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16/04/2015

Mourir à l'hôpital avec Hypnovel

Article publié initialement le 28/10/2010

MAJ avril 2015
Nous avons tous besoin de temps et de certaines conditions pour pouvoir faire notre deuil ou plutôt dire "au revoir" et soulager notre peine. A lire les commentaires, il semble que des équipes médicales ne prennent pas en compte l'aspect humain, non seulement du patient mais aussi de ses proches. Est-ce un autre signe du paradoxe français où cohabitent médecine hyper-matérialiste et homéopathie ?

Egoïste ?
Le mourant est-il égoïste d'espérer avoir le temps de dire adieu ?
Les proches sont-ils égoïstes de vouloir passer du temps avec l'être cher qui va bientôt les quitter ? Et s'insurger quand ils pensent qu'on a précipité sa mort sans concertation ?
Le docteur ou l'infirmier qui met fin à la vie d'un mourant, parce qu'il ne supporte pas la vue de l'agonie, du trépas qui s'approche lentement, parce qu'il veut soulager son mental, sa charge de travail. Est-il égoïste ? Le corps médical est-il un garage où les corps sont réduits à des machines valides ou invalides ?

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Je le fais dans l'autre sens : le mourant, torturé par la douleur, est-il égoïste de vouloir mettre fin à ses jours ? Parfois ouvertement, ou peut-être aussi avec la complicité très discrète d'une infirmière ou d'un médecin…
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Aujourd'hui des voix s'élèvent pour légaliser l'euthanasie. Lorsque tout le monde est consentant, c'est une chose. Mais lorsqu'il y a un besoin pressant de parole et de contact, pourquoi agir sans prévenir ? Je suis ahuri de lire un chrétien presque approuver l'euthanasie. Dans ce pays à la fois fortement athé et religieux, la mort est tabou et son rapport à elle difficile voire impossible. Peut-être sommes-nous à l'aube d'un changement de perception…

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Je viens de recevoir par email un témoignage d'accompagnement de fin de vie. Je vous en livre l'intégralité :


 J’aimerais partager avec vous l’expérience que j’ai faite lors de l’accompagnement de ma mère mourante jusqu’au jour de ses funérailles.

 

  En tant que croyants, personnes engagées sur un chemin spirituel, ou humanistes laïques, nous sommes conscients de l’importance d’accompagner au mieux un être cher lors des derniers instants de sa vie et de son départ pour l’au-delà.

 

 Les recommandations traditionnelles concernant l’accompagnement des mourants  insistent sur la nécessité de créer un climat le plus harmonieux et rassurant possible  afin d’aider la personne mourante à trouver la paix et l’élévation de son esprit,  d’éviter les médicaments qui obscurcissent la conscience, et de laisser le corps reposer le plus tranquillement possible les instants (heures ou jours) qui suivent le moment de la mort.

 

  Or j’ai été confrontée aux difficultés de respecter ces recommandations dans un milieu hospitalier, et d’autant plus que je n’étais pas avertie des coutumes et protocoles de la médecine et des pompes funèbres.

 

   La première nuit que ma mère passa à la clinique, fatiguée par les deux nuits précédentes que j’avais passées à la veiller, et sûre que l’on s’occuperait bien d’elle, je la laissai seule. Au matin je la trouvai dans un état lamentable, son voisin m’apprit qu’on l’avait laissée appeler toute la nuit.  Je garderai toute ma vie le regret de cette nuit d’angoisse, réminiscence de la déportation, qu’il aurait été si facile de lui éviter par l’administration d’un tranquillisant ou d’un somnifère. Mais les infirmières ne sont pas habilitées à donner un médicament sans l’aval d’un médecin, lequel ne passe qu’une fois auprès des malades entre 20h et 6 h !

 

  A deux, nous assumerons une présence constante les jours suivants.

 

   Les huit jours passés à la clinique m’ont permis de constater à quel point le personnel soignant était dans l’impossibilité d’assumer une présence constante, attentive et bienveillante auprès des malades, et combien il était nécessaire qu’une (ou plusieurs) personne, ayant la pleine confiance du malade, puisse rester auprès de lui.

 

   Je demandai au médecin qu’un léger tranquillisant soit donné à ma mère le soir, en lui précisant qu’elle n’avait jamais pris le moindre psychotrope de sa vie. Il acquiesça en me disant qu’il allait lui donner un tranquillisant  injectable.

 

   Il me fallu plusieurs jours, et l’aide d’une cousine carmélite chargée de l’accompagnement des mourants, pour comprendre que le médicament donné à ma mère comme tranquillisant, était en fait un anesthésiant qui plonge le malade dans l’inconscience,  et induit arrêt respiratoire ou arrêt cardiaque.

   Normalement réservé aux cas « d’extrême détresse psychique et physique des personnes en fin de vie » il est de plus en plus souvent utilisé pour les personnes en fin de vie, pour une mort « plus propre » et sans que l’assentiment des familles ne soit demandé.

 

  Sur les conseils du pharmacien du couvent des carmélites,  je demandai l’arrêt de ce médicament  « l’Hypnovel »  les deux derniers jours de vie de ma mère.

 

  Ma mère n’était ni en détresse physique et encore moins en détresse psychologique, elle n’avait pas peur de la mort, et c’est très sereine qu’elle abordait les derniers jours de sa vie. Croyante, elle avait lu et entendu de nombreux enseignements sur le moment de la mort, tant chrétiens que bouddhistes, et était prête à se les remémorer. Et ces derniers moments étaient très précieux pour une ultime rencontre profonde et authentique avec ses proches.

   Or tout cela lui fût en partie volé  par la prescription inutile de ce médicament, lequel obscurcit sa conscience,  puis la fit sombrer dans un état semi comateux.

 

   La sœur  Carmélite m’affirma que, lors des nombreux accompagnements de mourants qu’elle avait vécu, toutes les souffrances, tant physiques que psychologiques, avaient pu être apaisées avec un peu de morphine et des tranquillisants. Les chrétiens, tout comme les musulmans et les bouddhistes, aspirent à ce que les personnes mourantes restent conscientes le plus longtemps possible.

 

    Malheureusement, pour beaucoup de médecins laïques d’aujourd’hui, les valeurs de conscience et de vie intérieure ne font plus sens, seules comptent l’annihilation de la souffrance et la « mort propre ». Aussi sommes nous obligés d’être particulièrement vigilants quant aux derniers soins qui sont donnés à nos proches.

 

  L’hospitalisation à domicile présente de nombreux avantages pour accompagner au mieux un proche en fin de vie. Il existe de plus en plus d’organismes prenant en charge toute l’organisation nécessaire.

  

   Ma mère nous quitta au matin du vendredi saint.

 

   Je demandai que son corps soit ramené dans la maison familiale, et déposé sur un lit réfrigérant.

 

  Il me fallut joindre plusieurs entreprises de pompes funèbres car toutes ne sont plus en mesure de fournir des tables réfrigérantes, méthode traditionnelle de conservation des corps. Le protocole de conservation au formol, acte intrusif éloigné des recommandations traditionnelles demandant de respecter le repos du défunt qui vient juste de mourir,  devenant de plus en plus la norme.

 

   Je demandai à ce qu’elle soit manipulée le plus doucement possible et, son corps devant être conservé six jours, j’acceptai qu’une injection minimale de formol lui soit administrée au soir du deuxième jour, remettant également à ce jour l’habillage. 

 

 Un dernier point que j’aimerais partager avec vous.   Dès que je sus que les jours de ma mère étaient comptés, je fis venir un prêtre qui lui administra l’extrême onction ou sacrement des malades. Je fus impressionnée par la puissance et la profondeur de ce sacrement qui  lui apporta une grande paix.    

 
  Chers amis, chers parents,  j’espère qu’en partageant cette expérience avec vous,  je permettrai à certains d’entre vous d’éviter les erreurs que j’ai faites, erreurs particulièrement douloureuses à assumer.

18/11/2009

documentaire NDE / EMI


Je relaye un message du docteur Jean-Pierre Jourdan :

Une bonne nouvelle pour celles et ceux qui n'ont pu visionner le documentaire  d'Éric Robin et Cyril Besnard "Le Grand Retour" :
vous pourrez le voir dans son intégralité sur la page suivante :


http://vimeo.com/7493897

avec comme mot de passe pour y accéder : ndemi

A travers plusieurs témoignages, ce documentaire aussi sensible qu'intelligent réussit l'exploit d'exposer les EMI sous tous leurs aspects, en dédramatisant le sujet et en montrant aussi bien le côté humain -et humaniste- de ces expériences que l'énigme qu'elles représentent pour la science.

Bien qu'aucune explication satisfaisante ait pu leur être apportée à ce jour, l'existence de ces expériences est aujourd'hui reconnue par l'ensemble de la communauté médicale et scientifique.

Elles représentent un bouleversement existentiel pour celles et ceux qui les ont vécues, autant qu'une énigme pour les médecins qui y sont confrontés et les scientifiques qui essaient de les comprendre. A ces titres, elles peuvent et doivent être étudiées de la manière la plus rigoureuse qui soit, en restant à l'écart de toute interprétation prématurée ou réductrice.

Le Dr Frédéric Joye, médecin urgentiste et moi-même présentons donc dans ce documentaire les grandes lignes du protocole de recherche hospitalière que nous allons proposer en 2010 aux hôpitaux français, dans le cadre de l'association IANDS-France.

11/07/2009

Expérience clinique pour les EMI

 


Suite à la publication de Deadline, dernière limite, le docteur Jean-Pierre Jourdan réussit à mettre en place une expérience au sein même d'un hôpital public, celui de Sarlat, afin d'objectiver les perceptions qui ont lieu lors des expériences de mort imminente. Celle-ci a été relaté dans un reportage du JT de France 2.


Article sur Deadline dernière limite

16/03/2009

6 milliards d'autres

 


6 milliards d'Autres - "Transmettre"


Vous avez raté l'exposition en janvier 2009 au Grand Palais à Paris ? Quoi de mieux pour cultiver la pensée latérale ?

6 milliards d’autres c’est un projet de Yann Arthus-Bertrand et de l’association GoodPlanet et a pour vocation de se déplacer à travers le monde.

Après 10 ans de vols au-dessus de la planète pour réaliser “la Terre Vue du Ciel”, Yann Arthus-Bertrand a voulu se rapprocher de tous les hommes qu’il avait photographiés d’en haut, s’intéresser à ce qu’ils vivaient pour mieux les comprendre.
Ainsi est né «6 milliards d’Autres» soutenu par BNP Paribas. Ce projet s’inscrivant particulièrement dans les engagements du groupe dans le domaine de la solidarité et de la diversité.
Son but: recueillir l’expérience de vie, la philosophie de vie, la vision du monde des habitants de la Terre à travers des interviews filmées.

Mais c’est aussi un livre, un DVD et un site web où une multitude de témoignages vidéos ont été mis en ligne afin que chacun puisse mieux comprendre le quotidien de nos populations voisines. Assez simple dans son organisation, le site Internet de cette exposition nomade présente le projet, l’exposition au Grand Palais ainsi que des vidéos de making-of. Mais c’est aussi une multitude de podcasts vidéos présentant les témoignages de gens du monde entier sur des thèmes larges de la vie comme l’amour, la liberté, la mort, etc. Ou encore la possibilité de choisir un portrait dans la mosaïque et d’écouter l’intégralité du témoignage.

(article de buzzeum.com modifié)

Instruction technique :

- aller sur www.6milliardsdautres.org
- cliquer sur témoignage 6mA dans la barre noire de menu
- cliquer sur podcasts pour les vidéos par thèmes ou
- cliquer sur portraits puis sur chaque photo du fond/trombinoscope

08/07/2008

NDE / EMI : documentaire

Voyages dans l'au-delà
Documentaire de Joachim Faulstich sur les NDE à la lumière de la science.
Allemagne, année 2000 - 44 minutes







31/05/2008

Mort, réincarnation et naissance (audio)


A la suite de la soirée de projection du film Birth à l'INREES, Patrice Van Eersel donne une conférence.
Cliquer sur le lien suivant : http://www.inrees.com/tv/tv_podcasts.php?podcast=17

Patrice van Eersel, a grandi à Marrakech, diplômé de Sciences-po Paris et du Centre de formation des journalistes, marié, père de quatre enfants, a été grand reporter à Actuel (1973-1992), avant de devenir rédacteur en chef du magazine Nouvelles Clés. Directeur de collection chez Albin Michel, il a rédigé une dizaine de livres d'enquête sur les frontières du connu, dont La Source Noire, Le cinquième rêve, Le cercle des anciens et J'ai mal à mes ancêtres.

07/09/2007

Deadline Dernière limite du Dr J-P Jourdan

Commentaire : la mort, l'amour, la matière et les EMI


medium_Deadline.jpg J’ai lu ce livre sur le vaste sujet des EMI/NDE de 600 pages (Ed. les 3 Orangers, préface du Dr Raymond Moody) avec plaisir et émerveillement. Les nombreux témoignages cités apportent vraiment légèreté et humour sur un thème encore tabou et grave en Occident. Je le conseille à toute personne croyante ou sceptique intriguée par le sens de la vie et de la mort.
Vous pouvez vous procurer Deadline Dernière limite : EMI : Une énigme pour la science, Plaidoyer pour une étude scientifique des Expériences dites de Mort Imminente.

Le site officiel du livre : deadlinelelivre.fr
Le livre est disponible en version proche.

L'auteur est docteur en médecine et vice-président et directeur de la recherche médicale de l'association spécialisé dans les NDE IANDS-France : iands-france.org

EMI comme Expérience de Mort Imminente

Le phénomène du "tunnel qui aboutit sur la lumière" vécu par les rescapés de la mort est assez connu mais superficiellement. De plus le sujet a été rapidement récupéré par l'ésotérisme marchand avec son imagerie de l'esbrouffe. Il se trouve que les expériences que l'on appelle EMI sont vécues non seulement par des personnes au seuil de la mort, mais aussi par des personnes en parfaite santé dans des circonstances très ordinaires (contemplation d'un paysage), la pratique de la relaxation ou méditation. Ce qui remet fortement en cause l'hypothèse selon laquelle le cerveau produit des hallucinations par manque d'oxygène ou dérèglement hormonal, et celle qui prétend que l'inconscient génère
des images rassurantes ou chaotiques à l'approche de la mort.
Un ouvrage qui chamboule tous nos récents acquis de la science et des sciences humaines.


Les atouts de Deadline


- L’auteur répond à (quasiment) toutes les objections des scientifiques sceptiques et matérialistes, ceux qui réduisent le phénomène à un simple mauvais tour neurologique ou de l’inconscient.
- Ses arguments sont pondérés. On ne fait ni du sensationnel « niouâge » ni d’affirmation catégorique. Jean-Pierre Jourdan nous invite en permanence à bien distinguer constatations objectives, convictions (des expérienceurs / témoins et scientifiques) et preuves scientifiques.
- Il insiste également sur le fait que les EMI ne confirme aucune conception métaphysique ou cosmologique de quelle religion que ce soit.
- Absence d’idéalisation du phénomène. Il ne fait pas les expérienceurs/témoins d’EMI des saints, comme si les EMI rendaient les humains « purs ».
- Un théorie interprétative des EMI qui concorde ou du moins qui semble s’accorder avec les plus récentes théories en physique (théorie des cordes, théorie branaire , supersymétrie, la relativité d’échelle).


Mes réserves
(je déconseille de les lire avant le livre)

Une pré-mort


L’auteur (et souvent les expérienceurs) semble extrapoler le processus de la mort à partir des EMIs, or ces derniers ne prouvent rien par rapport à la mort elle-même, comme l’admet l’auteur lui-même. Pourtant J-P. Jourdan s’exprime comme si les témoignages d’EMI suffisaient à réfuter les différents points de vue des religions sur la mort (et la divinité) : il n’y a pas de paradis, ni d’enfer, ni de Dieu. Je pense qu’on peut s’accorder à dire qu’aucun croyant ou religieux sain d’esprit ne croit à un Dieu sous la forme d’un vieillard avec une barbe blanche (ni au monstre en spaghettis volant !). De même, les nombreux témoignages concordent sur la notion et même le ressenti de barrière séparant la « vie » de l’outre-monde, de laquelle on ne peut plus revenir une fois passée de l’autre côté. A partir de quoi l’auteur déduit que l’on ne peut absolument pas revenir de la mort (vision du christianisme exotérique). Pourtant, si j’ai bien compris, les personnes rapportant des EMI n’ont pas franchi cette barrière et ne sont pas mort, au sens propre du terme. Comment peuvent-ils donc en être sûr ? Ce que je déduis de cela, c’est que cette barrière symbolise la mort de cette vie-ci, celle que l’expérienceur risque de quitter, et non celle d’éventuelles vies futures, en supposant que cela soit possible.
Les EMI ne prouvent donc pas que la réincarnation est une invention d’un imaginaire collectif, ni que Jésus ne pourra jamais revenir du ciel.
Je conçois que la mort soit définitive pour « cette vie actuelle », mais pas pour la suite. Je ne peux donc adhérer à l’affirmation catégorique de l’auteur qui dit que « la mort est définitive,  personne n’en est revenu pour nous la raconter. » En effet, dans l’hindouisme et dans le bouddhisme au moins, des personnes d'une réalisation plus ou moins élevée prétendent se souvenir de leur mort « précédente » et même de leurs vies passées. Sans parler de ceux qui ont visité, est-il dit, des « dimensions parallèles ».
c.f. : - 20 cas suggérant le phénomène de réincarnation (Ed. J'ai Lu), Ian Stevenson
- De naissance en naissance, Denise Desjardins
- Le livre tibétain des morts
- Enfants de la réincarnation, Vickie Mackenzie

D’autre part, il n’est pas dit que tous les expérienceurs auraient atteint la lumière et y seraient restés s’ils étaient vraiment morts. Rien ne dit qu’au final d’autres facteurs les auraient détournés de l’amour-lumière, vers des lieux moins confortables…


Matérialisme et spiritualisme - signification, idées et sensation

Selon J-P Jourdan, l’opposition matérialisme et spiritualisme n’a pas lieu d’être, dans la mesure où la notion de matière pourrait s’élargir jusqu’à l’inclure. Bien sûr les neutrinos n’ont pas de masse et sont étiquetés comme « matière » par les physiciens. Les champs électromagnétiques sont également considérés comme de la matière. Qu’en est-il de la gravité ? Cela me paraît difficile de garder un concept qui durant des siècles faisait référence à ce que l’on pouvait toucher et d’y inclure tous les phénomènes mesurables mais intangibles.

Au-delà du problème de terminologie, il y a 3 objections :

- Les perceptions/sensations. Peut-on dire que les couleurs, les odeurs, les goûts, les sensations liées au toucher, etc. sont de la matière (palpable ou impalpable) ?
Cela fait plusieurs années que les neurologues affirment que les couleurs sont une illusion, une construction de l'esprit. (C.f. l'article La vision du monde en couleur, une invention du cerveau paru dans Le Monde du 12/08/2000). Ce qu'il y a "derrière" la couleur (une sensation), ce sont des ondes électro-magnétiques (un phénomène physique) - de la matière selon J-P Jourdan. Mais la sensation, rouge ou bleu, salé ou sucré, que l'esprit ou le cerveau rattache à cette matière,  est-ce encore de la matière ? Voir la page qualia sur Wikipédia

- Les idées/pensées/émotions. Il y a bien sûr des phénomènes électro-chimiques et hormonaux lié aux pensées et aux émotions. Il n'est pas prouvé que les premiers sont les (uniques) causes des secondes. Admettons une seconde, en bons matérialistes, que le phénomène physique soit à l'origine de l'émotion. Devrait-on en conclure que l'émotion  est matérielle ? Malheureusement, cela est impossible, on ne peut pas confondre le producteur et le produit, le chanteur et sa voix (sauf dans le mysticisme peut-être).

- La signification/le sens. Influx nerveux, neuromédiateurs, interactions neuronales, d'accord. Et le sens qui surgit dans notre conscience ? (je ne vais pas parler de l'inconscient...).  Si je me dis  que "l'univers est fabuleux et immense", s'agit-il de matière ? La question de la conscience et du sens a été largement creusée par le philosophe John Searle avec l'expérience de la chambre chinoise (en deux mots : les neurones ne comprennent pas le chinois, mais la conscience (grâce aux neurones et bien sûr les yeux ou les oreilles) le comprend).

Les détracteurs du dualisme-spiritualisme ou du monisme (non-matérialiste) semblent oublier, à force de se focaliser sur la chimie et la physique, de considérer les pensées, les sens et les sensations, en tant que telles.

Le docteur Pim Van Lommel, dans L'Expérience de Mort Imminente : Premières rencontres internationales, Actes du Colloque Martigues 17 juin 2006, suggère comme image pour le cerveau, une radio qui émet de la musique en recevant des ondes. Eteindre la radio ne supprime pas les ondes. Pareil pour la télévision, avec laquelle on peut triturer l'image notamment en tournant les boutons : mais l'émission elle-même n'est pas modifiée.  Dans l'autre sens, un caméra vidéo capte la lumière, et si l'on manipule l'objectif, les réglages de la caméra (le cerveau), l'image captée et retransmise est altérée. Le cerveau (radio, télévision, caméra) ne serait qu'une interface de la conscience (les ondes).


La religion et le bas-monde

L’auteur semble aussi réduire les religions à des systèmes dogmatiques de croyances et de pensées, par ignorance, économie de mots ou encore par stratégie didactique.

Un des derniers passages du livre évoque à très juste titre le problème du désarroi et du désoeuvrement que rencontrent les témoins d’EMI après coup. Comment vivre heureux et sans « se faire bouffer » dans cette jungle de la vie moderne après avoir goûté à l’amour absolu ? Ils sont nombreux (mais dans quelle proportion ?) à rejeter les religions (surtout les dogmes). Ils ont beau chercher, s’interrogent, dévorent les livres, mais quelque chose manque. Puis la contradiction entre un discours spirituel orienté vers la bonté et un comportement égotique voir arrogant finit souvent par apparaître.

Derrière l’image repoussante du dogme se cache souvent au sein des religions authentiques, une myriade de méthodes vouées au développement personnel, spirituel et parfois à la santé physique-même. C’est le fameux duo exotérisme-ésotérisme dont la frontière ne se trouve pas toujours où on le croit. Si après une EMI un bon samaritain n’est pas forcément assez armé pour plonger dans la jungle du consumérisme, la plupart des religions offrent de véritables exercices de l’esprit visant à muscler et enrichir (ou dépouiller, ça dépend de la vision) l’esprit. Il n’y a qu’à regarder les expériences autour des effets de la méditation sur les moines du Dalaï-lama menées par les psychologues et neuroscientifiques comme Olivia Carter, Jack Pettigrew ou Richard Davidson - membre de l'institut Mind & Life qui travaille pour l'entraide entre la science et la spiritualité (c.f. : R. Davidson et al., Alerations in brain and immune function produced by mindful meditation, in Psychosomatic Medicine, vol. 65, pp. 564-570, 2003). A ce sujet voir l'article (sur le site des Nouvelles Clés) de Thierry Janssen sur la méditation qui évoque le travail de Richard Davidson et sa collaboration avec des méditants. Vous pouvez aussi lire "Quand l'esprit dialogue avec le corps" où s'entretiennent des scientifiques de hauts rangs avec le Dalaï-Lama (Guy Trédaniel Editeur). A noter que les témoignages de méditation des mystiques chrétiens concordent souvent avec ceux des maîtres bouddhistes. La mystique diyonisienne, rhénane (Maître Eckhart), la patristique  grecque, le tantrisme ou le soufisme sont autant de manières de s'affranchir des forces de l'inconscient et de progresser vers la "lumière".

Si des milliers de religieux s’enferment dans des cellules, des ermites se retirent dans des grottes pour pratiquer intensivement la prière, la méditation et autres, c’est bien parce que l’esprit implique des conflits psychiques qui sont très loin d’être facile à résoudre. Bien sûr, ce n’est pas la seule voie mais il semble que l’esprit est comme un muscle, ça se « travaille ». La concentration, la patience, le lâcher-prise, la lucidité, l’humilité,  l’anticipation, l’intuition, ça se travaille. La connexion avec le divin, ça se demande, ça se « supplie » - ça se  mérite. Qui risque rien, n'a rien. On dit aussi : aide-toi, et le ciel t'aidera. L’orgueil universel est tellement puissant qu’un immense engagement, un profond appel du cœur sont requis pour « s’en défaire ». Bien sûr, il y a des moments de grâce, de sérénité, d’abandon qui amènent des déblocages, des prises de conscience, mais un entraînement de l’esprit semble indispensable. Et heureusement, ces entraînements existent, encore faut-il trouver un bon instructeur, une bonne classe, de bons cahiers.
Pour les personnes allergiques aux religions, il y a des psychothérapies (Jung, Maslow, Gestalt, psychogénéalogie, etc.) et autres voies spirituelles non-religieuses tout à fait honorables comme la communication non-violente.

Certains expérienceurs ne deviennent-ils pas, malgré leur prise de conscience, manichéens en quelque sorte, et jugeant notre bas-monde si mal qu’ils en ont la nausée. Quelques rescapés de la mort reviennent avec des capacités extrasensorielles. Si l’on considère que même les ressentis ou les intuitions ne sont qu’une approche duelle et relative de la réalité, il n’y a pas à leur donner totalement raison, et il n’y a pas lieu d’entretenir cette vision binaire et négative du monde.