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01/06/2009

Advenir à soi-même

etre moi, PIEM
dessin de PIEM

20:38 Publié dans _Début spirituel_ | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : moi, soi, ego

25/05/2009

Choisir un gourou pour maître

skippybn5.jpgJe me suis souvent posé la question : quel maître choisir ? Qu'est-ce qu'un maître ? Que dois-je exiger de lui ? Que dois-je abandonner de moi-même ?

Beaucoup d'entre nous, dans la quête de la sagesse ou dans la quête de la non-quête peu importe, nous sommes posés cette question à 100 milliards d'euros.

Certains en avance sur leur temps ont pris le chemin de la liberté, ni Dieu ni maître, un Dieu-zéro maître voire des Dieux-zéro maître quand même. Ils ont découvert qu'ils ont un potentiel immense à l'intérieur d'eux-mêmes, le Christ pour les uns, la Lumière Cosmique pour d'autres... Seuls, ils peuvent suivre leur non-chemin, le construire, le réinventer sans idolâtrer un Maha ou un Swami quelque chose.

Il est bon d'avoir un gourou. Un shifu, ou un sensei. Le guru est celui qui aide un individu à passer de l'obscurité gu ( par ext, l'ignorance) vers la lumière ru ( par ext, le savoir ) (source : wikipedia). La frontière entre grand respect et idéalisation est floue, je dois l'admettre. Pourtant, suivre un gourou ne signifie pas l'adorer.

Prenons le potier du village qui sait si bien accueillir ses invités. Il sait se tenir droit et respirer amplement, mais il ne va pas forcément nous le dire. Lorsqu'il transporte les sacs d'argiles, ses pieds sont stables, ses gestes économes. Il a tant à nous apprendre. Lorsqu'il tourne un pot, absorbé, il fait un avec la terre, le tour et l'air. Nous pouvons ainsi admirer la façon dont la technique et l'action l'amène à un état de transcendance où l'objet est sujet sans l'être vraiment. Un état où le mental est en veille.


Il est possible de considérer avec équanimité que tout est vain et sans importance. Ou sans équanimité, que seulement un maître, un dieu ou un dogme a de l'importance.
Et il est possible dans l'équanimité de considérer que tout est sacré. Ainsi à chaque rencontre, nous pouvons être considérablement nourris d'expériences et accéder à des prises de conscience inespérées. Nous pouvons prendre toute personne, dans un ou plusieurs domaines, à partir d'un certain niveau d'expertise ou de reliance (d'inspiration), ponctuellement ou durablement. Nul besoin de diviniser la personne : il s'agit d'être pleinement présent à elle et prêt à tout prendre de ce qu'elle peut donner. Pas question d'être tous moulés selon le modèle du gourou. A nous de remodeler, parfois régurgiter ce qui est intégré. Il n'est en aucun cas une excuse pour perdre son esprit critique.

Il est conseillé de contredire, de contraindre par la force ou de se disputer avec le gourou lorsque cela nous semble viscéralement nécessaire. Les désaccords et litiges ne sont pas interdits.
Sa raison d'être est la libération des individus de leurs propres chaînes, pas de les soumettre/infantiliser ou de les formater pour toujours.

Le formatage du corps est une phase très importante. Le disciple qui chemine sur la "voie du thé" (voir la cérémonie du thé) apprend des gestes très précis afin d'apprécier l'instant présent, de libérer l'esprit de l'agitation égotique - de la cogitation - et de l'unir au corps, à l'action et à la situation. Et c'est souvent dans la répétition de gestes parfois simples, parfois complexes, que l'ego lâche prise (ou alors se révolte et on abandonne), qu'un état de transe est éventuellement atteint. Si le disciple est formaté sur le plan des idées et croyances, c'est risqué. Il s'agit le plus souvent de dogme, or le rôle du gourou est bien de le libérer de son intellect - en premier lieu - et non de l'enfermer dans des structures mentales.
Au final, le disciple qui atteindra la maîtrise aura le choix d'utiliser ce formatage ou non. Il intègre et dépasse ce formatage : il ne le rejette pas et en même temps il peut aquérir d'autres "formats" et improviser.

Celui qui cherche la vérité absolue (le formatage de la pensée) ou qui fuit tout principe, tient l'approche intellectuelle de la vie comme une fin. Dans la spiritualité ésotérique, celle qui va dans l'introspection que dans le respect d'un dogme (voire article exotérisme, ésotérisme et synchrétisme), la manière dont nous pensons le monde et l'au-delà est un accessoire ponctuellement utile. L'essentiel est :
- ce que nous sentons (en soi-même, chez les autres),
- ce que nous sommes (notre état d'esprit, notre attitude vis-à-vis de nous-mêmes et d'autrui) et
- ce que nous faisons.

Choses pour lesquelles les croyances religieuses ou la réflexion abstractive philosophique/scientifique/politique/idéologique/théologique sont peu déterminantes au final. Il faudrait plutôt voir du côté des névroses (désirs et peurs profonds) et les souffrances qui motivent et alimentent ces points de vue et raisonnements. Nous savons combien la pensée encombre la spontanéité de l'être, et combien les actes contredisent la pensée et parfois même nos convictions profondes.

Le gourou aidant, témoigne par exemple du potentiel de son disciple, célèbre ses talents propres et le pousse à les développer. Il ne va pas gâcher sa vie en niant son existence, son individualité (≠ individualisme), sa créativité et ses excentricités - car soi-disant "l'objectif est l'annihilation de l'ego illusoire". L'ego est dépassé en l'accueillant, en lui donnant sa place. Ce gourou aide son disciple à écouter ses sensations et sentiments. Il l'amène à une connaissance de lui-même sans l'intellect.

Eventuellement, le gourou amène le disciple à l'autonomie et lui montre combien il peut trouver la sagesse chez toutes sortes d'experts, du plombier au prof de théâtre. Il ne porte pas le masque de la perfection incarnée - il ne se cache pas d'être arrogant ou lâche de temps à autre. Autrement dit, il connaît la limite de ses compétences.
La plus grande qualité que peut avoir un gourou, est de ne pas avoir peur de faire mal à son disciple, pour lui révéler ses erreurs et méprises lorsqu'il est prêt à les entendre et passer au "niveau suivant". La cerise sur le gâteau : il est capable en outres de conseiller un suivi psychothérapeutique/énergétique/en coaching/etc. selon les névroses et blocages détectés.

Un gourou défaillant abuse de son charme ou charisme pour manipuler autrui. Ses fidèles amplifient sa mégalomanie en l'adorant. Il refuse la remise en question car il est supérieur à la moyenne. Nous connaissons la plupart de ses inconvénients. Il peut être notre mère, époux, patronne, médecin...

Un gourou aidant peut devenir défaillant à force d'être apprécié : c'est précisément le moment pour le disciple de faire, à défaut de quelqu'un d'autre, le gourou du gourou ou de le quitter. En conséquence, il vaut mieux se méfier des gourous populaires ou ayant de très grandes capacités car l'inflation excessive de leur ego est presque inévitable.

Une personne digne d'avoir un gourou arrive dans une certaine mesure à l'aimer avec ses faiblesses pour recevoir ce qu'il y a de bénéfique dans sa relation avec lui.
Il ne tombe pas dans le perfectionnisme, même s'il accroît son niveau d'exigence. Cet amour ne l'empêche pas de refuser ses recommandations. Il choisit d'être docile tout en se questionnant périodiquement - il choisit quand il doit le contester avec respect. C'est l'assertivité. Il est surtout capable de reconnaître l'avancement d'autrui dans chaque domaine. C'est la porte sacré vers une profonde maturation et la reconnaissance envers ce qu'il lui est donné.

Ô maître, laisse moi t'adorer comme toute particule de l'univers !


Lire aussi :
- Idéalisme, maître et adoration

20/03/2009

Joie et non-agir

19780.jpgAujourd’hui avec le rejet de l’effort, la philosophie à la mode est le “ne le fait pas si tu ne t’éclates pas”. Le principe existe notamment en CNV et se dit en anglais : “don’t do it if it’s not fun”.

Si nous cheminons jusqu’au fond de nous-mêmes, que nous nous relions à nos aspirations, nos affinités naturelles, ce principe a du sens et contribue à notre vie.

Si je m’engage dans un projet et que je bute contre un obstacle intérieur (angoisse, tristesse...) ou extérieur, il suffit peut-être d’attendre ou de changer de route. Malheureusement parfois il n’y a ni le temps, ni le choix (selon mon niveau de conscience). Parfois la solution n’est pas ailleurs et ne viendra pas non plus avec le temps.

En outres, notre intellect construit arbitrairement ses propres lois parfois très solidement. Il décide ce qui est plaisant ou non, juste ou non, et oriente parallèlement à nos instincts si nous devons nous réjouir ou non. Dans les civilisations du “cerveau gauche”, pour la plupart le moi se cramponne et persiste à rendre la vie trop dure, pas assez fun. Les personnes “torturées” veulent des conflits écartelants, des passions ardentes.

Le principe qui consiste à ne faire que les choses qui nous plaisent se révélera contre-productif dans beaucoup de cas, d’autant plus si nous intensifions notre aversion pour le désagréable.

Si nous mettons de côté le “moi”, peut-être que ce qui paraissait intolérable ou impossible peut devenir plus qu'acceptable. Alors si nous nous retrouvons dans une “impasse”, si nous préférons ne rien faire, nous pourrions nous demander si ce ne serait pas notre cher “cerveau gauche” qui joue au perfectionniste. Si le moi se cramponne, nous pouvons diminuer la réflexion au profit de l’attention aux sens, à la respiration, au corps : la “pleine conscience”.

Il est important de faire ce qui nous exalte. Parallèlement, il y a énormément d'activités qui nous embêtent ou que l’on redoute, et qui deviennent joyeuses et essentielles à mesure que le moi s’efface. Il laisse place alors à une cascade créative, une danse sensorielle : la danse du non-agir.

Ressentir donc je ne suis pas. Même les pensées se passe de moi.


Article effort et non-agir

21/02/2009

les inséparables hémisphères du cerveau


Sans le "cerveau droit", on ne peut réellement s'unir aux autres, transcender la vision conceptuelle du monde, agir avec le coeur plutôt qu'avec l'ego et ainsi persévérer sur le long terme sans tomber dans la folie. Lire également l'article l'hémisphère silencieux.

Sans le "cerveau gauche", on ne peut analyser des situations complexes pour trouver des solutions, prendre sa place dans la société en tant qu'individu unique/original, adapter ses actions et son langage pour entrer en relation avec les autres de manière adapté. Et surtout, on est incapable de dire non à tout ce qui est contre-nature ou néfaste : manipulation, marketing, lavage de cerveau, idéologies tyranniques, agressions, perversion (viol, pédophilie, torture...), pollution, etc. En d'autres termes, on est naïf.

Peut-être le plus grand talent du cerveau gauche est sa fonction de démarrer, arrêter ou altérer une action, une relation ou un apprentissage, grâce à sa capacité d'analyse et à prendre du recul.


Enfin, toujours sur le site cerveau droit on peut lire :

La conscience du "je" est une élaboration très sophistiquée de l'hémisphère gauche, tandis que le plus haut degré d'identité de l'hémisphère droit semble être l'appartenance au groupe. C'est ce type d'identité collective qui est mis en oeuvre dans des opérations de manipulation de masse, comme le nazisme, comme ce qui se passe dans certaines sectes, partis politiques, groupuscules terroristes ou intégrismes religieux. L'identité de groupe est poussée à son paroxysme, par toute sortes de rituels et de symboles auxquels l'hémisphère droit est très sensible, jusqu'à libérer une violence collective terrifiante tout en court-circuitant la conscience individuelle et les tabous très puissants que gère l'hémisphère gauche. Même en l'absence de manipulation extérieure manifeste, le cerveau gauche semble être très souvent renseigné de façon très tardive et indirecte sur la relation au monde de l'hémisphère droit et du système limbique. C'est cette relation spécifique et directe ainsi que l'ensemble des signes et des réponses qui l'accompagne qu'analyse et traite la Programmation Neuro Linguistique appelée P.N.L..


Les deux hémisphères sont indispensables pour le déploiement de l'être. Ce schéma est une caricature scientifique, mais l'idée sous-jacente n'est pas négligeable.


Article effort et non-agir en rapport avec le cerveau droit

10/02/2009

L'effort & le non-agir


Le non-agir, c'est agir de tout son coeur tant qu'il le faudra, après avoir renoncé à l'empressement de sa tête.


poterie.jpgUne croyance courante chez les adeptes de la Providence, du karma ou du non-agir, c'est l'idée que les efforts sont inutiles, la volonté dépassée - il y a juste à laisser les choses venir.

« Ce qui doit arriver arrivera ».
« Cela arrivera lorsque le karma sera mûr ». etc.


Le non-agir n'est certainement pas synonyme de "rien faire" ni de "laisser faire".

Clarissa Pinkola Estès dit dans Femmes qui courent avec les loups :
« L'initiation, c'est le processus par lequel nous abandonnons notre inclination naturelle à l'inconscience pour décider que même si cela nécessite des souffrances, des efforts, de l'endurance, nous poursuivrons l'union consciente avec l'esprit profond, le soi sauvage. »


Bien sûr, il est salutaire de reconnaître ses limites,
de s'abstenir lorsque le danger est trop important,
de se reposer lorsque le corps est fatigué,
de ne rien faire tandis que les choses mûrissent dans la psyché ou le monde extérieur.

Le moi du cerveau gauche veut tout contrôler et déteste la répétition, l'absence de sens intelligible et l'inconfort. Comme l'explique un article sur le Zen et le cerveau droit, le non-agir ne consiste pas à se retirer pour pratiquer l'ascèse ou à n'agir que lorsque la situation est fluide et confortable, mais à faire les choses sans que le moi ne conceptualise l'expérience vécue. Peindre un tableau, fabriquer un meuble ou aller voir un psy régulièrement sur du long terme sont autant d'occasions de non-agir très activement...! Cela nous confronte à nos peurs et s'engager dans de telles "non-actions" demandent du courage et de la persévérance : parce que le moi ne nous laisse pas facilement passer en mode cerveau droit où l'effort est superflux.

Il y a quelque chose de pervers aujourd'hui dans la confusion entre le "présent éternel" et le résultat immédiat. Entre le principe spirituel d'être ici et maintenant et la vision à court terme de notre société consumériste. La vision à court-terme pour le petit peuple bien sûr, pas pour l'élite qui fait pendouiller la carotte.

Notre tolérance à la frustration - et à la souffrance - est annihilée. Nous faisons passer cela pour de la bonté envers soi-même ou du non-agir : du non-effort. Nous ne distinguons plus la paresse du respect de soi. Nous nous laissons nous infantiliser par le confort moderne : nous voulons des résultats immédiats façon haut-débit dégroupage total. Des forfaits pas cher sans engagement. A force de vouloir aller vite nous ne savons plus attendre. Quoi de plus astucieux que de faire passer cette impatience pour du non-agir ?

Etre ici et maintenant signifie ne pas réfléchir. Ça signifie agir à l'endroit approprié ni trop tôt, ni trop tard : de ne pas être déjà l'année prochaine, dans l'atemporalité (dans l'ailleurs...), de ne pas brûler les étapes de chaque processus de la vie que l'on va recroiser maintes fois et qui s'inscrivent dans un temps chronologique ET cyclique.

Etre ici et maintenant, c'est accepter par moment que même si l'on a déjà fait beaucoup d'efforts, il faut les maintenir encore et encore. C'est d'ailleurs sur la durée que l'esprit et le corps peuvent vraiment intégrer les nouvelles informations et expériences. Comment peut-on digérer quoi que ce soit si l'on ne persiste pas dans l'action ? Si l'on n'a que de brèves expériences ? Il arrive également que ce ne soit pas à la tête mais au corps d'apprendre quelque chose, et d'avoir l'impression de ne pas avoir changé alors que c'est le contraire. Ce n'est pas parce qu'on fait des efforts et qu'on n'a aucun résultat que les efforts sont vain : il est peut-être trop tôt tout simplement.

Le déclic ne vient pas immédiatement, mais avec le cerveau droit l' "éternel retour" devient naturel, voire agréable. Il suffit sans doute d'entrer dans une transe du faire, où l'action a lieu sans que le moi soit là pour agir. L'ADN ne s'est jamais lassé de se répliquer depuis des milliards d'années.

Etre ici et maintenant, c'est embrasser à la fois le présent éternel et le temps linéaire. C'est comme s'il y avait un rythme - qui peut évoluer - dans chaque situation, dans chaque être. Les quatre saisons, les cycles biologiques, les rythmes et changements de rythme d'un joueur de tennis. Nous pouvons à la fois nous synchroniser avec chaque rythme et modifier le tempo au moment opportun.

Plus nous arrivons à ressentir les rythmes et à nous laisser bercer (cerveau droit), plus nous sommes à même de patienter, de maintenir un effort à long terme.
Plus nous arrivons à appréhender les différentes phases des cycles (cerveau gauche), plus nous sommes à même d'agir au moment adéquat.

Hélas ! Souvent le moi viendra nous alarmer : "ça fait trop mal, c'est trop risqué, c'est trop ennuyeux, c'est trop long ! c'est totalement inutile !" pour que l'on renonce aux tâches les plus transformatrices. Plus nous aurons une volonté bien enracinée (du soi ou du moi peu importe) plus nous aurons la capacité de franchir les barrières du moi et laisser place à la non-action.

Plus l'ego se retire, plus il est possible de faire des efforts.


Beaucoup me répondraient que tout ce qui nous arrive arrive pour le mieux, pour apprendre quelque chose, lorsque nous sommes prêt. Pourquoi refuser que nous faisons des erreurs ? Que parfois les choses se finissent mal ? Massacre, catastrophe naturel... Mal au regard de nos aspirations les plus profondes. Si tout est bon à prendre et que l'on ne veut rien éviter, pourquoi adopter telle méthode ou tel rituel, embrasser telle ou telle voie spirituelle ?

Le rejet de l’effort est également dû au sentiment de supériorité inavoué chez certains pratiquants spirituels qui se sentent spéciaux. Ils ont une mission sacrée ou perçoivent mieux les mécanismes et les illusions de l’existence que la grande majorité. S’ils dépassent le monde matériel, pourquoi devraient-ils se soumettre aux contraintes matérielles ? Regardez plutôt : c’est Dieu ou l’Univers qui satisfera tous les besoins de ces “Elus” et “Initiés”.

Si certains d'entre nous sombrons dans le cynisme, l'alcoolisme ou le suicide, c'est peut-être parce que nous n'avons pas appris à distinguer les rythmes et leurs phases, à battre le blanc tant qu'il n'y a pas de neige et à surmonter les obstacles surmontables. Il y a des efforts contre-productifs et il est bénéfique de les voir. Néanmoins, il semble arrogant de déterminer à l'avance ce que nous méritons de vivre et de recevoir sans donner de soi-même.

Au début et pendant longtemps, la volonté et l'effort sont hautement nécessaires pour contrer la résistance du moi à passer en mode cerveau droit, ses jugements, et sa soif de contrôle. Et plus le moi s'éclipse, moins l'effort est nécessaire, plus la volonté se réduit à de la prise de décision.

Et pourquoi s'arrêter devant les contraintes, lorsqu'on sait qu'elles nous rendent plus inventifs ?

Le développement de l'être, c'est comme la poterie. Si l'on appuye trop fort (volontarisme), la terre va s'écraser. Si l'on n'appuye pas assez (laisser-aller) et assez longtemps, la poterie ne va pas prendre forme ou aura une forme inadaptée.


Article joie et non-agir
L'article Même si je ne pense pas, je suis de Itsuo Tsuda (Zen et cerveau droit)

 

04/11/2008

Jill Bolte Taylor en français

La conférence de la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor traduite en française. La vidéo a fait le tour du monde tandis que son livre du même titre My Stroke of Insight (Voyage au-delà de mon cerveau, Editions J.-C. Lattès) vient de paraître.

Ce que l’on peut déjà tirer de son récit c’est que la pensée pré-existe au langage (puisque sans pouvoir penser en mots ou en concept, Jill Bolte Taylor pouvait mener une réflexion), et d’autre part que le sentiment d’union avec l’univers n’est pas plus anormal, pathologique ou illusoire que le sentiment individualiste de notre “cerveau gauche”, caractéristique de notre monde moderne.

 


Néanmoins, faut-il en conclure qu’il suffit simplement de “passer à droite de l’hémisphère gauche”, afin d’atteindre une paix intérieure et une harmonie sociale durables ? Effectuer l'ablation de l'hémisphère gauche ? Le problème ne serait-il pas un manque de connexions plutôt que de performance ?


Si les propos du Dr. Jill Bolte Taylor ne sont pas dénués d'intérêt, des pratiquants du mysticisme ayant une approche holistique comme Ken Wilber affirme que le mysticisme dépasse à la fois la fusion universelle (du cerveau droit) et la différenciation (du cerveau gauche), qui ne sont plus antinomiques. L'état de fusion est celui du nouveau-né ou des psychotiques et revenir à cet état de fusion et d'innocence totale est une régression (agréable certe) et non une transcendance. Il semble par ailleurs très probable que le développement exclusif du cerveau droit ne permette pas de résoudre les pathologies du cerveau gauche : atrophie du moi, croyances figées, faible encrage dans le corps, la société et le concret... Bref, pas besoin de fuir le monde pour s'unir à l'univers.

Sans rejeter le développement du cerveau gauche, "musclons" le corps calleux pour utiliser les deux hémisphères dans la plus belle des coordinations (article sur le corps calleux). Utilisons notre corps, à travers la danse, le sport, la musique en coordination avec le mental, et cela dès l'enfance. La vie est à la fois manuelle et intellectuelle.

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Lire l'article effort & non-agir en rapport avec le cerveau droit