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04/03/2009

La pensée latérale et les pièges de l’intelligence selon Edward de Bono


Réfléchir est la technique opératoire avec laquelle l’intelligence exploite l’expérience.


Expert de la créativité, docteur en médecine et philosophie, Edward de Bono a enseigné à Harvard et conseille des dirigeants d’entreprises et responsables politiques. Auteur de plusieurs best-sellers mondiaux, il explique dans Réfléchir vite et bien les processus fondamentaux de la réflexion quelque soit le domaine d’application. Les maîtriser, c’est acquérir le “savoir-réfléchir”. Pour lui, la réflexion se distingue de l’analyse, de l’argumentation ou de l’intelligence (définie ici comme la rapidité de traitement de l’information). La réflexion dépend d’abord de la perception que l’on a des choses, et des mécanismes mentaux utilisés. D’après l’auteur, l’intelligence peut amener à ne plus se remettre en question :

“Une personne très intelligente peut avoir un point de vue sur un sujet et utiliser ensuite son intelligence pour défendre ce point de vue. Plus la personne est intelligente, et mieux elle saura défendre sa position Mieux la personne peut défendre son opinion, moins elle sera encline à réfléchir à de possibles alternatives ou à écouter d’autres avis. Si vous êtes persuadé d’ “avoir raison”, pourquoi consacrer votre temps à d’autres opinions ? Ainsi, beaucoup de personnes intelligentes se retrouvent piégées par des idées médiocres parce qu’elles savent très bien défendre leur point de vue et qu’elles s’y cantonnent.”

Vous êtes persuadé de connaître la Vérité ? Qu'il n'y a pas de Vérité ? Vous voulez imposer votre credo aux autres ? Attendez...L’auteur propose comment élargir sa perception et des méthodes pour explorer un maximum de possibilités et d’horizons nouveaux.

La pensée latérale est un concept remarquable. Alors que les géniaux excentriques restent chacun enfermés dans leur “bulle logique” - tout en produisant des idées formidables loin du conformisme dominant, la personne qui adopte la pensée latérale peut sauter à sa guise d’un point de vue à l’autre. Cela lui donne une vue plus globale du monde, sa réflexion peut donc être plus pertinente et sa compréhension plus profonde.

L’auteur continue :
“Le second aspect du piège de l’intelligence est que, si une personne a grandi avec la certitude qu’elle est plus intelligente que la moyenne (ce qui peut être effectivement le cas), elle voudra jouir de cette faculté. La façon la plus rapide et la plus sûre de profiter de son intelligence est de prouver que quelqu’un a tort. Cette stratégie procure un résultat immédiat et confirme sa supériorité.
Se montrer constructif est beaucoup moins gratifiant.
Il faut parfois des années pour démontrer le bien-fondé d’une idée. De plus, vous êtes dépendant du fait que votre interlocuteur appréciera votre idée ou non. Il est donc clair que la posture critique et destructrice est un moyen plus séduisant d’utiliser son intelligence. Enfin, cette approche est confortée par l’idée absurde, qui a cours en Occident, selon laquelle la pensée critique suffit.”

L’exlectique est une alternative à la dialectique. Au lieu de s’engager dans le choc des opinions, elle est une écoute et une exploration communes. Plutôt que d’introduire dès le premier contact ses opinions pour le débat et d'éliminer rapidement les propositions jugées inadéquates, il s’agit de laisser émerger les idées nouvelles dans l’ “osmose” à la japonaise. Ainsi, les idées saugrenues ou hors-sujet deviennent des tremplins pour des pistes innovantes ou simplement des solutions à la problèmatique à résoudre.


Réfléchir vite et bien

Autre article sur la créativité : libérez votre créativité

03/06/2007

Libérez votre créativité, Julia Cameron

Connais-toi toi-même

Question : Sais-tu quel âge j'aurai quand je saurai jouer du piano ?
Réponse : Le même âge que tu aurais si tu n'apprenais pas à en jouer. Aussi, commence maintenant !


b273e62a2f6dd56eea9374ed27cf573a.jpgJulia Cameron est romancière, poète, scénariste et dramaturge. Elle enseigne l’art de la créativité depuis trente ans. Auteur angoissée, elle tirait trop souvent sur la bouteille. Elle avait peur de perdre sa créativité en arrêtant de boire mais savait que l’alcool aurait vite fait de l’achever. Après tout peut-être était-il possible d’être une artiste prolifique tout en vivant sainement et sans se ruiner. Sa recherche déboucha sur une profonde introspection et des exercices créatifs. On finit par lui demander de dispenser des leçons un peu partout aux Etats-Unis puis un livre, sous forme d’un programme qui s’étale sur 12 semaines, the Artist’s way  - ou Libérez votre créativité (300 pages).

Cette méthode convient autant aux artistes qu’aux employés de bureau, aux potiers ou aux avocats. Elle permet de dénouer ses blocages sur le plan de la spontanéité et de la créativité, de se relier à son "enfant intérieur", à ses aspirations les plus profondes, ou de bien définir nos perspectives d’avenir. En plus d’exercices ludiques ou d’introspection, Libérez votre créativité est une démarche originale pour une réelle prise de conscience de ses propres schémas psychologiques et mensonges vis-à-vis de soi-même, s’autoriser de créer et de produire sans se juger, trouver la confiance en soi.
Par exemple, Julia Cameron demande de faire trois pages (petites ou grandes) d’écriture libre tous les matins, et de prendre un « rendez-vous avec l’artiste intérieur » une fois par semaine - passer un moment en solitaire à faire ce que l’on aime vraiment et que l’on ne s’autorise jamais à faire. Plus tard, elle propose de s’imaginer à quatre-vingt ans.

Plus qu’un manuel de développement personnel, Libérez votre créativité s’écarte radicalement d’une vision égotique de la création et apporte la notion centrale de Dieu en tant qu’énergie créatrice - non en tant qu'être personnifié, flot universel dont tout le monde peut bénéficier. La créativité et l’imagination deviennent une base de cheminement spirituel, de relation à l’autre et d’accroissement de l’amour.

L’ouvrage est disponible en version brochée et en poche.


Extrait "semaine 9 : Retrouver le sens de la compassion" :

Les artistes bloqués ne sont pas paresseux. Ils sont bloqués.
Être bloqué et être paresseux sont deux choses différentes. Il est caractéristique de l'artiste bloqué de dépenser beaucoup d'énergie - qui ne se voit pas. L'artiste bloqué met toute son énergie dans la haine qu'il se porte, dans les regrets, la douleur et la jalousie. L'artiste bloqué dépense toute son énergie à douter de lui.

L'artiste bloqué n'arrive pas à démarrer par des pas de bébé. Par contre, il n'a de pensées que pour des tâches de grande envergure, effrayantes et impossibles : d'emblée un livre, un long métrage, un spectacle en solo, un opéra... L'artiste bloqué ne peut les réaliser, ni même les commencer, et il appelle ça de la paresse.

N'appelez pas paresse l'incapacité à démarrer. Appelez-la peur.
La peur, c'est ce dont souffre l'artiste bloqué. Ce peut être la peur de l'échec ou la peur du succès. Le plus fréquemment, c'est la peur de l'abandon. Cette peur remonte à l'enfance. La plupart des artistes bloqués ont essayé de devenir artistes, même si les souhaits et les jugements de leurs parents - supposés bons - étaient contraires. Pour un jeune, c'est vraiment un conflit. Aller ouvertement à l'encontre des valeurs parentales signifie qu'il vaut mieux savoir ce que l'on fait. Ce serait mieux de n'être pas simplement artiste, mais un grand artiste va faire tant souffrir ses parents...

Les parents peuvent blesser leur enfant quand celui-ci se rebelle et, pour eux, se déclarer artiste est en général considéré comme un acte de rébellion. Malheureusement, si l'on pense trop souvent qu'être artiste fait partie de la révolte de l'adolescent, tout acte d'art signifierait prendre le risque de se séparer de ceux qu'on aime et de les perdre. Mais les artistes se sentent coupables parce que leur désir de créer est si profond et si tenace.
Cette culpabilité les pousse à vouloir être de grands artistes pour que cette révolte soit justifiée, mais la nécessité d'être un grand artiste rend difficile d'être artiste.

La nécessité de produire une grande oeuvre d'art rend difficile la production de tout art, quel qu'il soit. S'il vous est difficile de commencer un projet, cela ne veut pas dire que vous n'en serez pas capable. Cela signifie que vous aurez besoin d'aide - d'une puissance plus élevée, d'amis positifs et de vous-même. D'abord, vous devez vous autoriser à commencer par de petits pas de bébé, qui doivent être récompensés. Se fixer des buts impossibles engendre une peur terrifiante, qui se transforme en une tendance à tout remettre à plus tard, et que nous appelons à tort la paresse. [...]

Il n'existe qu'un seul remède contra la peur : l'amour.

Arrêtez de vous crier dessus. Soyez indulgent. Appelez la peur par son nom véritable.



TABLE DES MATIERES

- Introduction : L'art d'une vie créative

- L'électricité spirituelle

- Les outils de base

- Semaine 1 : Retrouver le sentiment de sécurité

- Semaine 2 : Retrouver un sentiment d'identité

- Semaine 3 : Retrouver un sentiment de puissance

- Semaine 4 : Retrouver le sentiment d'intégrité

- Semaine 5 : Retrouver le sentiment de possible

- Semaine 6 : Retrouver le sens de l'abondance

- Semaine 7 : Retrouver le sens des liens

- Semaine 8 : Retrouver un sentiment de force

- Semaine 9: Retrouver le sentiment de compassion

- Semaine 10 : Retrouver le sentiment de protection

- Semaine 11 : Retrouver le sentiment d'autonomie

- Semaine 12 : Retrouver le sens de la foi

- Epilogue : Les chemins de la créativité

- Annexe I : Formation d'un cercle sacré

- Annexe II : La prière d'un artiste