08.07.2008
NDE / EMI : documentaire
Voyages dans l'au-delà
Documentaire de Joachim Faulstich sur les NDE à la lumière de la science.
Allemagne, année 2000 - 44 minutes
01:18 Publié dans Matérialisme & Rationalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, nde, emi, science, reynolds
31.05.2008
Mort, réincarnation et naissance (audio)
A la suite de la soirée de projection du film Birth à l'INREES, Patrice Van Eersel donne une conférence.
Cliquer sur le lien suivant : http://www.inrees.com/tv/tv_podcasts.php?podcast=17
Patrice van Eersel, a grandi à Marrakech, diplômé de Sciences-po Paris et du Centre de formation des journalistes, marié, père de quatre enfants, a été grand reporter à Actuel (1973-1992), avant de devenir rédacteur en chef du magazine Nouvelles Clés. Directeur de collection chez Albin Michel, il a rédigé une dizaine de livres d'enquête sur les frontières du connu, dont La Source Noire, Le cinquième rêve, Le cercle des anciens et J'ai mal à mes ancêtres.
16:51 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mort, nde, emi, inrees, patrice van eersel
07.09.2007
Deadline Dernière limite du Dr J-P Jourdan
Commentaire : la mort, l'amour, la matière et les EMI
J’ai lu ce livre sur le vaste sujet des EMI/NDE de 600 pages (Ed. les 3 Orangers, préface du Dr Raymond Moody) avec plaisir et émerveillement. Les nombreux témoignages cités apportent vraiment légèreté et humour sur un thème encore tabou et grave en Occident. Je le conseille à toute personne croyante ou sceptique intriguée par le sens de la vie et de la mort.
Vous pouvez vous procurer Deadline Dernière limite sur de nombreux sites.
Le site officiel du livre : deadlinelelivre.fr
L'auteur est docteur en médecine et vice-président et directeur de la recherche médicale de l'association spécialisé dans les NDE IANDS-France : iands-france.org
EMI comme Expérience de Mort Imminente
Le phénomène du "tunnel qui aboutit sur la lumière" vécu par les rescapés de la mort est assez connu mais superficiellement. De plus le sujet a été rapidement récupéré par l'ésotérisme marchand avec son imagerie de l'esbrouffe. Il se trouve que les expériences que l'on appelle EMI sont vécues non seulement par des personnes au seuil de la mort, mais aussi par des personnes en parfaite santé dans des circonstances très ordinaires (contemplation d'un paysage), la pratique de la relaxation ou méditation. Ce qui remet fortement en cause l'hypothèse selon laquelle le cerveau produit des hallucinations par manque d'oxygène ou dérèglement hormonal, et celle qui prétend que l'inconscient génère des images rassurantes ou chaotiques à l'approche de la mort.
Un ouvrage qui chamboule tous nos récents acquis de la science et des sciences humaines.
Les atouts de Deadline
- L’auteur répond à (quasiment) toutes les objections des scientifiques sceptiques et matérialistes, ceux qui réduisent le phénomène à un simple mauvais tour neurologique ou de l’inconscient.
- Ses arguments sont pondérés. On ne fait ni du sensationnel « niouâge » ni d’affirmation catégorique. Jean-Pierre Jourdan nous invite en permanence à bien distinguer constatations objectives, convictions (des expérienceurs / témoins et scientifiques) et preuves scientifiques.
- Il insiste également sur le fait que les EMI ne confirme aucune conception métaphysique ou cosmologique de quelle religion que ce soit.
- Absence d’idéalisation du phénomène. Il ne fait pas les expérienceurs/témoins d’EMI des saints, comme si les EMI rendaient les humains « purs ».
- Un théorie interprétative des EMI qui concorde ou du moins qui semble s’accorder avec les plus récentes théories en physique (théorie des cordes, théorie branaire , supersymétrie, la relativité d’échelle).
Mes réserves (je déconseille de les lire avant le livre)
Une pré-mort
L’auteur (et souvent les expérienceurs) semble extrapoler le processus de la mort à partir des EMIs, or ces derniers ne prouvent rien par rapport à la mort elle-même, comme l’admet l’auteur lui-même. Pourtant J-P. Jourdan s’exprime comme si les témoignages d’EMI suffisaient à réfuter les différents points de vue des religions sur la mort (et la divinité) : il n’y a pas de paradis, ni d’enfer, ni de Dieu. Je pense qu’on peut s’accorder à dire qu’aucun croyant ou religieux sain d’esprit ne croit à un Dieu sous la forme d’un vieillard avec une barbe blanche (ni au monstre en spaghettis volant !). De même, les nombreux témoignages concordent sur la notion et même le ressenti de barrière séparant la « vie » de l’outre-monde, de laquelle on ne peut plus revenir une fois passée de l’autre côté. A partir de quoi l’auteur déduit que l’on ne peut absolument pas revenir de la mort (vision du christianisme exotérique). Pourtant, si j’ai bien compris, les personnes rapportant des EMI n’ont pas franchi cette barrière et ne sont pas mort, au sens propre du terme. Comment peuvent-ils donc en être sûr ? Ce que je déduis de cela, c’est que cette barrière symbolise la mort de cette vie-ci, celle que l’expérienceur risque de quitter, et non celle d’éventuelles vies futures, en supposant que cela soit possible.
Les EMI ne prouvent donc pas que la réincarnation est une invention d’un imaginaire collectif, ni que Jésus ne pourra jamais revenir du ciel.
Je conçois que la mort soit définitive pour « cette vie actuelle », mais pas pour la suite. Je ne peux donc adhérer à l’affirmation catégorique de l’auteur qui dit que « la mort est définitive, personne n’en est revenu pour nous la raconter. » En effet, dans l’hindouisme et dans le bouddhisme au moins, des personnes d'une réalisation plus ou moins élevée prétendent se souvenir de leur mort « précédente » et même de leurs vies passées. Sans parler de ceux qui ont visité, est-il dit, des « dimensions parallèles ».
c.f. : - 20 cas suggérant le phénomène de réincarnation (Ed. J'ai Lu), Ian Stevenson
- De naissance en naissance, Denise Desjardins
- Le livre des morts tibétain
- Les enfants de la réincarnation, Vickie Mackenzie
D’autre part, il n’est pas dit que tous les expérienceurs auraient atteint la lumière et y seraient restés s’ils étaient vraiment morts. Rien ne dit qu’au final d’autres facteurs les auraient détournés de l’amour-lumière, vers des lieux moins confortables…
Matérialisme et spiritualisme - signification, idées et sensation
Au-delà du problème de terminologie, il y a 3 objections :
- Les perceptions/sensations. Peut-on dire que les couleurs, les odeurs, les goûts, les sensations liées au toucher, etc. sont de la matière (palpable ou impalpable) ?
Cela fait plusieurs années que les neurologues affirment que les couleurs sont une illusion, une construction de l'esprit. (C.f. l'article La vision du monde en couleur, une invention du cerveau paru dans Le Monde du 12/08/2000). Ce qu'il y a "derrière" la couleur (une sensation), ce sont des ondes électro-magnétiques (un phénomène physique) - de la matière selon J-P Jourdan. Mais la sensation, rouge ou bleu, salé ou sucré, que l'esprit ou le cerveau rattache à cette matière, est-ce encore de la matière ? Voir la page qualia sur Wikipédia
- Les idées/pensées/émotions. Il y a bien sûr des phénomènes électro-chimiques et hormonaux lié aux pensées et aux émotions. Il n'est pas prouvé que les premiers sont les (uniques) causes des secondes. Admettons une seconde, en bons matérialistes, que le phénomène physique soit à l'origine de l'émotion. Devrait-on en conclure que l'émotion est matérielle ? Malheureusement, cela est impossible, on ne peut pas confondre le producteur et le produit, le chanteur et sa voix (sauf dans le mysticisme peut-être).
- La signification/le sens. Influx nerveux, neuromédiateurs, interactions neuronales, d'accord. Et le sens qui surgit dans notre conscience ? (je ne vais pas parler de l'inconscient...). Si je me dis que "l'univers est fabuleux et immense", s'agit-il de matière ? La question de la conscience et du sens a été largement creusée par le philosophe John Searle avec l'expérience de la chambre chinoise (en deux mots : les neurones ne comprennent pas le chinois, mais la conscience (grâce aux neurones et bien sûr les yeux ou les oreilles) le comprend).
Les détracteurs du dualisme-spiritualisme ou du monisme (non-matérialiste) semblent oublier, à force de se focaliser sur la chimie et la physique, de considérer les pensées, les sens et les sensations, en tant que telles.
Le docteur Pim Van Lommel, dans l'Expérience de Mort Imminente : Premières rencontres internationales de Martigues 2006, suggère comme image pour le cerveau, une radio qui émet de la musique en recevant des ondes. Eteindre la radio ne supprime pas les ondes. Pareil pour la télévision, avec laquelle on peut triturer l'image notamment en tournant les boutons : mais l'émission elle-même n'est pas modifiée. Dans l'autre sens, un caméra vidéo capte la lumière, et si l'on manipule l'objectif, les réglages de la caméra (le cerveau), l'image captée et retransmise est altérée. Le cerveau (radio, télévision, caméra) ne serait qu'une interface de la conscience (les ondes).
La religion et le bas-monde
L’auteur semble aussi réduire les religions à des systèmes dogmatiques de croyances et de pensées, par ignorance, économie de mots ou encore par stratégie didactique.
Un des derniers passages du livre évoque à très juste titre le problème du désarroi et du désoeuvrement que rencontrent les témoins d’EMI après coup. Comment vivre heureux et sans « se faire bouffer » dans cette jungle de la vie moderne après avoir goûté à l’amour absolu ? Ils sont nombreux (mais dans quelle proportion ?) à rejeter les religions (surtout les dogmes). Ils ont beau chercher, s’interrogent, dévorent les livres, mais quelque chose manque. Puis la contradiction entre un discours spirituel orienté vers la bonté et un comportement égotique voir arrogant finit souvent par apparaître.
Derrière l’image repoussante du dogme se cache souvent au sein des religions authentiques, une myriade de méthodes vouées au développement personnel, spirituel et parfois à la santé physique-même. C’est le fameux duo exotérisme-ésotérisme dont la frontière ne se trouve pas toujours où on le croit. Si après une EMI un bon samaritain n’est pas forcément assez armé pour plonger dans la jungle du consumérisme, la plupart des religions offrent de véritables exercices de l’esprit visant à muscler et enrichir (ou dépouiller, ça dépend de la vision) l’esprit. Il n’y a qu’à regarder les expériences autour des effets de la méditation sur les moines du Dalaï-lama menées par les psychologues et neuroscientifiques comme Olivia Carter, Jack Pettigrew ou Richard Davidson - membre de l'institut Mind & Life qui travaille pour l'entraide entre la science et la spiritualité (c.f. : R. Davidson et al., Alerations in brain and immune function produced by mindful meditation, in Psychosomatic Medicine, vol. 65, pp. 564-570, 2003). A ce sujet voir l'article (sur le site des Nouvelles Clés) de Thierry Janssen sur la méditation qui évoque le travail de Richard Davidson et sa collaboration avec des méditants. Vous pouvez aussi lire "Quand l'esprit dialogue avec le corps" où s'entretiennent des scientifiques de hauts rangs avec le Dalaï-Lama (Guy Trédaniel Editeur). A noter que les témoignages de méditation des mystiques chrétiens concordent souvent avec ceux des maîtres bouddhistes. La mystique diyonisienne, rhénane (Maître Eckhart), la patristique grecque, le tantrisme ou le soufisme sont autant de manières de s'affranchir des forces de l'inconscient et de progresser vers la "lumière".
Si des milliers de religieux s’enferment dans des cellules, des ermites se retirent dans des grottes pour pratiquer intensivement la prière, la méditation et autres, c’est bien parce que l’esprit implique des conflits psychiques qui sont très loin d’être facile à résoudre. Bien sûr, ce n’est pas la seule voie mais il semble que l’esprit est comme un muscle, ça se « travaille ». La concentration, la patience, le lâcher-prise, la lucidité, l’humilité, l’anticipation, l’intuition, ça se travaille. La connexion avec le divin, ça se demande, ça se « supplie » - ça se mérite. Qui risque rien, n'a rien. On dit aussi : aide-toi, et le ciel t'aidera. L’orgueil universel est tellement puissant qu’un immense engagement, un profond appel du cœur sont requis pour « s’en défaire ». Bien sûr, il y a des moments de grâce, de sérénité, d’abandon qui amènent des déblocages, des prises de conscience, mais un entraînement de l’esprit semble indispensable. Et heureusement, ces entraînements existent, encore faut-il trouver un bon instructeur, une bonne classe, de bons cahiers.
Pour les personnes allergiques aux religions, il y a des psychothérapies (Jung, Maslow, Gestalt, psychogénéalogie, etc.) et autres voies spirituelles non-religieuses tout à fait honorables comme la communication non-violente.
Certains expérienceurs ne deviennent-ils pas, malgré leur prise de conscience, manichéens en quelque sorte, et jugeant notre bas-monde si mal qu’ils en ont la nausée. Quelques rescapés de la mort reviennent avec des capacités extrasensorielles. Si l’on considère que même les ressentis ou les intuitions ne sont qu’une approche duelle et relative de la réalité, il n’y a pas à leur donner totalement raison, et il n’y a pas lieu d’entretenir cette vision binaire et négative du monde.
A Voir :
- documentaire (44min) sur les NDE
A lire :
- article sur la méditation de Thierry Janssen : La méditation : une médecine d’avant-garde pour adapter nos organismes à la planétarisation
- Quand l'esprit dialogue avec le corps chez Guy Trédaniel Editeur, de Daniel Goleman
Livres sur le sujet des EMI/NDE :
- La source noire de Patrice Van Eersel
- l'Expérience de Mort Imminente : Premières rencontres internationales de Martigues 2006
13:15 Publié dans Matérialisme & Rationalisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : deadline, mort, emi, nde, matérialisme, iands, jourdan
30.04.2007
La morale athée
Il n'y a rien de bon ou de mauvais, sinon l'idée que l'on s'en fait. Shakespeare
Rien n'a de sens. Ni la vie, ni la mort. Surtout, il n'y a rien après la mort. La vie n'a pas de but, pas d'objectif, de destination, d'utilité. La vie n'est rien, ou ce que l'on en fait.
Même le plus matérialiste des matérialistes a du mal à se débarrasser de sa morale. Un don ou une tare de l'humanité ? Car ce n'est pas bien d'être immoral ou amoral, n'est-ce pas ? Il a fallu donc trouver des justifications rationnelles à cette morale. Déjà, on commence par changer de terme en remplaçant "morale" par "éthique", ça fait moins puéril. Ca fait plus raisonné, détaché, rationnel. Morale, ça nous fait penser à bien et mal, gentil et méchant.
Une personne rationnelle et rationnalisante ne va pas dire "c'est mal de faire ceci ou de faire cela", mais plutôt "cela est déloyal", "cela va causer le désordre social", "c'est une injustice intolérable", "ce n'est pas équitable", "c'est inhumain" ou tout simplement "c'est illégal". Si l'on creuse la question, on trouve des évidences : le désordre, c'est mal, l'injustice, c'est mal. Une morale toute bête.
La plupart des "gentils" se battent sous la bannière de l'humanisme ou de l'altruisme, tout en fuyant leurs propres peurs, tout en se permettant de juger implacablement les autres (les dictateurs, l'armée, les politiciens...), car c'est eux qui font le mal, qui sont stupides, immoraux, inhumains. Les "gentils" ne sont jamais manichéens, toutefois les escrocs et les impérialistes sont les méchants qu'il faut combattre. Finalement, nous sommes des dictateurs qui décident ce qui est bien et ce qui est mal, mais l'univers se passerait bien de ces décisions faciles. Chacun de nous est le Dieu de son univers personnel.
On pense surtout à soi-même, à sa souffrance, à son avenir. Un proche m'a fait l'aveu que s'il militait pour la justice dans le monde et l'écologie, pour empêcher les innocents de se faire massacrer ou empoisonner, c'est parce qu'au fond, il avait peur de la mort. Il ne semblait pas se rendre compte du terrible paradoxe. Pourquoi se soucier du sort des autres, alors que la motivation est personnelle (égoïste) ? (voir "la psychologie du décalage" et "l'évitement de la souffrance")
En fin de compte, notre la moral repose surtout sur les différentes peurs qui rôdent dans les tréfonds de notre psyché. Toute attitude ou morale fondées sur la peur aboutissent manifestement à grande échelle ou à long terme à l'agression, la répression, à l'absurde ou à la folie. Si nous n'avions pas peur de la mort, si nous n'avions pas peur d'être pauvres, de souffrir, peut-être qu'il n'y aurait plus de méchants ni de pécheurs. C'est cette sérénité peut-être, cette acceptation de la fatalité que nous devrions trouver, plutôt que cette lutte à la Don Quichotte, cette croisade contre l'inhumain, l'injustice (le mal, quoi), cette fuite de nos peurs.
Peut-être pouvons-nous reprendre ou créer des codes de conduite non fondé sur la peur mais sur l'amour. Cela demande bien sûr de prendre conscience de cette peur et de s'en affranchir petit à petit, et de s'imprégner de l'amour. Si l'on considère que tous les êtres sont des gouttes d'eau dans un océan (voir "songe égocentrique et union cosmique"), et que l'on réalise le fait que personne ne veut souffrir, il se dégage deux repères : la souffrance et le bonheur. Et il va de soi que certains actes dans certaines conditions mènent à la souffrance, et d'autres, parfois les mêmes, au bonheur, selon les circonstances et les personnalités. En considérant l'humanité comme un tout, il est devient logique d'éviter de nuire aux autres. La démarche spirituelle est non seulement d'avoir cette conception mentale mais aussi de ressentir cette unité par différent biais. Afin de discerner les actions réduisant la souffrance et apportant la joie de celles causant la souffrance, il semble nécessaire d'aiguiser une intelligence et une sensibilité, une intuition de plus en plus subtile. Dans cette vision de l'éthique qui n'est pas une couverture de l'égocentrisme, il n'y a pas de règle ni d'action toute faite. Des repères et des principes sont nécessaires, mais il n'y a pas de procédure absolue. Il s'agit de nous familiariser avec les lois qui sous-tendent notre univers et notre esprit. Parfois, les procédures simplifient le quotidien, mais la souplesse mentale est souvent requise pour s'adapter aux humeurs des uns, aux caprices des forces naturelles, aux accidents.
Voir "entre le mal et le diable"
01:10 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Morale, éthique, athée, mort, peur, amour, équanimité
04.01.2007
La mort dans l'athéisme et la religion
Un tabou angoissant pour tout le monde
Prenons les religions monothéistes. Après la mort vous pouvez finir :
- au paradis,
- au purgatoire,
- ou en enfer (avec plusieurs degrés différents).
Cela veut dire que vous avez 2 chances sur 3 de finir dans des souffrances abominables. Et la vertue n'étant pas l'attitude la plus à la mode dans notre monde, très peu d'individus auront la chance d'atteindre le paradis. Et ce n'est pas en croyant en Dieu que vous allez vous en sortir, gare au péché !...
Prenons les religions qui adoptent la métempsychose. Après la mort, vous pouvez renaître (pour des périodes allant jusqu'à plusieurs millions d'années dans :
- des mondes paradisiaques,
- le règne animal,
- le monde humain plus ou moins aisé,
- le monde humain plus ou moins dégénéré (guerre, famine, épidémie, pauvreté, ségrégation, totalitarisme,intégrisme religieux),
- dans des conditions de vie terribles (maltraitance, torture, handicap mental et/ou physique, cécité, surdité, mutisme, déficience de toute sorte (immunologique,etc))
- des mondes habités d'esprits avides,
- des mondes sans matière,
- des mondes infernaux (plus ou moins douloureux).
En sachant que rien que pour le règne animal, vous avez autant d'êtres vivants dans 1cm cube de terre que d'êtres humains sur la planète, autant dire qu'en termes de probabilité, il est très difficile de renaître que ce soit au paradis ou en tant qu'humain "aisé".
Il n'y a donc rien de rassurant - en ce qui concerne la mort - de suivre une voie spirituelle pour un pratiquant religieux digne de ce nom. A l'inverse, il est tout à fait envisageable que les athées se rassurent de la mort en rejetant toute religion : ils n'auront pas à payer pour les erreurs et les souffrances infligées aux autres après la mort. De plus, lorsque l'athée meurt, il peut se rassurer au moment de sa mort, qu'il va pouvoir "reposer en paix", alors que ce n'est pas certain que cela sera le cas.
Quoi qu'il en soit, le constat général est que nous fuyons la mort de toutes les manières possibles. La peur amène le désir, les désirs, je dirais. Les passions (philatélie et autres hobbies...), le surménage, la "suroccupation", la (sur)consommation, nous permettent de nous focaliser sur une activité et de ne pas aborder la question de la mort. Il ne s'agit pas de renier ses désirs, mais de voir dans quel mesure nous pouvons faire face à la mort, y réfléchir, nous y préparer,...
Aussi matérialiste que l'on puisse être, la mort reste un tabou. La réaction adolescente à cette politique de l'autruche est le mouvement gothique dans sa fascination de la mort et de tout ce qui est morbide. La tendance moraliste de l'athéisme étiquette la mort de triste, de laide, etc. sans l'avouer. Il n'y a pas à noircir ni à blanchir la mort, mais d'entrer en rapport avec elle de façon sincère, sans barrière ni artifice.
Voir "Deadline Dernière limite du Dr J-P Jourdan"
Voir "Elisabeth Kübler-Ross" (Voir ouvrages d'Elisabeth Kübler-Ross)
00:30 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mort, paradis, enfer, purgatoire, tabou, métempsychose, renaissance