardez plutôt : c’est Dieu ou l’Univers qui satisfera tous les besoins de ces “Elus” et “Initiés”.

Si certains d'entre nous sombrons dans le cynisme, l'alcoolisme ou le suicide, c'est peut-être parce que nous n'avons pas appris à distinguer les rythmes et leurs phases, à battre le blanc tant qu'il n'y a pas de neige et à surmonter les obstacles surmontables. Il y a des efforts contre-productifs et il est bénéfique de les voir. Néanmoins, il semble arrogant de déterminer à l'avance ce que nous méritons de vivre et de recevoir sans donner de soi-même.

Au début et pendant longtemps, la volonté et l'effort sont hautement nécessaires pour contrer la résistance du moi à passer en mode cerveau droit, ses jugements, et sa soif de contrôle. Et plus le moi s'éclipse, moins l'effort est nécessaire, plus la volonté se réduit à de la prise de décision.

Et pourquoi s'arrêter devant les contraintes, lorsqu'on sait qu'elles nous rendent plus inventifs ?

Le développement de l'être, c'est comme la poterie. Si l'on appuye trop fort (volontarisme), la terre va s'écraser. Si l'on n'appuye pas assez (laisser-aller) et assez longtemps, la poterie ne va pas prendre forme ou aura une forme inadaptée.


Article joie et non-agir
L'article Même si je ne pense pas, je suis de Itsuo Tsuda (Zen et cerveau droit)

 

04/02/2009

La femme sauvage, de Clarissa Pinkola Estés


"Cette Femme Sauvage, c’est celle qui accueille nos envies, nos pulsions, notre beauté, et les exprime avec ardeur. La femme sauvage qui se cache au fond de nous veut se libérer de toutes les croyances et verrous culturels."

femmes_loups.gifVous êtes une femme (ou un homme) ? Vous n'avez pas peur de la psychologie des profondeurs ? Vous cherchez à vous libérez des carcans de la civilisation ? Vous cherchez à tirer vos ressources à la fois de l'âme et du corps, du coeur et de l'esprit ?
Il vous faut lire Femmes qui courent avec les loups si ce n'est déjà fait. Cet ouvrage est déjà pour beaucoup de femmes un guide précieux sur le chemin de l'âme.

Poète, conteuse et psychologue jungienne, Clarissa Pinkola Estés nous transmet à sa façon, des histoires sans âge de diverses origines. On y retrouve à chaque fois l'archétype qu'elle appelle « le Soi Sauvage ». Ce livre est dédié aux femmes sans doute car c'est chez elles que le « Soi Sauvage » a été le plus opprimé. Toutefois, il est tout autant enrichissant pour les hommes.

L'auteur n'hésite pas à prendre son indépendance vis-à-vis de Jung, à réhabiliter les cultures païennes, à fustiger la gentillesse, à faire l'éloge du voile (celui qui couvre la tête)... C'est un hymne au pouvoir de l'instinct qui nous indique lorsqu'on est en présence hostile ou amie, lorsqu'il faut s'adoucir ou crier. C'est un coup de griffe aux bons sentiments de qui veut être toujours gentil avec tout le monde, dans l'amour naïf de toute personne.

Le soi sauvage tombe à pic dans une époque où soit on méprise soit on adule les maîtres spirituels, les stars du showbiz ou autres personnalités politiques. Là où la naïveté prend le visage d'un idéalisme sacré. Plutôt que de penser placer les choses dans le camp des bons et des mauvais, il sent ce qui nourrit et ce qui détruit chez la même personne ou dans la même chose.

Femmes qui courent avec les loups
dresse une carte des nombreux pièges qui nous attendent sur la voie intérieure et les aides que nous pouvons trouver en nous (donc autour de nous). Il nous rappelle combien il est facile de tomber dans les mailles de l'ego ou des archétypes qui hantaient déjà nos ancêtres. Depuis ce livre, le terme sauvage n'a jamais été aussi valorisant.


Citation sur le "pas-beau" du livre


Film animé de La femme squelette, conte Inuit

24/01/2009

CNV : l'autre sait


En France, nous chérissons le savoir et la réflexion :

Pensée fait la grandeur de l’homme.
Blaise Pascal

Je pense donc je suis.
René Descartes

Nous sommes également égocentriques par la fréquence dont nous doublons le pronom à la première personne : “moi, je..."

Lorsque les deux attitudes se rencontrent, cela donne :

Moi, je sais.

Formule typiquement française et à la mode à la fois en Orient et en Occident. Non, content de savoir, il faut le montrer aux autres : on explique, on donne la réponse tandis que l’autre donne sa langue au chat. On fournit la solution plus vite que son ombre.

On devient un roseau sauveur.


La CNV va en sens inverse. Ce qui compte c’est l’empathie, et si nous pouvons contribuer à la valorisation et l’épanouissement de l’autre, il n’y a pas d’hésitation. Ainsi, nous sommes invités à être un miroir pour que l’autre puisse mieux se voir et voir la situation dans laquelle elle/il se trouve.

Ainsi, l’autre trouve la réponse par lui-même et en retire toute la joie que cela procure, et en fait, nous aussi.

Lire Cessez d’être gentil, soyez vrai !, de Thomas d’Ansembourg
Site de l’association CNV Europe

10/01/2009

pierre rabhi sur l'insécurité


La plus grande mutilation que l'on puisse faire à l'homme, c'est de le priver de toute insécurité.


dusaharaauxcevennes.jpgCitation, p.231 Du Sahara aux Cévennes

Né en 1938, Pierre Rabhi est un agriculteur, penseur et écrivain français d'origine algérienne. Croyant, d'abord mulsulman puis chrétien, il arrive à mener une réflexion en prenant du recule vis-à-vis des religions, des institutions et de la machine consumériste. Influencé par les principes de l'agriculture biodynamique initiée par Rudolf Steiner, il crée un mouvement altermondialiste, pour la décroissance et l'agriculture biologique. Sa pensée englobe le travail de la terre autant que les questions politiques et philosophiques qui sous-tendent l'organisation de la société.

Son autobiographie Du Sahara aux Cévennes est une perle littéraire et un magnifique voyage intérieur, de l'Afrique à l'Occident, empreint d'espoir et de poésie.

Voir son blog

 

07/12/2008

Le paradoxe de la condition humaine, Cyrulnik


Le paradoxe de la condition humaine, c'est qu'on ne peut devenir soi-même que sous l'influence des autres.

Citation, les Nourritures Affectives, Boris Cyrulnik.

 

Voir l'éloge de la peur.

04/11/2008

Jill Bolte Taylor en français

La conférence de la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor traduite en française. La vidéo a fait le tour du monde tandis que son livre du même titre My Stroke of Insight (Voyage au-delà de mon cerveau, Editions J.-C. Lattès) vient de paraître.

Ce que l’on peut déjà tirer de son récit c’est que la pensée pré-existe au langage (puisque sans pouvoir penser en mots ou en concept, Jill Bolte Taylor pouvait mener une réflexion), et d’autre part que le sentiment d’union avec l’univers n’est pas plus anormal, pathologique ou illusoire que le sentiment individualiste de notre “cerveau gauche”, caractéristique de notre monde moderne.

 


Néanmoins, faut-il en conclure qu’il suffit simplement de “passer à droite de l’hémisphère gauche”, afin d’atteindre une paix intérieure et une harmonie sociale durables ? Effectuer l'ablation de l'hémisphère gauche ? Le problème ne serait-il pas un manque de connexions plutôt que de performance ?


Si les propos du Dr. Jill Bolte Taylor ne sont pas dénués d'intérêt, des pratiquants du mysticisme ayant une approche holistique comme Ken Wilber affirme que le mysticisme dépasse à la fois la fusion universelle (du cerveau droit) et la différenciation (du cerveau gauche), qui ne sont plus antinomiques. L'état de fusion est celui du nouveau-né ou des psychotiques et revenir à cet état de fusion et d'innocence totale est une régression (agréable certe) et non une transcendance. Il semble par ailleurs très probable que le développement exclusif du cerveau droit ne permette pas de résoudre les pathologies du cerveau gauche : atrophie du moi, croyances figées, faible encrage dans le corps, la société et le concret... Bref, pas besoin de fuir le monde pour s'unir à l'univers.

Sans rejeter le développement du cerveau gauche, "musclons" le corps calleux pour utiliser les deux hémisphères dans la plus belle des coordinations (article sur le corps calleux). Utilisons notre corps, à travers la danse, le sport, la musique en coordination avec le mental, et cela dès l'enfance. La vie est à la fois manuelle et intellectuelle.

Visiter le site du cerveau droit

Lire l'article effort & non-agir en rapport avec le cerveau droit

21/10/2008

La vie intérieure d'une cellule

Voici une animation 3D didactique commentée en anglais conçue à l'université de Harvard (USA) :



Page officielle : http://multimedia.mcb.harvard.edu/anim_innerlife.html
(patienter un peu avant que la vidéo ne s'affiche)