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20/03/2009

Joie et non-agir

19780.jpgAujourd’hui avec le rejet de l’effort, la philosophie à la mode est le “ne le fait pas si tu ne t’éclates pas”. Le principe existe notamment en CNV et se dit en anglais : “don’t do it if it’s not fun”.

Si nous cheminons jusqu’au fond de nous-mêmes, que nous nous relions à nos aspirations, nos affinités naturelles, ce principe a du sens et contribue à notre vie.

Si je m’engage dans un projet et que je bute contre un obstacle intérieur (angoisse, tristesse...) ou extérieur, il suffit peut-être d’attendre ou de changer de route. Malheureusement parfois il n’y a ni le temps, ni le choix (selon mon niveau de conscience). Parfois la solution n’est pas ailleurs et ne viendra pas non plus avec le temps.

En outres, notre intellect construit arbitrairement ses propres lois parfois très solidement. Il décide ce qui est plaisant ou non, juste ou non, et oriente parallèlement à nos instincts si nous devons nous réjouir ou non. Dans les civilisations du “cerveau gauche”, pour la plupart le moi se cramponne et persiste à rendre la vie trop dure, pas assez fun. Les personnes “torturées” veulent des conflits écartelants, des passions ardentes.

Le principe qui consiste à ne faire que les choses qui nous plaisent se révélera contre-productif dans beaucoup de cas, d’autant plus si nous intensifions notre aversion pour le désagréable.

Si nous mettons de côté le “moi”, peut-être que ce qui paraissait intolérable ou impossible peut devenir plus qu'acceptable. Alors si nous nous retrouvons dans une “impasse”, si nous préférons ne rien faire, nous pourrions nous demander si ce ne serait pas notre cher “cerveau gauche” qui joue au perfectionniste. Si le moi se cramponne, nous pouvons diminuer la réflexion au profit de l’attention aux sens, à la respiration, au corps : la “pleine conscience”.

Il est important de faire ce qui nous exalte. Parallèlement, il y a énormément d'activités qui nous embêtent ou que l’on redoute, et qui deviennent joyeuses et essentielles à mesure que le moi s’efface. Il laisse place alors à une cascade créative, une danse sensorielle : la danse du non-agir.

Ressentir donc je ne suis pas. Même les pensées se passe de moi.


Article effort et non-agir

21/02/2009

les inséparables hémisphères du cerveau


Sans le "cerveau droit", on ne peut réellement s'unir aux autres, transcender la vision conceptuelle du monde, agir avec le coeur plutôt qu'avec l'ego et ainsi persévérer sur le long terme sans tomber dans la folie. Lire également l'article l'hémisphère silencieux.

Sans le "cerveau gauche", on ne peut analyser des situations complexes pour trouver des solutions, prendre sa place dans la société en tant qu'individu unique/original, adapter ses actions et son langage pour entrer en relation avec les autres de manière adapté. Et surtout, on est incapable de dire non à tout ce qui est contre-nature ou néfaste : manipulation, marketing, lavage de cerveau, idéologies tyranniques, agressions, perversion (viol, pédophilie, torture...), pollution, etc. En d'autres termes, on est naïf.

Peut-être le plus grand talent du cerveau gauche est sa fonction de démarrer, arrêter ou altérer une action, une relation ou un apprentissage, grâce à sa capacité d'analyse et à prendre du recul.


Enfin, toujours sur le site cerveau droit on peut lire :

La conscience du "je" est une élaboration très sophistiquée de l'hémisphère gauche, tandis que le plus haut degré d'identité de l'hémisphère droit semble être l'appartenance au groupe. C'est ce type d'identité collective qui est mis en oeuvre dans des opérations de manipulation de masse, comme le nazisme, comme ce qui se passe dans certaines sectes, partis politiques, groupuscules terroristes ou intégrismes religieux. L'identité de groupe est poussée à son paroxysme, par toute sortes de rituels et de symboles auxquels l'hémisphère droit est très sensible, jusqu'à libérer une violence collective terrifiante tout en court-circuitant la conscience individuelle et les tabous très puissants que gère l'hémisphère gauche. Même en l'absence de manipulation extérieure manifeste, le cerveau gauche semble être très souvent renseigné de façon très tardive et indirecte sur la relation au monde de l'hémisphère droit et du système limbique. C'est cette relation spécifique et directe ainsi que l'ensemble des signes et des réponses qui l'accompagne qu'analyse et traite la Programmation Neuro Linguistique appelée P.N.L..


Les deux hémisphères sont indispensables pour le déploiement de l'être. Ce schéma est une caricature scientifique, mais l'idée sous-jacente n'est pas négligeable.


Article effort et non-agir en rapport avec le cerveau droit

10/02/2009

L'effort & le non-agir


Le non-agir, c'est agir de tout son coeur tant qu'il le faudra, après avoir renoncé à l'empressement de sa tête.


poterie.jpgUne croyance courante chez les adeptes de la Providence, du karma ou du non-agir, c'est l'idée que les efforts sont inutiles, la volonté dépassée - il y a juste à laisser les choses venir.

« Ce qui doit arriver arrivera ».
« Cela arrivera lorsque le karma sera mûr ». etc.


Le non-agir n'est certainement pas synonyme de "rien faire" ni de "laisser faire".

Clarissa Pinkola Estès dit dans Femmes qui courent avec les loups :
« L'initiation, c'est le processus par lequel nous abandonnons notre inclination naturelle à l'inconscience pour décider que même si cela nécessite des souffrances, des efforts, de l'endurance, nous poursuivrons l'union consciente avec l'esprit profond, le soi sauvage. »


Bien sûr, il est salutaire de reconnaître ses limites,
de s'abstenir lorsque le danger est trop important,
de se reposer lorsque le corps est fatigué,
de ne rien faire tandis que les choses mûrissent dans la psyché ou le monde extérieur.

Le moi du cerveau gauche veut tout contrôler et déteste la répétition, l'absence de sens intelligible et l'inconfort. Comme l'explique un article sur le Zen et le cerveau droit, le non-agir ne consiste pas à se retirer pour pratiquer l'ascèse ou à n'agir que lorsque la situation est fluide et confortable, mais à faire les choses sans que le moi ne conceptualise l'expérience vécue. Peindre un tableau, fabriquer un meuble ou aller voir un psy régulièrement sur du long terme sont autant d'occasions de non-agir très activement...! Cela nous confronte à nos peurs et s'engager dans de telles "non-actions" demandent du courage et de la persévérance : parce que le moi ne nous laisse pas facilement passer en mode cerveau droit où l'effort est superflux.

Il y a quelque chose de pervers aujourd'hui dans la confusion entre le "présent éternel" et le résultat immédiat. Entre le principe spirituel d'être ici et maintenant et la vision à court terme de notre société consumériste. La vision à court-terme pour le petit peuple bien sûr, pas pour l'élite qui fait pendouiller la carotte.

Notre tolérance à la frustration - et à la souffrance - est annihilée. Nous faisons passer cela pour de la bonté envers soi-même ou du non-agir : du non-effort. Nous ne distinguons plus la paresse du respect de soi. Nous nous laissons nous infantiliser par le confort moderne : nous voulons des résultats immédiats façon haut-débit dégroupage total. Des forfaits pas cher sans engagement. A force de vouloir aller vite nous ne savons plus attendre. Quoi de plus astucieux que de faire passer cette impatience pour du non-agir ?

Etre ici et maintenant signifie ne pas réfléchir. Ça signifie agir à l'endroit approprié ni trop tôt, ni trop tard : de ne pas être déjà l'année prochaine, dans l'atemporalité (dans l'ailleurs...), de ne pas brûler les étapes de chaque processus de la vie que l'on va recroiser maintes fois et qui s'inscrivent dans un temps chronologique ET cyclique.

Etre ici et maintenant, c'est accepter par moment que même si l'on a déjà fait beaucoup d'efforts, il faut les maintenir encore et encore. C'est d'ailleurs sur la durée que l'esprit et le corps peuvent vraiment intégrer les nouvelles informations et expériences. Comment peut-on digérer quoi que ce soit si l'on ne persiste pas dans l'action ? Si l'on n'a que de brèves expériences ? Il arrive également que ce ne soit pas à la tête mais au corps d'apprendre quelque chose, et d'avoir l'impression de ne pas avoir changé alors que c'est le contraire. Ce n'est pas parce qu'on fait des efforts et qu'on n'a aucun résultat que les efforts sont vain : il est peut-être trop tôt tout simplement.

Le déclic ne vient pas immédiatement, mais avec le cerveau droit l' "éternel retour" devient naturel, voire agréable. Il suffit sans doute d'entrer dans une transe du faire, où l'action a lieu sans que le moi soit là pour agir. L'ADN ne s'est jamais lassé de se répliquer depuis des milliards d'années.

Etre ici et maintenant, c'est embrasser à la fois le présent éternel et le temps linéaire. C'est comme s'il y avait un rythme - qui peut évoluer - dans chaque situation, dans chaque être. Les quatre saisons, les cycles biologiques, les rythmes et changements de rythme d'un joueur de tennis. Nous pouvons à la fois nous synchroniser avec chaque rythme et modifier le tempo au moment opportun.

Plus nous arrivons à ressentir les rythmes et à nous laisser bercer (cerveau droit), plus nous sommes à même de patienter, de maintenir un effort à long terme.
Plus nous arrivons à appréhender les différentes phases des cycles (cerveau gauche), plus nous sommes à même d'agir au moment adéquat.

Hélas ! Souvent le moi viendra nous alarmer : "ça fait trop mal, c'est trop risqué, c'est trop ennuyeux, c'est trop long ! c'est totalement inutile !" pour que l'on renonce aux tâches les plus transformatrices. Plus nous aurons une volonté bien enracinée (du soi ou du moi peu importe) plus nous aurons la capacité de franchir les barrières du moi et laisser place à la non-action.

Plus l'ego se retire, plus il est possible de faire des efforts.


Beaucoup me répondraient que tout ce qui nous arrive arrive pour le mieux, pour apprendre quelque chose, lorsque nous sommes prêt. Pourquoi refuser que nous faisons des erreurs ? Que parfois les choses se finissent mal ? Massacre, catastrophe naturel... Mal au regard de nos aspirations les plus profondes. Si tout est bon à prendre et que l'on ne veut rien éviter, pourquoi adopter telle méthode ou tel rituel, embrasser telle ou telle voie spirituelle ?

Le rejet de l’effort est également dû au sentiment de supériorité inavoué chez certains pratiquants spirituels qui se sentent spéciaux. Ils ont une mission sacrée ou perçoivent mieux les mécanismes et les illusions de l’existence que la grande majorité. S’ils dépassent le monde matériel, pourquoi devraient-ils se soumettre aux contraintes matérielles ? Regardez plutôt : c’est Dieu ou l’Univers qui satisfera tous les besoins de ces “Elus” et “Initiés”.

Si certains d'entre nous sombrons dans le cynisme, l'alcoolisme ou le suicide, c'est peut-être parce que nous n'avons pas appris à distinguer les rythmes et leurs phases, à battre le blanc tant qu'il n'y a pas de neige et à surmonter les obstacles surmontables. Il y a des efforts contre-productifs et il est bénéfique de les voir. Néanmoins, il semble arrogant de déterminer à l'avance ce que nous méritons de vivre et de recevoir sans donner de soi-même.

Au début et pendant longtemps, la volonté et l'effort sont hautement nécessaires pour contrer la résistance du moi à passer en mode cerveau droit, ses jugements, et sa soif de contrôle. Et plus le moi s'éclipse, moins l'effort est nécessaire, plus la volonté se réduit à de la prise de décision.

Et pourquoi s'arrêter devant les contraintes, lorsqu'on sait qu'elles nous rendent plus inventifs ?

Le développement de l'être, c'est comme la poterie. Si l'on appuye trop fort (volontarisme), la terre va s'écraser. Si l'on n'appuye pas assez (laisser-aller) et assez longtemps, la poterie ne va pas prendre forme ou aura une forme inadaptée.


Article joie et non-agir
L'article Même si je ne pense pas, je suis de Itsuo Tsuda (Zen et cerveau droit)

 

04/11/2008

Jill Bolte Taylor en français

La conférence de la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor traduite en française. La vidéo a fait le tour du monde tandis que son livre du même titre My Stroke of Insight (Voyage au-delà de mon cerveau, Editions J.-C. Lattès) vient de paraître.

Ce que l’on peut déjà tirer de son récit c’est que la pensée pré-existe au langage (puisque sans pouvoir penser en mots ou en concept, Jill Bolte Taylor pouvait mener une réflexion), et d’autre part que le sentiment d’union avec l’univers n’est pas plus anormal, pathologique ou illusoire que le sentiment individualiste de notre “cerveau gauche”, caractéristique de notre monde moderne.

 


Néanmoins, faut-il en conclure qu’il suffit simplement de “passer à droite de l’hémisphère gauche”, afin d’atteindre une paix intérieure et une harmonie sociale durables ? Effectuer l'ablation de l'hémisphère gauche ? Le problème ne serait-il pas un manque de connexions plutôt que de performance ?


Si les propos du Dr. Jill Bolte Taylor ne sont pas dénués d'intérêt, des pratiquants du mysticisme ayant une approche holistique comme Ken Wilber affirme que le mysticisme dépasse à la fois la fusion universelle (du cerveau droit) et la différenciation (du cerveau gauche), qui ne sont plus antinomiques. L'état de fusion est celui du nouveau-né ou des psychotiques et revenir à cet état de fusion et d'innocence totale est une régression (agréable certe) et non une transcendance. Il semble par ailleurs très probable que le développement exclusif du cerveau droit ne permette pas de résoudre les pathologies du cerveau gauche : atrophie du moi, croyances figées, faible encrage dans le corps, la société et le concret... Bref, pas besoin de fuir le monde pour s'unir à l'univers.

Sans rejeter le développement du cerveau gauche, "musclons" le corps calleux pour utiliser les deux hémisphères dans la plus belle des coordinations (article sur le corps calleux). Utilisons notre corps, à travers la danse, le sport, la musique en coordination avec le mental, et cela dès l'enfance. La vie est à la fois manuelle et intellectuelle.

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