Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/05/2009

Choisir un gourou pour maître

skippybn5.jpgJe me suis souvent posé la question : quel maître choisir ? Qu'est-ce qu'un maître ? Que dois-je exiger de lui ? Que dois-je abandonner de moi-même ?

Beaucoup d'entre nous, dans la quête de la sagesse ou dans la quête de la non-quête peu importe, nous sommes posés cette question à 100 milliards d'euros.

Certains en avance sur leur temps ont pris le chemin de la liberté, ni Dieu ni maître, un Dieu-zéro maître voire des Dieux-zéro maître quand même. Ils ont découvert qu'ils ont un potentiel immense à l'intérieur d'eux-mêmes, le Christ pour les uns, la Lumière Cosmique pour d'autres... Seuls, ils peuvent suivre leur non-chemin, le construire, le réinventer sans idolâtrer un Maha ou un Swami quelque chose.

Il est bon d'avoir un gourou. Un shifu, ou un sensei. Le guru est celui qui aide un individu à passer de l'obscurité gu ( par ext, l'ignorance) vers la lumière ru ( par ext, le savoir ) (source : wikipedia). La frontière entre grand respect et idéalisation est floue, je dois l'admettre. Pourtant, suivre un gourou ne signifie pas l'adorer.

Prenons le potier du village qui sait si bien accueillir ses invités. Il sait se tenir droit et respirer amplement, mais il ne va pas forcément nous le dire. Lorsqu'il transporte les sacs d'argiles, ses pieds sont stables, ses gestes économes. Il a tant à nous apprendre. Lorsqu'il tourne un pot, absorbé, il fait un avec la terre, le tour et l'air. Nous pouvons ainsi admirer la façon dont la technique et l'action l'amène à un état de transcendance où l'objet est sujet sans l'être vraiment. Un état où le mental est en veille.


Il est possible de considérer avec équanimité que tout est vain et sans importance. Ou sans équanimité, que seulement un maître, un dieu ou un dogme a de l'importance.
Et il est possible dans l'équanimité de considérer que tout est sacré. Ainsi à chaque rencontre, nous pouvons être considérablement nourris d'expériences et accéder à des prises de conscience inespérées. Nous pouvons prendre toute personne, dans un ou plusieurs domaines, à partir d'un certain niveau d'expertise ou de reliance (d'inspiration), ponctuellement ou durablement. Nul besoin de diviniser la personne : il s'agit d'être pleinement présent à elle et prêt à tout prendre de ce qu'elle peut donner. Pas question d'être tous moulés selon le modèle du gourou. A nous de remodeler, parfois régurgiter ce qui est intégré. Il n'est en aucun cas une excuse pour perdre son esprit critique.

Il est conseillé de contredire, de contraindre par la force ou de se disputer avec le gourou lorsque cela nous semble viscéralement nécessaire. Les désaccords et litiges ne sont pas interdits.
Sa raison d'être est la libération des individus de leurs propres chaînes, pas de les soumettre/infantiliser ou de les formater pour toujours.

Le formatage du corps est une phase très importante. Le disciple qui chemine sur la "voie du thé" (voir la cérémonie du thé) apprend des gestes très précis afin d'apprécier l'instant présent, de libérer l'esprit de l'agitation égotique - de la cogitation - et de l'unir au corps, à l'action et à la situation. Et c'est souvent dans la répétition de gestes parfois simples, parfois complexes, que l'ego lâche prise (ou alors se révolte et on abandonne), qu'un état de transe est éventuellement atteint. Si le disciple est formaté sur le plan des idées et croyances, c'est risqué. Il s'agit le plus souvent de dogme, or le rôle du gourou est bien de le libérer de son intellect - en premier lieu - et non de l'enfermer dans des structures mentales.
Au final, le disciple qui atteindra la maîtrise aura le choix d'utiliser ce formatage ou non. Il intègre et dépasse ce formatage : il ne le rejette pas et en même temps il peut aquérir d'autres "formats" et improviser.

Celui qui cherche la vérité absolue (le formatage de la pensée) ou qui fuit tout principe, tient l'approche intellectuelle de la vie comme une fin. Dans la spiritualité ésotérique, celle qui va dans l'introspection que dans le respect d'un dogme (voire article exotérisme, ésotérisme et synchrétisme), la manière dont nous pensons le monde et l'au-delà est un accessoire ponctuellement utile. L'essentiel est :
- ce que nous sentons (en soi-même, chez les autres),
- ce que nous sommes (notre état d'esprit, notre attitude vis-à-vis de nous-mêmes et d'autrui) et
- ce que nous faisons.

Choses pour lesquelles les croyances religieuses ou la réflexion abstractive philosophique/scientifique/politique/idéologique/théologique sont peu déterminantes au final. Il faudrait plutôt voir du côté des névroses (désirs et peurs profonds) et les souffrances qui motivent et alimentent ces points de vue et raisonnements. Nous savons combien la pensée encombre la spontanéité de l'être, et combien les actes contredisent la pensée et parfois même nos convictions profondes.

Le gourou aidant, témoigne par exemple du potentiel de son disciple, célèbre ses talents propres et le pousse à les développer. Il ne va pas gâcher sa vie en niant son existence, son individualité (≠ individualisme), sa créativité et ses excentricités - car soi-disant "l'objectif est l'annihilation de l'ego illusoire". L'ego est dépassé en l'accueillant, en lui donnant sa place. Ce gourou aide son disciple à écouter ses sensations et sentiments. Il l'amène à une connaissance de lui-même sans l'intellect.

Eventuellement, le gourou amène le disciple à l'autonomie et lui montre combien il peut trouver la sagesse chez toutes sortes d'experts, du plombier au prof de théâtre. Il ne porte pas le masque de la perfection incarnée - il ne se cache pas d'être arrogant ou lâche de temps à autre. Autrement dit, il connaît la limite de ses compétences.
La plus grande qualité que peut avoir un gourou, est de ne pas avoir peur de faire mal à son disciple, pour lui révéler ses erreurs et méprises lorsqu'il est prêt à les entendre et passer au "niveau suivant". La cerise sur le gâteau : il est capable en outres de conseiller un suivi psychothérapeutique/énergétique/en coaching/etc. selon les névroses et blocages détectés.

Un gourou défaillant abuse de son charme ou charisme pour manipuler autrui. Ses fidèles amplifient sa mégalomanie en l'adorant. Il refuse la remise en question car il est supérieur à la moyenne. Nous connaissons la plupart de ses inconvénients. Il peut être notre mère, époux, patronne, médecin...

Un gourou aidant peut devenir défaillant à force d'être apprécié : c'est précisément le moment pour le disciple de faire, à défaut de quelqu'un d'autre, le gourou du gourou ou de le quitter. En conséquence, il vaut mieux se méfier des gourous populaires ou ayant de très grandes capacités car l'inflation excessive de leur ego est presque inévitable.

Une personne digne d'avoir un gourou arrive dans une certaine mesure à l'aimer avec ses faiblesses pour recevoir ce qu'il y a de bénéfique dans sa relation avec lui.
Il ne tombe pas dans le perfectionnisme, même s'il accroît son niveau d'exigence. Cet amour ne l'empêche pas de refuser ses recommandations. Il choisit d'être docile tout en se questionnant périodiquement - il choisit quand il doit le contester avec respect. C'est l'assertivité. Il est surtout capable de reconnaître l'avancement d'autrui dans chaque domaine. C'est la porte sacré vers une profonde maturation et la reconnaissance envers ce qu'il lui est donné.

Ô maître, laisse moi t'adorer comme toute particule de l'univers !


Lire aussi :
- Idéalisme, maître et adoration

10/06/2007

Idéalisme, maîtres et adoration

Seigneur, pourquoi sont-ils si mauvais et pas moi ?

177c4d00e449280d0d33b107ad7e6335.jpgLes athées quelques peu familier à la psychanalyse n’hésitent pas à dire que les croyants cherchent le père ou la mère - différents ou idéalisés - en leurs prêtres, imams, lamas, gourous, en leur Dieu, prophètes ou esprits supérieurs. C.G. Jung aurait été d’accord, mais il aurait ajouté qu’il existe aussi chez chacun de nous, une image archétypale de Dieu ou du divin - de la grandeur. Nous projetons, selon Jung, cette image à l’extérieur, si l’on me permet d’être dualiste, sur des supports comme les religions et les personnes qui les représentent, quand ce n’est pas le psy. C’est acceptable pour commencer, mais cela devient rapidement une « impasse » pour de nombreuses brebis égarées.

Dans les monothéismes, on parle de l’adoration de Dieu, mais cette notion est peut-être erronée ou mal comprise. Cette fascination du divin, des maîtres tibétains ou des prédicateurs charismatiques est indéniablement le piège le plus fréquenté des marcheurs spirituels toutes traditions confondues.

Le manque de confiance en soi, d’amour vis-à-vis de soi-même, pour ne pas dire le mépris de soi-même, amène quasiment toujours à cette passion pour le charismatique guide spirituel - elle donne l’impression de prendre possession de ses qualités. Immense illusion qui fait dire qu’il ne s’agit pas d’égocentrisme mais de foi incommensurable.

L’idéalisme, tyrannie de l’esprit qui exige (immédiatement) que le monde soit exactement comme nous le souhaitons, selon nos humeurs (pour qui nous prenons-nous ?), amène souvent au cynisme ou à la mélancolie. Car bien sûr le monde est fait pour nous et nous est dû… Difficile de suivre l’art du contentement. Les individus qui ne veulent se résoudre à rester « blasés » optent pour la recherche de l’image idéale dans la multitude des phénomènes de la vie : l’adoration. La star system, la philosophie, la culture, l’esthétisme, la religion. Mais que font-ils sinon fuir leur déception ? Leur dégoût du reste ?

A mon grand étonnement, un ami me suggère que « l’acception du monde tel qu’il est » revient aussi à un idéal. Je lui réponds que l’idéalisme consiste en le désir de changer le monde, alors que l’acceptation correspond à l’accueillir sans vouloir le changer.

Le problème que pose la trop grande adoration d’un Dieu, du Soleil ou d’un maître est que l’on finit par s’oublier soi-même et les autres. S’oublier soi-même, c’est négliger ses problèmes internes, ne pas prendre en compte ses véritables besoins, et c’est ignorer l’introspection. Oublier les autres, son voisin de palier, les gens dans la rue, les victimes de leur propre cupidité, des guerres, des maladies, de la vieillesse et de la mort, c’est l’indifférence ou la négligence bête et méchante. Et grave. Et un mépris sous-jacent qui se développe en coulisse. Une fois encore, le jugement de valeur entre en jeu. Le jugement de valeur est ce avec quoi nous faisons des pyramides imaginaires où l’on place au sommet Dieu le merveilleux et les joyeux religieux. Et tout en bas, tout en bas, les malheureux et idiots « gens lambda », indignes de figurer en première page de Paris Match ou de VSD magasine.

Comment pouvons-nous sincèrement laisser place à l’amour authentique, à l’équanimité avec pareille vision ?
Cela me semble perdue d’avance…

Ne faut-il pas plutôt chercher le sacré en chaque chose ? Le concierge de l'immeuble, les pigeons urbains, les sacs plastiques jetés par terre, les usines de recyclage...

Voir également :
- idéalisme, maîtres et adoration
- bouddhisme : culture, politique ou spiritualité

01/05/2007

Amour, compassion, couple et célibat

Fini les fleurs bleues, les saxos et les violons


s'Aimer soi-même

medium_vajrasattva1.jpg En se dépouillant d'une morale répressive, de son juge intérieur tout-puissant, il devient possible de s'aimer véritablement : de s'accepter tel que l'on est et se chérir. C'est de reconnaître son existence et le droit d'être. C'est se donner du respect, l'espace et le temps nécessaire à son épanouissement. On n'abandonne toute notion de gain et de perte, de victoire-échec. Du moins, on essaye de relativiser tout cela. On apprend à perdre, on s'accoutume à l'échec. On s'autorise à faire des erreurs, à souffrir et à faire souffrir. Personne n'exige de nous d'être parfait, ou n'a pas la légitimité de le faire.

Je suis moche, idiot, pauvre, arrogant, méchant, paresseux. Et ce n'est pas grave. L'amour sans limite ne fait pas de tri, il embrasse tout.
Dans une vision dualiste il s'agirait d'intégrer le mal, l'ombre qui est en nous. Dans un langage alchimique, c'est l'union des contraires, du négatif et du positif, de la lumière et de l'ombre. On n'est plus dans une échelle de valeur qui implique la compétition et la fascination : élever et acclamer ce qui est bon et mépriser ce qui est mauvais. On parle alors d'équanimité où l'amour n'est plus l'attachement à des qualités particulières mais l'accueil de toute chose telle qu'est se manifeste. C'est ainsi que se forme le chemin vers la non-dualité.


Aimer les autres

Comme nous l'avons vu dans "l'évitement de sa propre souffrance", la générosité et l'altruisme peuvent être une fuite de soi-même, de ses besoins et responsabilités, et de la réalité. Quelques rares personnes sont naturellement dotées d'un amour authentique qui ne reposent pas sur des pulsions narcissiques ou l'attente de récompenses, mais ce n'est pas le cas du grand nombre. Il semble néanmoins que plus nous arrivons à faire preuve d'empathie, à concevoir la multitude des êtres comme un tout où les barrières sont virtuelles, voire de vraiment ressentir ce que vit autrui à l'instar de certains mystiques, l'amour se déploie avec moins de difficulté (voir "Songe égocentrique et union cosmique". Ce qui demande de l'effort c'est le chemin pour atteindre cette compréhension et ce ressenti.

L'amour n'implique pas forcément de passer son temps à aider les autres ou d'être bénévole dans l'humanitaire. C'est d'abord ne pas juger et considérer autrui comme son égal. Il intervient dans le quotidien, dans les petits gestes et les petites rencontres. Cet amour-là est lucide, intelligent, pragmatique, ancré dans la réalité. Il est romantique et cynique à la fois ou plutôt au-delà des deux. Il n'est pas fasciné ou aveuglé. Il n'idéalise pas. L'idéalisme est toujours déçu. Il est relié aux situations concrètes qui produisent souffrance et joie. Il ne déforme pas les faits en mièvrerie qui n'a d'autre nom que la duperie. Il embrasse tous les êtres mais ne dit pas oui à tout : à l'agression, à l'arrogance, à la tromperie... Comme disent de nombreux maîtres de méditation, "dites 'oui' dans votre coeur, et 'non' avec votre bouche". Une mère aimante ne permet pas tout à son enfant, ce n'est pas une question de morale mais d'évidence liée à la réalité de la souffrance. (Cela ne signifie pas qu'une mère aimante à toujours raison) La compassion est donc forcément liée à la sagesse. Un fait est que l'on peut être tout amour sans être gentil. On peut être gentil en étant mesquin. Ne pas tomber dans le piège de la gentillesse et des bons sentiments.


Amour en couple

Il faut bien discerner l'amour sans attente ni discrimination et l'attachement du type "je t'aime, tu m'aimes". L'amour intéressé qui sous-tend la plupart des couples et mêmes des amitiés reposent sur un échanges de bons procédés, est en premier lieu - pour caricaturer - un consensus d'intérêts mutuels et communs. C'est ainsi que l'on trouve souvent des individus désabusés qui cessent de croire en toute pertinence de l'amour des amoureux, et des croyants, religieux et mystiques qui choisissent le célibat et la chasteté.
Pourtant, la vie de couple permet de se confronter d'avantage à l'autre du fait de l'intimité de la relation. Elle oblige également à accepter d'avantage les défauts d'autrui si l'on ne choisit pas le conflit ou le non-dit. L'alter ego jouant le rôle de miroir, il permet la remise en question de soi-même. Pour les personnes qui se jugent trop, qui ne s'aiment pas, l'affection et l'accueil de leurs partenaires peuvent amener l'acceptation de l'autre et la confiance en soi. Nous n'avons plus cette conception du mariage, mais autrefois, l'anneau symbolisait l'union et l'engagement du couple à cheminer vers la réalisation de soi, ce qui impliquait de dépasser les moments difficiles et les disputes. Le but alors n'était pas simplement d'officialiser une affection réciproque mais aussi et surtout une entraide sur le chemin spirituel.  Il faut alors accueillir le bon et le mauvais : "pour le meilleur et pour le pire".
N'est-ce pas aussi une manière d'apprivoiser le masculin extérieur (pour une femme) et de fructifier le masculin intérieur, le féminin extérieur et intérieur (pour un homme) ? La plupart d'entre nous ont peur de l'autre versant de la montagne et prennent partie pour la virilité, la féminité, la gauche, la droite, l'altruisme, l'égoisme. Parfois nous n'assumons pas notre virilité ou notre féminité, etc. L'union des contraires amènent à la complétude. Toutefois, les personnes prêtent à se remettre en question,  à s'aventurer sur l'autre versant de la montagne, ne sont pas toujours faciles à trouver.

Passer de l'amour égoïste à l'amour sans limite n'est pas sans peine ni sans effort, mais c'est le seul chemin envisageable pour la plupart d'entre nous.


Amour célibataire


Le célibat et la vie monastique ont leurs atouts dans une perspective spirituelle : ils permettent de plus se confronter à soi-même, à ses angoisses et désirs plutôt que de fuir dans la distraction et les plaisirs mondains et charnels, donc de prendre plus de temps pour l'introspection. Une vie recluse permet de consacrer beaucoup plus de temps à la méditation, aux études diverses (sur soi-même, l'univers...). La vie dans les monastères, collective, implique beaucoup la relation à l'autre et non l'isolement. De plus, le célibat permet de se consacrer à oeuvrer plus pour le bien d'autrui en général, au lieu de favoriser une seule personne. Pour les ascètes qui ne vivent même pas en groupe, il leur est demandé de temps en temps de se rendre en ville pour se confronter aux autres afin d'éprouver leurs éventuels progrès et réalisations spirituelles. C'est le cas des traditions intelligentes dont les maîtres ne se voilent pas la face. On ne se retire pas dans les grottes pour y rester rempli de mépris et de pitié. Si les traditions spirituelles ont toujours conservé autant la voie monacale que séculière, c'est bien que chaque voie a ses avantages et inconvénients. Selon les époques, l'une ou l'autre est privilégiée mais chacun y trouve son compte.


Amour

L'amour authentique n'implique pas que la beauté et la justice. Il n'est jamais aveuglé par les apparences. Il ne rejette au fond ni la laideur, ni la souffrance, ni le mal. Cependant, il n'empêche pas de distinguer ce qui cause la souffrance de ce qui cause le bonheur, et en cela de faire des choix réfléchis : l'amour véritable ne s'oppose pas à la raison.

Voir également l'article "Autorise-toi à (t')aimer" du site soupir.org