05.06.2009

Changer avec Pascal Neveu

9782809800173FS.gifChanger ? Moi, jamais ! est un ouvrage qui traite de notre envie de changer l'autre. De notre conviction que nous ne pouvons nous changer nous-même et encore moins les autres - de manière intentionnelle. Il traite de nos blocages qui rendent difficile le changement. Au fond, nous ne voulons pas changer car nous avons peur de perdre quelque chose. Pour changer, le deuil est donc nécessaire.

Pascal Neveu, l’auteur, psychanalyste et psychothérapeute, intervient sur différentes questions de psychologie fondamentale auprès du personnel hospitalier et de cadres en entreprises. Il exerce en cabinet et enseigne à Paris. Spécialiste du deuil, il anime également une cellule psychologique pour les orphelins et les veuves de sapeurs-pompiers.

Qui sommes-nous en vérité ? Avons-nous un noyau dur au fond de notre être, l’âme, l’esprit, que sais-je, immuable qui est déterminé à la naissance (les gènes ou encore la création divine), dans l’enfance (éducation, milieu) ?

Nous croyons pour la plupart d’entre nous que nous changeons en surface, mais jamais en profondeur à part dans des rares cas d’accidents graves par exemple.


Voici un montage audio (4min50) d'extraits d'une émission de radio avec Pascal Neveu sur ce thème (télécharger le fichier audio mp3):

12.02.2008

Into the Wild et spiritualité

Comédie dramatique, 2h20



Inspiré d'une histoire vraie, celle de l'Américain Christopher McCandless. Un film rafraîchissant dans sa forme et son fond, en tout cas résolument moderne dans sa forme. Avec lui, on peut comprendre de manière implicite, la signification d'une retraite spirituelle, d'un retrait du monde tumultueux, d'un cheminement dans la solitude : c'est un retour sur soi, une confrontation directe avec soi-même. Ce n'est pas nécessairement la solution ultime, comme nous souffle notamment le mot de la fin* (ne pas lire la note si vous n'avez pas vu le film !!), mais c'est une étape qui peut se révéler essentielle dans la vie d'un être dont la quête est l'amour, la connaissance de soi...

Il est intéressant de noter que la plupart des critiques qui n'ont pas apprécié Into the Wild n'ont pas saisi sa teneur fortement spirituelle. Il se peut que le réalisateur, Sean Penn, ait volontairement ajouté cette dimension-là à une histoire plus simplement tragique ou absurde. Ces critiques se sont principalement focalisées sur le côté égoïste et idéaliste du personnage principal. La fuite de la société matérialiste, l'amour de la nature sauvage sont vus comme une vaine tentative de salut qui rappelle la vieille époque romantique.

Peut-être que ces gens-là ne peuvent tout simplement pas remettre en question leur propre dépendance au consumérisme et au confort de la vie urbaine. Que tout ce que montre Into the Wild les dérangent dans leurs certitudes, de ce qu'est la société et de ses vertus soi-disant vitales pour l'évolution de l'humanité.

Quoiqu'il en soit, il n'y a aucun doute que ce film parle du sens de la vie, évoque la transcendance, remet habilement en question notre crainte de la peine, nos dépendances, nos habitudes d'habitants de la cité et même de la campagne. Même si au fond, Christopher McCandless n'était qu'un pauvre romantique égoïste... peut-être.


Site officiel



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* Dans le grand moment d'agonie, Christopher McCandless écrit : "le bonheur n'est réel que s'il est partagé". De toute façon, le jeune homme ne comptait pas vivre ainsi toute sa vie.

10.06.2007

Idéalisme, maîtres et adoration

Seigneur, pourquoi sont-ils si mauvais et pas moi ?

177c4d00e449280d0d33b107ad7e6335.jpgLes athées quelques peu familier à la psychanalyse n’hésitent pas à dire que les croyants cherchent le père ou la mère - différents ou idéalisés - en leurs prêtres, imams, lamas, gourous, en leur Dieu, prophètes ou esprits supérieurs. C.G. Jung aurait été d’accord, mais il aurait ajouté qu’il existe aussi chez chacun de nous, une image archétypale de Dieu ou du divin - de la grandeur. Nous projetons, selon Jung, cette image à l’extérieur, si l’on me permet d’être dualiste, sur des supports comme les religions et les personnes qui les représentent, quand ce n’est pas le psy. C’est acceptable pour commencer, mais cela devient rapidement une « impasse » pour de nombreuses brebis égarées.

Dans les monothéismes, on parle de l’adoration de Dieu, mais cette notion est peut-être erronée ou mal comprise. Cette fascination du divin, des maîtres tibétains ou des prédicateurs charismatiques est indéniablement le piège le plus fréquenté des marcheurs spirituels toutes traditions confondues.

Le manque de confiance en soi, d’amour vis-à-vis de soi-même, pour ne pas dire le mépris de soi-même, amène quasiment toujours à cette passion pour le charismatique guide spirituel - elle donne l’impression de prendre possession de ses qualités. Immense illusion qui fait dire qu’il ne s’agit pas d’égocentrisme mais de foi incommensurable.

L’idéalisme, tyrannie de l’esprit qui exige (immédiatement) que le monde soit exactement comme nous le souhaitons, selon nos humeurs (pour qui nous prenons-nous ?), amène souvent au cynisme ou à la mélancolie. Car bien sûr le monde est fait pour nous et nous est dû… Difficile de suivre l’art du contentement. Les individus qui ne veulent se résoudre à rester « blasés » optent pour la recherche de l’image idéale dans la multitude des phénomènes de la vie : l’adoration. La star system, la philosophie, la culture, l’esthétisme, la religion. Mais que font-ils sinon fuir leur déception ? Leur dégoût du reste ?

A mon grand étonnement, un ami me suggère que « l’acception du monde tel qu’il est » revient aussi à un idéal. Je lui réponds que l’idéalisme consiste en le désir de changer le monde, alors que l’acceptation correspond à l’accueillir sans vouloir le changer.

Le problème que pose la trop grande adoration d’un Dieu, du Soleil ou d’un maître est que l’on finit par s’oublier soi-même et les autres. S’oublier soi-même, c’est négliger ses problèmes internes, ne pas prendre en compte ses véritables besoins, et c’est ignorer l’introspection. Oublier les autres, son voisin de palier, les gens dans la rue, les victimes de leur propre cupidité, des guerres, des maladies, de la vieillesse et de la mort, c’est l’indifférence ou la négligence bête et méchante. Et grave. Et un mépris sous-jacent qui se développe en coulisse. Une fois encore, le jugement de valeur entre en jeu. Le jugement de valeur est ce avec quoi nous faisons des pyramides imaginaires où l’on place au sommet Dieu le merveilleux et les joyeux religieux. Et tout en bas, tout en bas, les malheureux et idiots « gens lambda », indignes de figurer en première page de Paris Match ou de VSD magasine.

Comment pouvons-nous sincèrement laisser place à l’amour authentique, à l’équanimité avec pareille vision ?
Cela me semble perdue d’avance…

Ne faut-il pas plutôt chercher le sacré en chaque chose ? Le concierge de l'immeuble, les pigeons urbains, les sacs plastiques jetés par terre, les usines de recyclage...

Voir également :
- idéalisme, maîtres et adoration
- bouddhisme : culture, politique ou spiritualité

La psychologie du décalage II

Corps, parole, esprit


2b70a6d7f50d9075f12afd35895976ba.jpgNous sommes en proie à une constante discordance entre nos

instincts,                        émotions,
                                               pensées,
            paroles,
                                           attitudes et
                            actions.



Sans cesse, cohabitent ensemble des émotions contradictoires.

Sans cesse, cohabitent ensemble des pensées contradictoires.


On croit souvent savoir ce que l'on pense, ce que l'on fait, ce que l'on ressent, mais cela n'est pas toujours vrai. C'est ce qu'Frederick Mathias Alexander appelle la perception erronée causant le "mauvais usage de soi".

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03.06.2007

Libérez votre créativité, Julia Cameron

Connais-toi toi-même

Question : Sais-tu quel âge j'aurai quand je saurai jouer du piano ?
Réponse : Le même âge que tu aurais si tu n'apprenais pas à en jouer. Aussi, commence maintenant !


b273e62a2f6dd56eea9374ed27cf573a.jpgJulia Cameron est romancière, poète, scénariste et dramaturge. Elle enseigne l’art de la créativité depuis trente ans. Auteur angoissée, elle tirait trop souvent sur la bouteille. Elle avait peur de perdre sa créativité en arrêtant de boire mais savait que l’alcool aurait vite fait de l’achever. Après tout peut-être était-il possible d’être une artiste prolifique tout en vivant sainement et sans se ruiner. Sa recherche déboucha sur une profonde introspection et des exercices créatifs. On finit par lui demander de dispenser des leçons un peu partout aux Etats-Unis puis un livre, sous forme d’un programme qui s’étale sur 12 semaines, the Artist’s way  - ou Libérez votre créativité (300 pages).

Cette méthode convient autant aux artistes qu’aux employés de bureau, aux potiers ou aux avocats. Elle permet de dénouer ses blocages sur le plan de la spontanéité et de la créativité, de se relier à son "enfant intérieur", à ses aspirations les plus profondes, ou de bien définir nos perspectives d’avenir. En plus d’exercices ludiques ou d’introspection, Libérez votre créativité est une démarche originale pour une réelle prise de conscience de ses propres schémas psychologiques et mensonges vis-à-vis de soi-même, s’autoriser de créer et de produire sans se juger, trouver la confiance en soi.
Par exemple, Julia Cameron demande de faire trois pages (petites ou grandes) d’écriture libre tous les matins, et de prendre un « rendez-vous avec l’artiste intérieur » une fois par semaine - passer un moment en solitaire à faire ce que l’on aime vraiment et que l’on ne s’autorise jamais à faire. Plus tard, elle propose de s’imaginer à quatre-vingt ans.

Plus qu’un manuel de développement personnel, Libérez votre créativité s’écarte radicalement d’une vision égotique de la création et apporte la notion centrale de Dieu en tant qu’énergie créatrice - non en tant qu'être personnifié, flot universel dont tout le monde peut bénéficier. La créativité et l’imagination deviennent une base de cheminement spirituel, de relation à l’autre et d’accroissement de l’amour.

L’ouvrage est disponible en version brochée et en poche.


Extrait "semaine 9 : Retrouver le sens de la compassion" :

Les artistes bloqués ne sont pas paresseux. Ils sont bloqués.
Être bloqué et être paresseux sont deux choses différentes. Il est caractéristique de l'artiste bloqué de dépenser beaucoup d'énergie - qui ne se voit pas. L'artiste bloqué met toute son énergie dans la haine qu'il se porte, dans les regrets, la douleur et la jalousie. L'artiste bloqué dépense toute son énergie à douter de lui.

L'artiste bloqué n'arrive pas à démarrer par des pas de bébé. Par contre, il n'a de pensées que pour des tâches de grande envergure, effrayantes et impossibles : d'emblée un livre, un long métrage, un spectacle en solo, un opéra... L'artiste bloqué ne peut les réaliser, ni même les commencer, et il appelle ça de la paresse.

N'appelez pas paresse l'incapacité à démarrer. Appelez-la peur.
La peur, c'est ce dont souffre l'artiste bloqué. Ce peut être la peur de l'échec ou la peur du succès. Le plus fréquemment, c'est la peur de l'abandon. Cette peur remonte à l'enfance. La plupart des artistes bloqués ont essayé de devenir artistes, même si les souhaits et les jugements de leurs parents - supposés bons - étaient contraires. Pour un jeune, c'est vraiment un conflit. Aller ouvertement à l'encontre des valeurs parentales signifie qu'il vaut mieux savoir ce que l'on fait. Ce serait mieux de n'être pas simplement artiste, mais un grand artiste va faire tant souffrir ses parents...

Les parents peuvent blesser leur enfant quand celui-ci se rebelle et, pour eux, se déclarer artiste est en général considéré comme un acte de rébellion. Malheureusement, si l'on pense trop souvent qu'être artiste fait partie de la révolte de l'adolescent, tout acte d'art signifierait prendre le risque de se séparer de ceux qu'on aime et de les perdre. Mais les artistes se sentent coupables parce que leur désir de créer est si profond et si tenace.
Cette culpabilité les pousse à vouloir être de grands artistes pour que cette révolte soit justifiée, mais la nécessité d'être un grand artiste rend difficile d'être artiste.

La nécessité de produire une grande oeuvre d'art rend difficile la production de tout art, quel qu'il soit. S'il vous est difficile de commencer un projet, cela ne veut pas dire que vous n'en serez pas capable. Cela signifie que vous aurez besoin d'aide - d'une puissance plus élevée, d'amis positifs et de vous-même. D'abord, vous devez vous autoriser à commencer par de petits pas de bébé, qui doivent être récompensés. Se fixer des buts impossibles engendre une peur terrifiante, qui se transforme en une tendance à tout remettre à plus tard, et que nous appelons à tort la paresse. [...]

Il n'existe qu'un seul remède contra la peur : l'amour.

Arrêtez de vous crier dessus. Soyez indulgent. Appelez la peur par son nom véritable.



TABLE DES MATIERES

- Introduction : L'art d'une vie créative

- L'électricité spirituelle

- Les outils de base

- Semaine 1 : Retrouver le sentiment de sécurité

- Semaine 2 : Retrouver un sentiment d'identité

- Semaine 3 : Retrouver un sentiment de puissance

- Semaine 4 : Retrouver le sentiment d'intégrité

- Semaine 5 : Retrouver le sentiment de possible

- Semaine 6 : Retrouver le sens de l'abondance

- Semaine 7 : Retrouver le sens des liens

- Semaine 8 : Retrouver un sentiment de force

- Semaine 9: Retrouver le sentiment de compassion

- Semaine 10 : Retrouver le sentiment de protection

- Semaine 11 : Retrouver le sentiment d'autonomie

- Semaine 12 : Retrouver le sens de la foi

- Epilogue : Les chemins de la créativité

- Annexe I : Formation d'un cercle sacré

- Annexe II : La prière d'un artiste

02.06.2007

Entre le mal et le diable

A la chasse aux sorcières

Le mal : une réalité intérieure

1a9b4703f97cfcdba783f6e91f30f86b.jpg Les notions absolues d'union cosmique, de "grand tout" ou de divin n'empêchent pas le concept (relatif) du "mal" de prendre un sens très fort. Pour cela il est nécessaire de s'éloigner d'une vision purement matérialiste et de plonger dans l'univers du sens et des sens. Cela consiste à donner de l'importance à la subjectivité de chacun : nos sensations et sentiments, plutôt qu'à une soi-disant objectivité scientifique.

Jung qui a longtemps étudié l'inconscient collectif, l'affirme : le mal existe. En quoi consiste-t-il ?
Selon lui, les différents archétypes qui constituent les principes naturels de l'esprit humain sont des potentiels inestimables, dont on peut tirer une énergie infinie. Or tout ce qui est naturel n'est pas bénéfique. Ou plutôt : certains éléments de la psyché humaine sont sources de grandes afflictions,  d'illusions, de folie. Inceste, pédophilie, sadisme, homophobie, xénophobie. Des personnes et des organismes entiers se vouent à la cruauté, et aux  actions de destructions. Lorsqu'on a fait un choix clair pour le bonheur et contre le malheur, il devient crucial de déceler en nous ces forces perturbatrices (passons l'approche non-dualiste). Puisque ces dernières génèrent de la souffrance, on peut parler symboliquement de "mal", et l'exotérisme ne se prive pas de personnifier le symbole en "Diable".

Chacun de nous possède ces potentiels de destruction et d'affliction et il ne dépend que de nous de les écarter ou de les transmuter. Cela dit, il ne faut pas se leurrer : autant la colère peut aboutir soit à la créativité soit à la destruction, la haine à l'état pur est très difficilement mutable. Il est possible que des personnes naissent avec des potentiels négatifs très développés, et d'agir en vrais démons, manipulateurs ou psychopathes. On peut envisager par ailleurs la possession ( c.f. : exorcisme) comme un phénomène d'emprise par ce type de forces archétypiques.

Si nous avons tous des potentiels de malheur, il n'est pas étonnant que dans l'ensemble, nous vivions des états d'affliction ou sommes victimes agressions. Nous agressons aussi à notre tour, presque sans exception. La seule façon de se débarrasser des "forces obscures" est de les combattre en nous.

Des expressions comme le Diable ou le mal peuvent être des raccourcis pour parler de ces potentiels de souffrance, ce qui ne posent pas de problème en soi, de la même façon qu'on dit "eau" pour parler de substances se trouvant à différents endroits en des états différents. Cependant, la conceptualisation du mal concorde trop souvent avec le moralisme duquel découlent automatiquement des jugements de valeur. Ainsi, « le mal » se charge de toute une panoplie de connotations négatives, de sentiments désagréables, et perd rapidement son statut d’accessoire utile. La morale dans sa dimension strictement dualiste empêche d’accéder à l’amour véritable en le simulant, et rend le "combat intérieur" non avenu. Cela revient à attiser le feu que l’on veut éteindre.

Plutôt que de parler du "mal", ne faudrait-il pas parler de forces ou de "tendances psychiques visant à provoquer toujours plus de souffrance, d'aveuglement et de déraison" ? C'est long à dire, je l'avoue...


Le Diable : il est là-bas !

Lorsqu'on confond la carte et le territoire, le concept et le réel signifié, les confusions apparaissent. La personnification du mal mène droit à son extériorisation : au manichéisme. Tout à coup, l'humain (tout en étant pêcheur) devient vierge, et c'est le Diable qui cause le mal. Il faut donc détruire ces hommes et ces femmes qui émanent de ou pactisent avec lui. Les Américains, les Islamistes, les industriels, les croyants, les athées. Nous projetons nos propres « ombres » sur les autres et ça nous donne l’impression d’être plus purs.

Cette attitude a trois défauts majeurs :
- On oublie que le mal est en nous, on le nie et on le refoule
- On nourrit la haine et l'aversion donc le mal en nous
- On n'est plus capable de voir l'autre diabolisé dans le long terme et on ne l'autorise plus au changement

Tout cela prend une échelle politique et planétaire lorsque des politiques, des dictateurs, des Etats et des religions induisent massivement cette mentalité pour mieux manipuler l’opinion publique. Les individus perdent alors leur intégrité et leur autonomie. Sujet abordé plus amplement dans Présent et Avenir, C.G. Jung.

Sur le même thème :
- La conjonction des opposés dans le travail sur l'ombre (psychologie jungienne)
- Savoir gérer le mal (site université Paris 5)

Voir également "la morale athée"


Vidéo de C.G. Jung sur la guerre (et le mal) in English

28.05.2007

Esotérisme, exotérisme et syncrétisme

Une séparation subtile, un mariage ambigu

Opposition réelle ou apparente ?

esoterisme L’exotérisme et l’ésotérisme : clichés et nuances

Dans un contexte religieux, l’exotérisme fait référence aux pratiques et enseignements divulgués au grand nombre. Ces derniers sont standardisés, plus ou moins stéréotypés et accessibles à la compréhension de tous, même au risque de sembler naïf et puéril aux yeux de certains, intellectuels et scientifiques. Il agit comme une grille qui ordonne les choses. C’est lui qui, en parallèle avec la loi, par une morale et des règles toutes faites, règle la vie quotidienne de la masse croyante, sans la faire nécessairement évoluer. Celui qui suit des règles à la lettre sans se poser de question sur lui-même, sur la vie, ne mûrit pas.
L’exotérisme ou l’orthodoxie, par son caractère univoque, schématique et populaire, est aussi un instrument de pouvoir et de domination, comme Laborit le décrit si bien dans l’Eloge de la fuite. C’est dans ce cadre-là que se forment les hiérarchies, les institutions et l’autorité religieuse.

Les 10 commandements, les 5 vœux bouddhistes de fidèle laïque (ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas voler, ne pas prendre d’intoxicants, ne pas tromper son/sa partenaire) ou "la voie étroite" sont des émanations d’un cadre exotérique parfois à la limite du réactionnaire ou de l'intégrisme. Les parents catho-catho, sur-musulmans, hindous orthodoxes, bouddhistes Théravada parlent de "garçon correct" que leur fille peut épouser - et de "garçon incorrect" infréquentable.


L’ésotérisme à l’opposé correspond à ce qui est caché, secret, réservé aux initiés ou à une élite. On pense à la franc-maçonnerie ou à des gens bizarres, qui ont des codes et des signes suspects avec des objectifs suspects. Les enseignements ésotériques sont complexes, subtiles, sophistiqués, profonds, parfois obscurs et impopulaires. On parle de concepts comme la vacuité, le non-dualisme ou la transcendance.
Ce sont les rites d’initiation qui permettent à chacun d’avoir accès à certains textes ou méthodes secrètes. Les adeptes sérieux s’engagent dans une quête initiatique qui est parfois dissimulée de l’entourage. L’ésotérisme, équivoque, d’apparence parfois stupide ou absurde éloigne ou aliène plus d’un. Les mystiques, qu’ils aient été chrétiens, soufis ou juifs, ont été martyrisé à travers l’histoire. Leurs homologues orientaux ont eu la vie un peu plus facile, mais s’ils ont toujours été l’objet de la plus grande méfiance des institutions et hommes de pouvoir de la planète.

Esotérisme comme : le soufisme musulman, l’hésychasme chrétien orthodoxe, l’hermétisme, l’alchimie, la kabbale juive, le tantrisme ou tantrayana hindou ou bouddhique, le chamanisme.

D’un certain côté, il y a donc un antagonisme entre ces deux grandes approches par une apparente opposition de point de vue, et par la manière de gérer la société (même si en réalité ce n’est pas aussi simple).


Voici une histoire soufi :
Ibn Arabi, considéré comme étant le plus grand sheikh (enseignant, maître initiateur) soufi, passa par la Tunisie pour se rendre à la Mecque. En Tunisie, il entendit parler d’un saint homme qu’il devait absolument aller voir. Ce saint homme était un pêcheur qui vivait dans une hutte fait de terre au bord de la mer. Il pêchait trois poissons par jour, ni plus ni moins, et donnait la chair aux pauvres. Il gardait la tête de ces poissons pour les cuir et les manger. Il menait une vie de monastère, s’étant retiré du monde. Bien sûr, Ibn Arabi était impressionné par une telle discipline. Il discuta avec le pêcheur et celui-ci lui demanda : « Où allez-vous ? Allez-vous passer par le Caire ? » Ibn Arabi acquiesça. «  Mon sheikh vit là-bas. Pourriez-vous lui rendre visite et lui demander conseil pour moi, car toutes ces années j’ai prié et vécu humblement comme cela, et je n’ai obtenu aucun progrès dans ma vie spirituelle. Je vous en prie, demander lui un conseil. »

Ibn Arabi promit qu’il le ferait et en arrivant au Caire, il demanda où se trouvait le sheikh. On lui répondit : « vous voyez l’immense palais au sommet de la colline ? C’est là qu’il demeure. » Il s’y rendit et fut accueilli agréablement. Des serviteurs l’amenèrent dans une salle d’attente luxueuse et lui servirent de la nourriture. Puis Ibn Arabi regarda par la fenêtre et aperçut une procession. Le sheikh qui arriva à grande pompe chevauchait une magnifique  monture, portait une fourrure et des bagues de diamants, et était entourée d’une garde d’honneur. Mais il était un homme bon et salua Ibn Arabi chaleureusement. Ils s’asseoyèrent et commencèrent à discuter. A un moment de la conversation, Ibn Arabi dit : « Vous avez un disciple en Tunisie. - Oui, je sais, répondit le sheikh. - Il vous demande un conseil spirituel. - Dites à mon disciple que s’il est trop attaché à ce monde, il n’arrivera jamais à rien. »

Ibn Arabi n’y comprenait rien mais, à son retour du voyage, revit tout de même le pêcheur en Tunisie. Ce dernier demanda immédiatement : « Avez-vous vu mon sheikh ? » Il répondit oui. « Qu’a-t-il dit ? » Ibn Arabi, l’air embarrassé, avoua : « Eh bien, vous savez, votre sheikh, il vit en grande pompe et dans le grand luxe. - Oui, je sais. Qu’a-t-il dit ? - Il a dit que tant que vous êtes attaché à ce monde, vous n’arriverez jamais à rien. »

Et le pêcheur pleura longuement. « Il dit vrai, souffla-t-il. Chaque jour, lorsque j’offre la chair de ces trois poissons, mon cœur se déchire. Chaque jour, je mourrais pour avoir un poisson plutôt qu’une seule tête, alors que mon sheikh vit dans le luxe sans en avoir le moindre souci.



Dans ce conte, le pêcheur peut être le représentant de l’exotérisme, de la discipline. Bien que l’ésotérisme puisse s’apparenter à l’ascèse, à la vie dure, le riche sheikh peut l’incarner dans sa forme « alchimique » : on dépasse les apparences du monde dans le monde. Transmutation de nos rapports à objets et aux sens à l'intérieur-même du monde, voire des mondanités et des frivolités. (On entend même parfois dire que les anges ou les bouddhas se cachent parmi les mendiants, les prostituées et les brigands). Mais ce jeu avec le feu n’est pas sans danger et les victimes de « brûlures » sont nombreuses. Nombreux sont aussi ceux qui manquent de préparation à cette voie on ne peut plus subtile, mais qui se lancent et persistent par orgueil (ou « pour le style »).

Plus vite que la musique

L’ésotérisme religieux s’est rapidement popularisé en Occident durant le 20ème siècle. De nombreuses personnes intelligentes mais trop pressées se sont jetées et se jettent encore sur les mines d’or de l’ésotérisme. Bien sûr ils se trompent - même si l’argument selon lequel les erreurs sont formatrices est à prendre en compte.
Pour commencer, certaines personnes sont encore trop fragiles pour s’engager sur le chemin si difficile de la spiritualité et de l’introspection, de la confrontation avec soi-même (le grand jihad…) - ou même de l’exotérisme le plus basique. Peut-être devraient-ils passer par la case "apprendre à s'aimer", relaxation ou psychothérapie.
Les autres ont un mental assez solide mais manquent souvent d’études, d’entraînement et d’expériences de la vie, de lucidité. Dans bien des cas, un guide qualifié, même un guide tout court manque. En fait, il est certainement plus honnête pour ces derniers de commencer par la case départ - la case exotérisme - que de se prendre pour Jésus ou Merlin l’enchanteur. Nous sommes faibles, cette réalité est dure à accepter avec nos tripes.

L’exotérisme constitue les fondements de la spiritualité avec une discipline du corps et de l’esprit, des règles exigeantes mais simples et des entraînements à la patience, la concentration, l’humilité, l’écoute et la présence à soi. Ce qui est déjà énorme et peu occuper toute une vie.

Ce premier bagage - un minimum de maîtrise de soi - est indispensable pour embarquer dans le vaisseau supersonique de l’ésotérisme et atterrir dans la dimension transcendante de la non-dualité, de l’absolu, de l’ineffable…

On peut dire alors que l’ésotérisme et l’exotérisme ne sont que des façons différentes de voir et de vivre le monde. Selon sa personnalité et ses capacités, la maturation spirituelle est plus ou moins rapide avec l’une ou l’autre de ces voies. On peut aussi considérer que l’un contient l’autre ou que l’ésotérisme est une extension de l’exotérisme. On peut trouver une analogie avec la différence entre la vision newtonienne/cartésienne de l’univers et la relativité générale d’Einstein.

Mise au point

Certaines doctrines ésotériques ne sont pas forcément secrètes ou difficiles d’accès. Le bouddhisme Vajrayana avec de nombreux livres théoriques et pratiques en vente (peut-être à tort), des rituels rendus accessibles aux débutants (notamment le Kalachakra), est bien moins opaque que la franc-maçonnerie.


L’ésotérisme mercantile

Les différents mouvements et « nouvelles spiritualités » sont souvent des purs produits de consommations (je ne nie pas les exceptions). Certains savent qu’ils trompent, d’autres se dupent eux-mêmes et une mince minorité voit juste. Mais les choses vraies ne sont pas toujours bienfaitrices ou bien utilisées. Peu importe ça génère beaucoup de profits. La plupart ne prennent pas de risque en reprenant les principes, savoirs et méthodes des religions centenaires et millénaires.

Le principal défaut de cette duperie ésotérique est qu’elle s’appuie sur le spectaculaire (rappelez-vous de la Société du spectacle de Guy Debord / Wikipedia) et la fascination d’éléments extérieurs : Dieu, les esprits, les divinités, les extra-terrestres, les anges, les êtres de lumière… Que l’objet de vénération et même d’idéalisation soit extérieur ou intérieur, la déviance principale est due à la fascination. On se fabrique notre propre avidité de représentations idéales et sublimes qui rendent notre bas-monde si médiocre, laid, repoussant ! On est si désenchanté… C’est la fuite de soi-même, des autres, du quotidien. La cause viendrait de notre civilisation matérialiste qui a relégué la divinité et l’impalpable au rang du fantastique, du fabuleux : de l'affabulation. Du coup, nous y croyons difficilement mais nous ne cessons pas d'être fascinés - sans se l’avouer - et nous rêvons devant des écrans de cinéma. A l’inverse, dans les cultures primitives (en supposant qu’elles subsistent encore) et les sociétés ayant gardées la spiritualité et le mystère en leur centre, le divin ou l’invisible n’ont rien d’extraordinaire ou de spectaculaire : ils font parties du quotidien.

L’ésotérisme du nouvel âge se nourrit de cette soif de fantastique et de rêves. L’émerveillement et les pensées positives ont bien leur rôles dans le processus spirituel mais point trop n’en faut. Comment peut-on aimer les autres, l’imperfection si on s’en plaint, en espérant trouver la perfection ?

L’ésotérisme mercantile est à l’image de ce qu’il véhicule : le principe de la possession et du gain - du savoir, de la sagesse, de l’amour, du bien-être, de la paix. On reste dans l’égocentrisme basique. Voir « le matérialisme spirituel »
Une véritable démarche spirituelle ne cherche pas le bien-être à tout prix, elle inclut la souffrance et la peine (effort) dans son processus. Il est question de regarder avec honnêteté ce qui nous fait souffrir, pourquoi, comment, et non de le fuir. On peut s’apercevoir alors que la cause ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur de soi-même. Il y a donc constamment un aller-retour entre la quête de quelque chose de meilleur et une acceptation de la vie telle qu’elle est. On s’approche de la notion de dépouillement, de lâcher-prise, et non du gain et de l’attachement. Le grand paradoxe spirituel est que l’on trouve le bonheur en arrêtant de le chercher.
 

Syncrétisme

L’autre côté séduisant de cet ésotérisme est le mélange sans pudeur des traditions, qui laisse croire que l’on peut comprendre les religions sans effort et évoluer sur le chemin spirituel en lisant quelques livres sympathiques, ou en priant de temps en temps.
La meilleure façon d’atteindre une grande maîtrise et la dextérité au piano ou à la guitare, n’est pas de mélanger les méthodes d’apprentissage des deux instruments. Car le problème n’est pas tant de connaître la vérité sur le monde, mais de s’affranchir de nos mécanismes internes qui nous amènent à la souffrance. Si l’on brouille les pistes, si l’on élimine les spécificités et la profondeur de chaque méthode, on perd l’efficacité des chemins spirituels. L’authenticité des religions se manifeste par leur universalité, mais leur richesse consiste en leur spécificité. Pour guérir les malades, on peut entreprendre des études de médecine, d’acuponcture, d’ostéopathie, de psychiatrie… Mais est-il raisonnable d’étudier un peu de tout cela en même temps ?

01.04.2007

Ce que cache un croyant

Inutile de croire. Pratiquer : pourquoi ?

Souvent, lorsque les athées parlent de "croyants", le terme regroupe autant les "croyants non pratiquants" que les pratiquants et les croyants non religieux. Si c'est le cas, c'est parce que pour eux, la principale préoccupation, le sujet au coeur du débat est la croyance, alors que dans une spiritualité authentique, il n'en est pas de même.

Parmi les fidèles d'une religion, les personnes crédules ou ceux qui ne veulent pas approfondir s'en tiennent à une croyance plus ou moins forte, en tout les cas plus ou moins creuse, artificielle. A moins d'être vertueux, talentueux, géniaux dès le début, les croyants "débutants" font preuve de peu de qualités, de capacités spirituelles : patience, tolérance, générosité, lucidité, courage, douceur, réactivité, sagesse,... Ils sont les cibles les plus faciles des critiques athées. (c.f. : la mythomanie spirituelle)
Certains débutants sont prudents et n'attachent pas d'importance à la croyance, mais à l'efficacité ou à la pertinence des sermons ou enseignements donnés.
Dans les fidèles plus avancés ou assidus, une partie croit au divin, une autre non ou ne s'en préoccupe pas. Quelque soit leur position, leur caractéristique principale est une pratique régulière voire intensive. Si une minorité développent des qualités humaines et spirituelles, pour la majorité ce n'est pas le cas, où à très faible allure. Cette majorité constitue la meilleure proie des athées car ils "nourrissent" un énorme paradoxe. Paradoxe n'est que contradiction apparente : cela n'est pas sans explication. En effet, une pratique spirituelle qui n'est pas connectée à l'introspection, soit une confrontation avec son âme, son inconscient, ses émotions, ne peut engendrer une transformation en profondeur. Laisser intact ses névroses, ses fixations mentales, puis s'exercer au lâcher-prise et accumuler des savoirs, des capacités mentales, psychiques, revient à rincer, sécher et parfumer son corps souillé sans l'avoir savonné. Pratiquer sans s'être interrogé sur sa motivation profonde revient à partir en voyage sans avoir vérifié la destination. (c.f. : la psychologie du décalage)

Il y a une différence majeur qui se retrouve à tous les niveaux, c'est la foi : pas dans le sens de Comte-Sponville (L'esprit de l'athéisme) mais d'un sentiment profond, d'un ressenti d'une présence transcendante (c.f. : la foi et la croyance). Une personne qui a la foi, a comme motivation l'exaltation, un sentiment de grandeur à sa démarche spirituelle. Une personne qui n'a pas la foi, aura comme motivation - en général inconsciente - la peur (de la mort, de la solitude, de l'échec, etc.), la culpabilité, le narcissisme, que cela soit sous couvert d'un raisonnement sophistiqué, ou pas...

Parmi les personnes a-religieuses, il existe de telles personnes qui ne pratiquent aucune forme de religion mais qui ont la foi. Ce n'est pas pour autant qu'elles n'ont pas accès à l 'introspection et au développement spirituel qui peut se vivre à travers les actes de la vie quotidienne, le développement personnel ou une psychothérapie.

En résumé, la croyance importe peu dans la spiritualité. Pratiquer une religion peut contribuer à la maturation intérieure, mais pas toujours. Ce qui compte est l'investissement dans l'introspection et l'entraînement de l'esprit dirigé vers la sagesse. Ce qui change tout, c'est la foi. En définitive, la dichotomie croyants / non-croyants est trop grossière.

17.03.2007

Mythomanie spirituelle

Chrétien n'est pas Jésus


medium_Jesus_Satan.jpgLa méprise vient souvent de l'athée : pourquoi se querellent-ils tout en prônant l'amour ? Pourquoi se pavanent-ils alors qu'ils accusent l'orgueil ? Et quand le croyant n'assume pas cette contradiction apparente ou n'en est même pas conscient, la colère se fait sentir. Les athées voudraient que tout chrétien soit Jésus, que tout bouddhiste soit Bouddha, et à la découverte de la douloureuse réalité, ils clament que nulle religion n'a de sens ni d'utilité. Il arrive souvent d'ailleurs, qu'un croyant finisse par croire, à temps partiel ou à plein temps, qu'il égale un ou plusieurs grands prophètes de l'Histoire. Il m'est arrivé de tomber sur de fervents pratiquants assez modestes pour dire "je ne suis qu'un ridicule croyant" mais d'une telle arrogance qu'ils prétendent maîtriser largement leur esprit, appliquer leurs principes (ceux de leur doctrine), avoir le coeur ouvert et empli d'amour. Il n'en est rien bien sûr. Puis ils s'adressent à leur entourage sur un ton hautain ou autoritaire pour leur dire quoi faire.

A force de lire à répétition des principes admirables, de prier le bien et d'exhorter de mal, le pratiquant finit souvent par croire qu'il est devenu cet idéal qu'il recherchait. Ainsi, sans prendre le temps de bien vérifier ses acquis, ses transformations intérieures, il va se croire pur et accompli, savant et supérieur, surtout lorsqu'on a obtenu un titre honorifique, une position élevée dans la société ou une hiérarchie religieuse. Ainsi se creuse un véritable gouffre entre l'image que l'on a de soi-même et ce que l'on est vraiment, et ce que l'on pense consciemment et ce qui se trame inconsciemment. Alors que la conscience semble s'attacher à une notion idéale de l'amour, l'inconscient peut être empêtré dans une accumulation de haine.
Je crois qu'il n'est pas constructif de savoir si l'inconscient est une réalité tangible ou pas. Ce qui est certain, c'est qu'il y a une multitude d'émotions et des pensées dont nous ne sommes pas conscient. De mon point de vue, tant que nous n'aurons pas intégré cette notion d'éléments psychiques conscients et non-conscients, il sera toujours difficile d'évoluer spirituellement, quelques soient la fréquence et la quantité de la pratique religieuse ou spirituelle. J'ai envie de dire que la spiritualité implique forcément l'introspection, c'est-à-dire d'aller à la rencontre de ses propres "éléments inconscients", et que la religiosité peut s'en passer. Pourtant, il est fort de constater que de nombreuses personnes qui se revendiquent "spirituelles" investissent assez peu de temps et d'effort pour aller à la rencontre du "côté obscur de leur propre force". Pour initier une telle entreprise, il semble nécessaire d'atténuer les jugements que l'on se porte à soi-même (et de ce fait aux autres), de se débarrasser de son dieu-juge personnel. Ainsi, la haine, la jalousie, la colère, etc. perdent leurs étiquettes "mauvais", "mal", "diabolique". Ils ne sont plus que des parties de soi-même, et on peut les accueillir sans crainte avant de les transformer ou les dissoudre.

Voir :
- "Idéalisme, maîtres et adoration"
- "La psychologie du décalage"
- "Le matérialisme spirituel"