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21/10/2008

La vie intérieure d'une cellule

Voici une animation 3D didactique commentée en anglais conçue à l'université de Harvard (USA) :



Page officielle : http://multimedia.mcb.harvard.edu/anim_innerlife.html
(patienter un peu avant que la vidéo ne s'affiche)

13/03/2008

L'évolution sans le dogme du darwinisme


Portrait_D_Duboule.jpgDenis Duboule, né le 17 février 1955, docteur ès sciences (1984), après avoir dirigé un groupe de recherche au Laboratoire de génétique moléculaire des eucaryotes (1986-1988), puis à l'EMBO (1988-1993), est Professeur de biologie à l'université de Genève et y dirige le Département de zoologie et biologie animale. Membre de l'académie des sciences depuis 2005.

Les recherches de Denis Duboule se situent dans le domaine de la biologie du développement en interface avec la génétique humaine et les sciences de l'évolution. Il est de ceux qui brise petit à petit le dogme de la sélection naturelle toute-puissante et le culte voué à Charles Darwin, en restant étranger au créationnisme ou à l'Intelligent Design.

Fervent admirateur du célèbre paléonthologiste Stephen Jay Gould (pour qui évolution rhyme avec diversification, et non progression : les bactéries sont toujours les dominants), Denis Duboule apporte une grande contribution à la théorie de l'évolution en apportant un ferme soutien à la théorie des équilibres ponctués, et un important développement de la macro-évolution, avec son concept d'internalisme (équilibre génétique, théorie de la variation contrainte) reposant entre autres sur la multi-fonctionnalité des gènes (pléiotropie). Si un gène ou une séquence de quelques gènes intervient dans la constitution de parties aussi différentes que les doigts, les intestins et le système nerveux, il est bien évident que des transformations évolutives de grande ampleur doivent survenir en cas de suppression ou de mutation de ce ou ces gènes. Etant donné que pour les êtres vivants complexes (opposés aux virus et bactéries microscopiques) la plupart des gènes sont multi-fonctionnels - donc interdépendants, la possibilité des évolutions graduelles est réduite. L'autre grand coup porté au darwinisme radical est le fait qu'une grande fréquence de mutations (chez les mouches, contre l'être humain par exemple) n'implique pas nécessairement une évolution plus marquée.

Voir la conférence La génétique moléculaire de l'évolution ; une science du XXIe siècle ? (1h36)


Prix et distinctions

Membre de l'European Molecular Biology Organisation (EMBO) (1993)
Prix National de la Fondation Latsis (Suisse, 1994)
Prix Cloetta de Médecine (1997)
Membre de l'Academia Europaea (1997)
Prix Louis Jeantet de médecine (1998)
Membre de la Royal Netherland Academy of Arts and Science (2000)
Prix de la Fondation Marcel Benoist (Suisse, 2003)
Prix Charles Léopold Mayer de l'Académie des sciences (2004)
Membre de l’Académie suisse des sciences médicales (2005)
Chevalier de l’Ordre National du Mérite (2005)

12/03/2008

Les évolutions non-darwiniennes


A la fin de l'article Mécanismes de l’évolution, Jean Staune nous demande de retenir ceci :

1) Que critiquer le darwinisme est radicalement différent du fait de critiquer l’évolution. La première démarche se situant à l’intérieur de la science, la deuxième, à l’extérieur de cette dernière.
2) Qu’il existe de nombreux scientifiques offrant des voies de recherche alternatives au darwinisme.
3) Que parmi celles-ci, la plus prometteuse que l’on retrouve sous des formes différentes chez Conway-Morris, Denton, Fleury, Grassé, est celle d’une évolution par « lois naturelles » dans laquelle les formes possibles des êtres vivants existent en nombre limité et sont inscrites dans les lois de la nature.
4) Qu’une telle théorie de l’évolution, en laissant moins de place à la contingence que le darwinisme, implique que l’existence d’êtres tels que nous n’est pas due au seul hasard, ce qui paraît plus compatible avec la foi chrétienne.
5) Que l’Intelligent Design, dans sa partie évolutionniste (la seule que l’on puisse considérer) ne représente qu’une tendance ultra minoritaire (sur le plan scientifique bien entendu) et extrémiste de la biologie évolutionniste non darwinienne.
6) Que si le Magistère de l’Eglise soutient fermement l’évolution, il n’a jamais soutenu explicitement le darwinisme.
7) La question de savoir dans quelle mesure le darwinisme est compatible avec la foi chrétienne est un débat intéressant… sur lequel, à ma connaissance, il n’existe pas de position tranchée du Magistère.

Résumé :
Cette contribution au prochain colloque du réseau Blaise Pascal a pour objectif de clarifier les débats relatifs à l’évolution et au darwinisme en :

1) Définissant les termes du débat ;
2) Présentant certaines raisons scientifiques de ne pas considérer le darwinisme comme une explication globale de l’évolution ;
3) Présentant des approches alternatives au darwinisme ;
4) Décrivant la nature du mouvement de l’Intelligent Design ;
5) Analysant la position du magistère de l’Eglise sur le sujet.

Nous conclurons sur quelques propos d’ordre théologique à propos des rapports possibles entre darwinisme et foi chrétienne, et d’ordre scientifique, sur les concepts pouvant servir à ébaucher une nouvelle théorie de l’évolution.

1) Définitions des termes du débat

Combien de fois voyons-nous, surtout dans des ouvrages américains, une référence à « l’Évolution darwinienne » ? Il y a là une source sans fin de malentendus dont profitent tous les obscurantistes – qu’ils soient créationnistes ou scientistes.

L’évolution ne signifie rien d’autre (souligné par moi, J.S) que « tous les organismes sont unis par les liens de la descendance. Cette définition ne dit rien au sujet du mécanisme de changement évolutif ». Ces propos de Stephen Jay Gould , grand spécialiste à la fois de l’évolution et du darwinisme, ont le mérite de la clarté. Nous affirmerons ici avec force que l’évolution est un fait et que le darwinisme est l’une des explications possibles de ce fait. Nous ne perdrons pas de temps à démontrer que tous les êtres vivants ont un ancêtre commun et que si l’on remonte la longue suite de nos ancêtres, on trouvera bien un singe, puis un poisson, puis un invertébré et enfin une bactérie. D’où l’absurdité de la seule alternative à l’évolutionnisme, le créationnisme, c’est-à-dire l’idée selon laquelle il y aurait eu des créations séparées des différentes espèces qui peuplent la Terre. Nous dirons également que, contrairement à ce qu’affirment certains (ce qui leur permet d’être « agnostiques » par rapport à l’évolution, c’est-à-dire de réserver leur jugement à propos de son existence), ce n’est pas parce qu’on ne peut expliquer un fait qu’il n’existe pas. Dire, comme Philip Johnson (professeur de droit à Berkeley et l’un des fondateurs du mouvement de l’Intelligent Design qu’il est possible de ne pas considérer l’évolution comme un fait parce qu’on n’a pas d’explication satisfaisante de son mécanisme est aussi absurde qu’aurait été la position consistant à ne pas considérer comme un fait la rotation de la Terre autour du Soleil jusqu’à la mise au point par Einstein de la relativité générale, sous prétexte que la théorie de Newton ne nous disait pas pourquoi la Terre tournait autour du Soleil mais se contentait de postuler l’existence d’une mystérieuse force d’attraction à distance.

Bien entendu, tous les scientifiques chrétiens (même les plus darwiniens) croient en un créateur. Pour éviter les confusions, le terme de créationniste doit donc désigner ceux qui refusent l’idée que nous partageons un ancêtre commun avec les autres êtres vivants. Les néo-créationnistes sont ceux qui, comme Philip Johnson, refusent de prendre position sur la question.

Les darwiniens sont ceux qui affirment que les mutations dues au hasard et la sélection naturelle sont les principaux facteurs de l’évolution.

Les évolutionnistes non darwiniens sont tous ceux qui affirment que d’autres facteurs que les facteurs darwiniens jouent le premier rôle dans l’évolution. On peut les diviser en cinq écoles :
- Les tenants de l’auto-organisation.
- Les défenseurs d’une « évolution par lois naturelles » et non d’une « évolution par sélection naturelle ».
- Les néo-theilhardiens, pour lesquels l’évolution obéit à une logique interne la poussant vers une complexité croissante.
- Les néo-lamarckiens, pour lesquels certaines mutations ne se font pas au hasard mais en réponse à des changements de l’environnement.
- Les défenseurs d’une évolution non graduelle se produisant grâce à des macromutations coordonnées par le biais d’un apport d’information (dont ils postulent, en général, qu’il se produit à un niveau quantique).

 

Bien entendu, les membres de toutes ces écoles sont évolutionnistes. On ne peut en traiter aucun de néo-créationniste sans tomber dans une grave malhonnêteté intellectuelle. Pourrait-on imaginer de traiter un homme s’étant battu toute sa vie pour la reconnaissance de l’évolution tel que Pierre Teilhard de Chardin de néo-créationniste sous prétexte qu’il croyait que l’évolution était dirigée vers une complexité sans cesse croissante et non livrée aux seules lois du hasard et de la sélection naturelle ?


Lire l'intégralité de l'article.
Voir la conférence (realplayer est requis) de Denis Duboule, membre de l'académie des sciences, sur l'internalisme, alternative au darwinisme.

22/11/2007

Les théories Darwiniennes de la diffusion des idées

Voici une vidéo (durée : 1h23, télécharger pour Realplayer) du site prolifique Canal-U (U comme universitaire) qui offrent de nombreux documents pédagogiques gratuits en ligne (conférences, reportages) dans divers domaines des sciences fondamentales aux sciences humaines en passant par l'art et l'histoire.

Depuis une trentaine d'années, les explications néo-darwiniennes de la diffusion des idées, des sentiments et des pratiques dans les sociétés humaines – autrement dit, de la culture, au sens large – se multiplient et connaissent un succès croissant. Aux yeux des théoriciens qui proposent de telles explications, les principes fondamentaux du néo-darwinisme ont vocation à s'étendre bien au-delà de la biologie : ils constitueraient les clés épistémologiques des sciences humaines et sociales. Toutefois, derrière cette référence affichée à un même paradigme biologique, ces théories de la culture présentent d'assez vifs contrastes, fréquemment brouillés au regard par les polémiques qu'elles ont soulevées. Outre les vues réductionnistes souvent fort sommaires proposées depuis les années 70 sous l'étiquette « sociobiologie humaine », que l'on n'évoquera pas ou peu ici, deux grands modèles peuvent être dégagés. Le premier, inspiré par les sciences cognitives, explique les phénomènes culturels en les ramenant, plus ou moins directement selon les cas, à des dispositions innées inscrites dans le cerveau et commandées par des gènes (S. Pinker, J. Tooby et L. Cosmides, ou D. Sperber). Le second, dont la version la plus célèbre est la théorie des « mèmes » de l'éthologue R. Dawkins, propose de rendre raison de la diffusion des idées et des pratiques dans les groupes sociaux en s'appuyant sur une analogie avec le mode de diffusion des gènes : les phénomènes culturels seraient le siège d'une évolution semblable dans ses principes à celle des gènes, mais totalement indépendante vis-à-vis d'eux. La conférence sera consacrée à la présentation et à la discussion générales de ces deux grands modèles explicatifs. Une attention toute particulière sera accordée au second, qui reste sans doute encore relativement méconnu en France.