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18/11/2009

documentaire NDE / EMI


Je relaye un message du docteur Jean-Pierre Jourdan :

Une bonne nouvelle pour celles et ceux qui n'ont pu visionner le documentaire  d'Éric Robin et Cyril Besnard "Le Grand Retour" :
vous pourrez le voir dans son intégralité sur la page suivante :


http://vimeo.com/7493897

avec comme mot de passe pour y accéder : ndemi

A travers plusieurs témoignages, ce documentaire aussi sensible qu'intelligent réussit l'exploit d'exposer les EMI sous tous leurs aspects, en dédramatisant le sujet et en montrant aussi bien le côté humain -et humaniste- de ces expériences que l'énigme qu'elles représentent pour la science.

Bien qu'aucune explication satisfaisante ait pu leur être apportée à ce jour, l'existence de ces expériences est aujourd'hui reconnue par l'ensemble de la communauté médicale et scientifique.

Elles représentent un bouleversement existentiel pour celles et ceux qui les ont vécues, autant qu'une énigme pour les médecins qui y sont confrontés et les scientifiques qui essaient de les comprendre. A ces titres, elles peuvent et doivent être étudiées de la manière la plus rigoureuse qui soit, en restant à l'écart de toute interprétation prématurée ou réductrice.

Le Dr Frédéric Joye, médecin urgentiste et moi-même présentons donc dans ce documentaire les grandes lignes du protocole de recherche hospitalière que nous allons proposer en 2010 aux hôpitaux français, dans le cadre de l'association IANDS-France.

11/07/2009

Expérience clinique pour les EMI

 


Suite à la publication de Deadline, dernière limite, le docteur Jean-Pierre Jourdan réussit à mettre en place une expérience au sein même d'un hôpital public, celui de Sarlat, afin d'objectiver les perceptions qui ont lieu lors des expériences de mort imminente. Celle-ci a été relaté dans un reportage du JT de France 2.


Article sur Deadline dernière limite

07/09/2007

Deadline Dernière limite du Dr J-P Jourdan

Commentaire : la mort, l'amour, la matière et les EMI


medium_Deadline.jpg J’ai lu ce livre sur le vaste sujet des EMI/NDE de 600 pages (Ed. les 3 Orangers, préface du Dr Raymond Moody) avec plaisir et émerveillement. Les nombreux témoignages cités apportent vraiment légèreté et humour sur un thème encore tabou et grave en Occident. Je le conseille à toute personne croyante ou sceptique intriguée par le sens de la vie et de la mort.
Vous pouvez vous procurer Deadline Dernière limite : EMI : Une énigme pour la science, Plaidoyer pour une étude scientifique des Expériences dites de Mort Imminente.

Le site officiel du livre : deadlinelelivre.fr
Le livre est disponible en version proche.

L'auteur est docteur en médecine et vice-président et directeur de la recherche médicale de l'association spécialisé dans les NDE IANDS-France : iands-france.org

EMI comme Expérience de Mort Imminente

Le phénomène du "tunnel qui aboutit sur la lumière" vécu par les rescapés de la mort est assez connu mais superficiellement. De plus le sujet a été rapidement récupéré par l'ésotérisme marchand avec son imagerie de l'esbrouffe. Il se trouve que les expériences que l'on appelle EMI sont vécues non seulement par des personnes au seuil de la mort, mais aussi par des personnes en parfaite santé dans des circonstances très ordinaires (contemplation d'un paysage), la pratique de la relaxation ou méditation. Ce qui remet fortement en cause l'hypothèse selon laquelle le cerveau produit des hallucinations par manque d'oxygène ou dérèglement hormonal, et celle qui prétend que l'inconscient génère
des images rassurantes ou chaotiques à l'approche de la mort.
Un ouvrage qui chamboule tous nos récents acquis de la science et des sciences humaines.


Les atouts de Deadline


- L’auteur répond à (quasiment) toutes les objections des scientifiques sceptiques et matérialistes, ceux qui réduisent le phénomène à un simple mauvais tour neurologique ou de l’inconscient.
- Ses arguments sont pondérés. On ne fait ni du sensationnel « niouâge » ni d’affirmation catégorique. Jean-Pierre Jourdan nous invite en permanence à bien distinguer constatations objectives, convictions (des expérienceurs / témoins et scientifiques) et preuves scientifiques.
- Il insiste également sur le fait que les EMI ne confirme aucune conception métaphysique ou cosmologique de quelle religion que ce soit.
- Absence d’idéalisation du phénomène. Il ne fait pas les expérienceurs/témoins d’EMI des saints, comme si les EMI rendaient les humains « purs ».
- Un théorie interprétative des EMI qui concorde ou du moins qui semble s’accorder avec les plus récentes théories en physique (théorie des cordes, théorie branaire , supersymétrie, la relativité d’échelle).


Mes réserves
(je déconseille de les lire avant le livre)

Une pré-mort


L’auteur (et souvent les expérienceurs) semble extrapoler le processus de la mort à partir des EMIs, or ces derniers ne prouvent rien par rapport à la mort elle-même, comme l’admet l’auteur lui-même. Pourtant J-P. Jourdan s’exprime comme si les témoignages d’EMI suffisaient à réfuter les différents points de vue des religions sur la mort (et la divinité) : il n’y a pas de paradis, ni d’enfer, ni de Dieu. Je pense qu’on peut s’accorder à dire qu’aucun croyant ou religieux sain d’esprit ne croit à un Dieu sous la forme d’un vieillard avec une barbe blanche (ni au monstre en spaghettis volant !). De même, les nombreux témoignages concordent sur la notion et même le ressenti de barrière séparant la « vie » de l’outre-monde, de laquelle on ne peut plus revenir une fois passée de l’autre côté. A partir de quoi l’auteur déduit que l’on ne peut absolument pas revenir de la mort (vision du christianisme exotérique). Pourtant, si j’ai bien compris, les personnes rapportant des EMI n’ont pas franchi cette barrière et ne sont pas mort, au sens propre du terme. Comment peuvent-ils donc en être sûr ? Ce que je déduis de cela, c’est que cette barrière symbolise la mort de cette vie-ci, celle que l’expérienceur risque de quitter, et non celle d’éventuelles vies futures, en supposant que cela soit possible.
Les EMI ne prouvent donc pas que la réincarnation est une invention d’un imaginaire collectif, ni que Jésus ne pourra jamais revenir du ciel.
Je conçois que la mort soit définitive pour « cette vie actuelle », mais pas pour la suite. Je ne peux donc adhérer à l’affirmation catégorique de l’auteur qui dit que « la mort est définitive,  personne n’en est revenu pour nous la raconter. » En effet, dans l’hindouisme et dans le bouddhisme au moins, des personnes d'une réalisation plus ou moins élevée prétendent se souvenir de leur mort « précédente » et même de leurs vies passées. Sans parler de ceux qui ont visité, est-il dit, des « dimensions parallèles ».
c.f. : - 20 cas suggérant le phénomène de réincarnation (Ed. J'ai Lu), Ian Stevenson
- De naissance en naissance, Denise Desjardins
- Le livre tibétain des morts
- Enfants de la réincarnation, Vickie Mackenzie

D’autre part, il n’est pas dit que tous les expérienceurs auraient atteint la lumière et y seraient restés s’ils étaient vraiment morts. Rien ne dit qu’au final d’autres facteurs les auraient détournés de l’amour-lumière, vers des lieux moins confortables…


Matérialisme et spiritualisme - signification, idées et sensation

Selon J-P Jourdan, l’opposition matérialisme et spiritualisme n’a pas lieu d’être, dans la mesure où la notion de matière pourrait s’élargir jusqu’à l’inclure. Bien sûr les neutrinos n’ont pas de masse et sont étiquetés comme « matière » par les physiciens. Les champs électromagnétiques sont également considérés comme de la matière. Qu’en est-il de la gravité ? Cela me paraît difficile de garder un concept qui durant des siècles faisait référence à ce que l’on pouvait toucher et d’y inclure tous les phénomènes mesurables mais intangibles.

Au-delà du problème de terminologie, il y a 3 objections :

- Les perceptions/sensations. Peut-on dire que les couleurs, les odeurs, les goûts, les sensations liées au toucher, etc. sont de la matière (palpable ou impalpable) ?
Cela fait plusieurs années que les neurologues affirment que les couleurs sont une illusion, une construction de l'esprit. (C.f. l'article La vision du monde en couleur, une invention du cerveau paru dans Le Monde du 12/08/2000). Ce qu'il y a "derrière" la couleur (une sensation), ce sont des ondes électro-magnétiques (un phénomène physique) - de la matière selon J-P Jourdan. Mais la sensation, rouge ou bleu, salé ou sucré, que l'esprit ou le cerveau rattache à cette matière,  est-ce encore de la matière ? Voir la page qualia sur Wikipédia

- Les idées/pensées/émotions. Il y a bien sûr des phénomènes électro-chimiques et hormonaux lié aux pensées et aux émotions. Il n'est pas prouvé que les premiers sont les (uniques) causes des secondes. Admettons une seconde, en bons matérialistes, que le phénomène physique soit à l'origine de l'émotion. Devrait-on en conclure que l'émotion  est matérielle ? Malheureusement, cela est impossible, on ne peut pas confondre le producteur et le produit, le chanteur et sa voix (sauf dans le mysticisme peut-être).

- La signification/le sens. Influx nerveux, neuromédiateurs, interactions neuronales, d'accord. Et le sens qui surgit dans notre conscience ? (je ne vais pas parler de l'inconscient...).  Si je me dis  que "l'univers est fabuleux et immense", s'agit-il de matière ? La question de la conscience et du sens a été largement creusée par le philosophe John Searle avec l'expérience de la chambre chinoise (en deux mots : les neurones ne comprennent pas le chinois, mais la conscience (grâce aux neurones et bien sûr les yeux ou les oreilles) le comprend).

Les détracteurs du dualisme-spiritualisme ou du monisme (non-matérialiste) semblent oublier, à force de se focaliser sur la chimie et la physique, de considérer les pensées, les sens et les sensations, en tant que telles.

Le docteur Pim Van Lommel, dans L'Expérience de Mort Imminente : Premières rencontres internationales, Actes du Colloque Martigues 17 juin 2006, suggère comme image pour le cerveau, une radio qui émet de la musique en recevant des ondes. Eteindre la radio ne supprime pas les ondes. Pareil pour la télévision, avec laquelle on peut triturer l'image notamment en tournant les boutons : mais l'émission elle-même n'est pas modifiée.  Dans l'autre sens, un caméra vidéo capte la lumière, et si l'on manipule l'objectif, les réglages de la caméra (le cerveau), l'image captée et retransmise est altérée. Le cerveau (radio, télévision, caméra) ne serait qu'une interface de la conscience (les ondes).


La religion et le bas-monde

L’auteur semble aussi réduire les religions à des systèmes dogmatiques de croyances et de pensées, par ignorance, économie de mots ou encore par stratégie didactique.

Un des derniers passages du livre évoque à très juste titre le problème du désarroi et du désoeuvrement que rencontrent les témoins d’EMI après coup. Comment vivre heureux et sans « se faire bouffer » dans cette jungle de la vie moderne après avoir goûté à l’amour absolu ? Ils sont nombreux (mais dans quelle proportion ?) à rejeter les religions (surtout les dogmes). Ils ont beau chercher, s’interrogent, dévorent les livres, mais quelque chose manque. Puis la contradiction entre un discours spirituel orienté vers la bonté et un comportement égotique voir arrogant finit souvent par apparaître.

Derrière l’image repoussante du dogme se cache souvent au sein des religions authentiques, une myriade de méthodes vouées au développement personnel, spirituel et parfois à la santé physique-même. C’est le fameux duo exotérisme-ésotérisme dont la frontière ne se trouve pas toujours où on le croit. Si après une EMI un bon samaritain n’est pas forcément assez armé pour plonger dans la jungle du consumérisme, la plupart des religions offrent de véritables exercices de l’esprit visant à muscler et enrichir (ou dépouiller, ça dépend de la vision) l’esprit. Il n’y a qu’à regarder les expériences autour des effets de la méditation sur les moines du Dalaï-lama menées par les psychologues et neuroscientifiques comme Olivia Carter, Jack Pettigrew ou Richard Davidson - membre de l'institut Mind & Life qui travaille pour l'entraide entre la science et la spiritualité (c.f. : R. Davidson et al., Alerations in brain and immune function produced by mindful meditation, in Psychosomatic Medicine, vol. 65, pp. 564-570, 2003). A ce sujet voir l'article (sur le site des Nouvelles Clés) de Thierry Janssen sur la méditation qui évoque le travail de Richard Davidson et sa collaboration avec des méditants. Vous pouvez aussi lire "Quand l'esprit dialogue avec le corps" où s'entretiennent des scientifiques de hauts rangs avec le Dalaï-Lama (Guy Trédaniel Editeur). A noter que les témoignages de méditation des mystiques chrétiens concordent souvent avec ceux des maîtres bouddhistes. La mystique diyonisienne, rhénane (Maître Eckhart), la patristique  grecque, le tantrisme ou le soufisme sont autant de manières de s'affranchir des forces de l'inconscient et de progresser vers la "lumière".

Si des milliers de religieux s’enferment dans des cellules, des ermites se retirent dans des grottes pour pratiquer intensivement la prière, la méditation et autres, c’est bien parce que l’esprit implique des conflits psychiques qui sont très loin d’être facile à résoudre. Bien sûr, ce n’est pas la seule voie mais il semble que l’esprit est comme un muscle, ça se « travaille ». La concentration, la patience, le lâcher-prise, la lucidité, l’humilité,  l’anticipation, l’intuition, ça se travaille. La connexion avec le divin, ça se demande, ça se « supplie » - ça se  mérite. Qui risque rien, n'a rien. On dit aussi : aide-toi, et le ciel t'aidera. L’orgueil universel est tellement puissant qu’un immense engagement, un profond appel du cœur sont requis pour « s’en défaire ». Bien sûr, il y a des moments de grâce, de sérénité, d’abandon qui amènent des déblocages, des prises de conscience, mais un entraînement de l’esprit semble indispensable. Et heureusement, ces entraînements existent, encore faut-il trouver un bon instructeur, une bonne classe, de bons cahiers.
Pour les personnes allergiques aux religions, il y a des psychothérapies (Jung, Maslow, Gestalt, psychogénéalogie, etc.) et autres voies spirituelles non-religieuses tout à fait honorables comme la communication non-violente.

Certains expérienceurs ne deviennent-ils pas, malgré leur prise de conscience, manichéens en quelque sorte, et jugeant notre bas-monde si mal qu’ils en ont la nausée. Quelques rescapés de la mort reviennent avec des capacités extrasensorielles. Si l’on considère que même les ressentis ou les intuitions ne sont qu’une approche duelle et relative de la réalité, il n’y a pas à leur donner totalement raison, et il n’y a pas lieu d’entretenir cette vision binaire et négative du monde.