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25/02/2008

CNV : citation

« Nous sommes nombreux à avoir appris à expliquer nos émotions en en niant toute responsabilité personnelle et/ou en l'imputant au comportement d'autrui. Nous disons par exemple, "tu me rends dingue (heureux...)" ; "tu me mets en colère" ; "Je n'avais pas d'autre choix que de..." ; ou encore "Je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir...". Ce sont en réalité des formes de reproches qui provoquent souvent des débats stériles.

Il est vrai que nos sentiments et nos choix sont influencés par les actes d'autrui. Les autres nous fournissent un stimulus particulier auquel répondre. Mais d'après mon expérience, notre façon de répondre à ce stimulus est davantage déterminée par ce que nous pensons de ce qui arrive, et par nos besoins s'y rapportant, que par le stimulus lui-même. Voilà pourquoi la communication non-violente nous recommande de consacrer notre énergie à explorer  la façon dont les besoins et pensées d'une personne donnent forme à ses sentiments et ses choix, plutôt qu'à faire des reporches et à se perdre en vains débats.
» (Wayland Myers dans Pratique de la communication non-violente)


Je suis triste de voir des croyants très avancés dans leur pratique spirituelle, mais qui ne semblent pas connaître les "bases" : reconnaître ses schémas émotionnels, être capables de partager ses sentiments aux autres, s'adresser aux autres dans le respect. Et l'illusion d'être avancé donne l'impression que l'on est bien au-dessus ce qui est considéré comme des "bases" - des évidences - qui n'ont pas forcément été abordées ou comprises. Il en est de même pour les athées adeptes d'une méthode de développement personnel ou d'une spiritualité athée.


Article CNV : communication non-violente

Lire Pratique de la communication non-violente de Wayland Myers

09/02/2008

CNV : Communication non-violente

les mots du coeur

a31c3b7c07db8fed7e1f8cbde684a75e.jpg La communication non violente, baptisée par le Dr. Marshall B. Rosenberg (psychologue clinicien), prend ses sources dans la psychologie humaniste de Carl Rogers. Non sans faire référence à la non-violence de Gandhi, la CNV tient l'empathie et la notion d'assertivité au centre de ses fondements : une attitude qui refuse à la fois l'agression, la fuite et la manipulation.
C'est la clé pour instaurer un rapport gagnant-gagnant.

Mélange de savoir-faire en communication et de développement personnel, la CNV se rapproche plus d'une démarche spirituelle (liée à l'amour non exclusive et la connaissance de soi) plutôt que de la PNL dans son aspect manipulateur (ou kit d'arrivistes pour réussir socialement en dupant tout le monde). En tous les cas, c'est l'empathie qui prime avant tout : se mettre à la place de l'autre, acte simple mais très loin d'être automatique chez l'être humain. Il semble donc important d'intégrer dans le quotidien la pratique de la CNV afin qu'elle porte vraiment ses fruits.

« La communication non violente est souvent présentée à l’aide de la méthode qui consiste à suivre les quatre étapes qui sont : observer une situation sans jugement, ressentir le sentiment que cela suscite en nous, identifier notre besoin, et formuler une demande concrète et négociable. Mais en fait, ce qui est dit est beaucoup moins important que l’intention qu’on y met. Parce que si l’intention est que l’autre fasse ce que l’on veut, il ne s’agit pas de communication non violente. » Marshall Rosenberg


Habituellement, nous avons tendance à partir de nos jugements (bon ou mauvais, les "étiquettes"/épithètes) pour s'exprimer. La CNV propose de partir de nos émotions initiaux et de nos besoins ("je me sens triste, j'ai besoin d'écouter de la musique"), plutôt que de juger/insulter l'autre, de donner des ordres et de déverser sa colère ou son mécontement, par exemple ("T'es vraiment con, remet la radio !").

« Nous sommes nombreux à avoir appris à expliquer nos émotions en en niant toute responsabilité personnelle et/ou en l'imputant au comportement d'autrui. Nous disons par exemple, "tu me rends dingue (heureux...)" ; "tu me mets en colère" ; "Je n'avais pas d'autre choix que de..." ; ou encore "Je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir...". Ce sont en réalité des formes de reproches qui provoquent souvent des débats stériles.

Il est vrai que nos sentiments et nos choix sont influencés par les actes d'autrui. Les autres nous fournissent un stimulus particulier auquel répondre. Mais d'après mon expérience, notre façon de répondre à ce stimulus est davantage déterminée par ce que nous pensons de ce qui arrive, et par nos besoins s'y rapportant, que par le stimulus lui-même. Voilà pourquoi la communication non-violente nous recommande de consacrer notre énergie à explorer  la façon dont les besoins et pensées d'une personne donnent forme à ses sentiments et ses choix, plutôt qu'à faire des reporches et à se perdre en vains débats.
» (Wayland Myers dans Pratique de la communication non-violente)

Ce qui semble mécanique au début, peut vraiment devenir un outil ("des roues d'appoints pour vélos d'enfants") de compréhension de ce que l'on ressent, et d'amélioration de ses relations sociales.


Voici quelques phrases-clés et principes typiques de la CNV :

- Je me sens ... parce que je ..., tu te sens ... parce que tu ...

- Refuse tout langage refusant le choix, la responsabilité de nos actions, sentiments et pensées.

- Ce à quoi je résiste persiste, ce que j’accepte se transforme

- N’écoute jamais ce qu’on pense de toi. Ecoute uniquement les sentiments et les besoins derrière les mots.

- Au lieu de dire non, dire quel besoin m’empêche de dire oui

- Je me sens contrarié ? Penser au besoin non comblé en moi et à ce que je pourrais faire pour le satisfaire, plutôt que de me demander ce qui ne va pas en moi ou chez les autres.

- Au lieu de complimenter une personne qui a fait qqc que j’apprécie, lui exprimer ma gratitude en lui disant le besoin que son action a satisfait.

- Plus je suis pressé, plus il y a besoin de ralentir.

« La communication non-violente n'est pas un "truc, un protocole de communication", elle est un processus. Par là, elle demande d'être pleinement vécue le plus souvent possible.
Le risque est de tomber dans une mentalisation du processus où les personnes s'expriment mécaniquement ("girafe perroquet"). Exemple : "Quand tu dis… je me sens … parce que j'ai besoin de… est-il possible de… ?" Il est en effet possible que des gens se sentent lourds en entendant plusieurs fois d'affilée cette formulation parce qu'ils ont peut-être besoin de spontanéité, de légèreté et de douceur dans la reformulation de ce qu'ils vivent. Nous vous invitons à utiliser le langage "girafe de rue".
Enfin, il existe 3 obstacles à l'écoute empathique : le temps, l'accès à la personne (hiérarchie, personne proche…) et le courage. » (page Wikipédia)


« Quoi que vous fassiez, faites-le avec le désir de servir la vie. Servez les êtres humains avec compassion, et si votre but est de contribuer à leur bien-être et que vous faites cela de plein gré, cela rencontrera alors votre besoin de contribuer, et quand nous donnons de cette manière là, il devient très difficile et très subtil en fait, de dire qui donne et qui reçoit.
» Marshall Rosenberg


Biographie abrégée de Marshall Rosenberg :
Il a travaillé avec des éducateurs, des chefs d'entreprise, des professionnels de la santé et de la santé mentale, des avocats, des officiers militaires, des prisonniers, des cadres de police et de prison, le clergé, des membres de gouvernement et des familles.

Il est membre du comité de parrainage de la Coordination internationale pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.


Pour aller plus loin :

- site de l'association Européenne de CNV
- lire Les mots sont des fenêtres de Marshall Rosenberg
- lire Pratique de la communication non-violente de Wayland Myers