21.10.2008

La vie intérieure d'une cellule

Voici une animation 3D didactique commentée en anglais conçue à l'université de Harvard (USA) : http://multimedia.mcb.harvard.edu/anim_innerlife.html

(patienter un peu avant que la vidéo ne s'affiche)

08.01.2008

Ostéopathie : un documentaire

Voici un documentaire de 52 minutes sur la pratique de l'ostéopathie en France.


12.10.2007

l'INREES étudie scientifiquement l'inexplicable et le paranormal

Créé en juin 2007, l’Institut national de recherche sur les expériences extraordinaires - l'INREES - s’intéresse aux témoins de phénomènes étranges qui semblent hors de la science, des Ovnis aux visions au seuil de la mort. Futura-Sciences a interrogé son fondateur, Stéphane Allix. « Ce n’est pas parce que quelqu’un raconte une histoire de fou qu’il est nécessairement fou » nous explique-t-il.

 Lire l'entretien sur futura-sciences.com

 
Site de l'INREES

18.07.2007

LQG, théorie des cordes et Cosmologie hindoue

Avant le Big Bang ?

Source : futura-sciences.com
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences

La cosmologie est sans aucun doute la science dont les implications philosophiques sont les plus importantes. Avec la question du rapport exact de l’esprit et de la matière, quoi de plus fondamentale que celle de l’origine de l’espace, du temps et de la matière qu’ils contiennent ? Pour répondre à toutes ces questions, il faudrait disposer d’une théorie quantique de la gravitation. Les approches les plus prometteuses sont celles de la théorie des cordes et celles de la Gravitation Quantique à Boucles (en anglais Loop Quantum Gravity soit LQG). Martin Bojowald est l’un des pionniers de l’application de cette dernière à la cosmologie et il vient d’exposer dans Nature les derniers résultats qu’il a obtenus. L’Univers pourrait passer périodiquement par des phases d’oscillations avec « rebonds », avec une série sans commencement ni fin de Big Bang et de Big Crunch, un modèle rappelant certaines cosmologies Hindous.

Le sujet de la gravitation quantique est extrêmement vaste et il faudrait probablement des centaines de pages pour lui rendre justice. Il est bien connu que l’application de la mécanique quantique aux équations de la relativité générale d’Einstein conduit à des divergences infinies lorsqu’on cherche à coupler le champ de gravitation à la matière. Il existe toutefois des situations où l’on peut faire des calculs approximatifs de gravitation quantique sans que des quantités infinies incontrôlables n’émergent. C’est le cas dans certains modèles de cosmologie simples décrits par ce qu’on appelle la gravitation quantique canonique et introduits dans les années 60 par John Wheeler et surtout Bryce DeWitt pour l’essentiel.



Pour faire court, on cherche à appliquer les règles de quantification standards dites canoniques aux équations d’Einstein, ce qui veut dire qu’on cherche à mettre ces dernières sous une forme dite Hamiltonienne bien connue avec la mécanique analytique. Il faut pour cela introduire, comme pour la mécanique d’un système de particules, un espace des phases et une fonction Hamiltonienne H représentant l’énergie totale du système champ de gravitation+matière. De même qu’un point dans l’espace des phases représente un ensemble de positions possibles pour des particules en mouvement sous l’action de forces, un point dans l’espace des phases du champ de gravitation représentera un état possible de la géométrie de l’espace-temps courbé par la présence de matière, et plus généralement d’impulsions et d’énergies. On a donné un nom à cette espace de configurations de l’espace-temps : le super-espace (à ne pas confondre avec celui de la supergravité).

On peut alors construire une équation de Schrödinger avec une fonction d’onde dont le carré donne la probabilité de trouver la géométrie de l’espace-temps dans un état donné. C’est justement l’équation de Wheeler-DeWitt. Le problème est que, contrairement au cas avec N particules, la géométrie de l’espace-temps est décrite par un champ de tenseur à 10 composantes défini en chaque point de l’espace-temps. Comme il y en a une infinité, on comprend aisément que la résolution d’une telle équation n’est pas chose facile. Cependant, si l’on fixe par avance une classe de géométries possibles ne dépendant que d’un petit nombre de paramètres, certains calculs sont alors possibles. Cela revient à tronquer l’espace des phases précédant en « gelant » des degrés de liberté pour ne plus garder qu’un mini super-espace.

Le cas le plus simple est celui où l’on prend les modèles cosmologiques homogènes et isotropes de Friedman-Robertson-Walker (FRW) avec comme origine du champ de gravitation le champ le plus simple qu’on puisse imaginer : un champ scalaire décrit par une équation de Klein-Gordon avec un potentiel V. L’évolution dans le temps du champ de gravitation se réduit ici à un seul degré de liberté a(t). La fonction Hamiltonienne du système prend alors une forme similaire à celle décrivant une particule avec deux coordonnées de position, ici a(t) et (t), se déplaçant dans un potentiel compliqué. Les règles de quantification d’un tel système sont bien connues en mécanique ondulatoire et l’équation quantique décrivant ces modèles simples d’Univers n’est pas plus compliqué, mais pas moins, que celles que l’on peut rencontrer en physique atomique et moléculaire.

Le problème de la singularité cosmologique initiale

Rappelons à ce propos que dans le cadre de la relativité générale classique, les modèles de FRW sont problématiques, avec bien d’autres d’ailleurs, car l’on peut montrer que lorsque t=0 la courbure de l’espace-temps devient infinie, la notion même d’espace-temps s’effondre en fait, ce qui est une catastrophe car l’on ne peut alors plus rien faire. Le début de l’Univers, si cette notion même à un sens, est alors complètement hors de portée de la connaissance humaine. De même, une situation identique se produit lorsqu’une étoile s’effondre pour donner un trou noir en RG classique, une singularité de l’espace-temps se forme et les lois de la physique s’y brisent.

Or, ce n’est pas la première fois que la physique a été confrontée à ce genre de problème. Déjà, lors de la construction des premiers modèles d’atomes, l’électron tournant autour du noyau était en situation instable et devait finir par s’effondrer sur le noyau en créant là aussi une singularité, mais pas d’espace-temps. L’introduction de la mécanique quantique, et de la mécanique ondulatoire avec une fonction d’onde, avaient alors montré qu’il n’existait qu’une série d’états dynamiques discrets accessibles à l’électron, les fameux niveaux d’énergie de l’atome de Bohr. La fonction d’onde décrivant la probabilité de trouver l’électron dans une région de l’espace « étalait » cette même position en rendant l’effondrement précédent impossible.

John Wheeler et Bryce DeWitt avaient très clairement indiqué qu’un processus similaire devait se produire avec leur équation de Schrödinger de l’espace-temps. Les singularités en relativité générale seraient donc probablement « lissées » par le traitement quantique, stoppant ainsi leur formation.

Des résultats en ce sens avaient d’ailleurs été fournis dès la fin des années 60 et surtout dans le cadre du fameux modèle avec temps imaginaire de Hartle-Hawking au début des années 80. Malheureusement, comme indiqué précédemment, à chaque fois il s’agissait d’une situation très particulière où l’on admettait que la géométrie de l’Univers ne pouvait pas s’écarter beaucoup d’une certaine forme d’homogénéité et d’isotropie permettant de simplifier considérablement les calculs. Cela n’est pas satisfaisant car de telles hypothèses, bien que justifiables par certains côtés, n’en sont pas moins des vœux pieux. La théorie devrait partir d’un espace-temps arbitraire, non prédéterminé en partie par avance, et ce sont les calculs qui fourniront l’état de cet espace-temps.

Il faudrait pour cela résoudre l’équation de Wheeler-DeWitt de manière générale ou au mieux générique, mais comment s’y prendre ?

Une percée considérable s’est faite au milieu des années 80. Le physicien d’origine Indienne Abhay Ashtekar, qui avait été le post-doc du grand Roger Penrose, a introduit une formulation des équations d’Einstein dans l’espace des phases de l’espace-temps simplifiant considérablement leur formulation Hamiltonienne. En fait, il montrait que l'on se trouvait dans une situation formellement très proche de celle que l’on obtenait avec les équations de Yang-Mills, notamment celle de la QCD. Les techniques issues de cette théorie de jauge des interactions nucléaires fortes, la ChromoDynamique Quantique, pouvaient alors être transposées.



C’est ce que lui et surtout Lee Smolin et Carlo Rovelli réussirent à faire. A défaut d’une solution générale de l’équation de WDW, ils purent trouver de grandes classes de solutions mais surtout préciser de façon rigoureuse l’espace des solutions de cette équation. Comme toutes les équations de Schrödinger, les solutions de ces équations peuvent être rassemblées en un espace vectoriel abstrait ressemblant à l’espace habituel, il s’agit du célèbre espace de Hilbert. Une solution est alors décrite par un point dans cet espace repéré par un « vecteur position ». Dans le langage de la mécanique quantique, les fonctions d’ondes correspondant à une géométrie particulière de l’espace-temps sont des vecteurs d’états. Le principe de superposition des états de la mécanique quantique implique alors que la géométrie de l’espace-temps peut se trouver sous la forme d’une superposition d’états donnée par la somme vectorielle de ces vecteurs.



Le résultat le plus spectaculaire fut qu’il était alors possible de construire des opérateurs de surface et de volume, pour la géométrie de l’espace-temps, dont les spectres sont discrets !

On sait qu’en mécanique quantique les grandeurs comme l’énergie ou le moment cinétique sont données par des opérateurs. En agissant sur la fonction d’onde, qui mathématiquement ressemble à la fonction décrivant une onde lumineuse, l’opérateur d’énergie extrait alors les différentes composantes du spectre composant cette onde. Dans le cas de l’atome d’hydrogène, cela donne des niveaux discrets d’énergie et des orbites caractérisées elles aussi par une série discrète de distances de l’électron par rapport au noyau.

La situation est vraiment très similaire car le principe de correspondance de Bohr s’applique aussi dans le cas du spectre des aires et des volumes. Au fur et à mesure que le nombre quantique caractérisant des orbites de plus en plus grandes augmente, la différence entre les niveaux d’énergie devient de plus en plus faible ainsi que les distances spatiales séparant les orbites. Le spectre discret devient continu et la physique quantique se raccroche à la physique classique. Ainsi, pour des surfaces et des volumes de plus en plus grands, la notion d’espace-temps classique continu est retrouvée.

Martin Bojowald a donc été un des premiers à tirer les conséquences en cosmologie de ce caractère discret de l’espace-temps à l’échelle de Planck fourni par les équations de la LQG. Il a alors appliqué celles-ci aux modèles de FRW précédents et il a découvert plusieurs choses.
Même si l’on reste toujours dans une approximation de mini super-espace la situation est bien mieux contrôlée, car, le fait que la géométrie de l’espace-temps soit discrète réduit déjà considérablement le nombre de degrés de liberté possibles pour l’espace-temps à l’approche de la singularité primordiale. Ce qui permet de mieux justifier l’utilisation des mini-super-espaces en raison même de la structure de la LQG.

On trouve alors que l’on peut définir un opérateur de courbure pour l’espace-temps et un opérateur de « position » a(t) pour le facteur décrivant l’expansion des Univers de FRW. Contrairement aux résultats obtenus avant la LQG, le spectre de ces opérateurs est discret.

Magiquement, alors que le spectre du dernier opérateur possède la valeur 0 correspondant à un volume nul, celui de la courbure possède alors une borne maximale, la singularité de l’espace-temps est éliminée !

On peut alors prolonger sans aucun problème la structure de l’espace-temps avant ce qui correspond pour nous à un temps 0. Il y a alors un « Avant le Big Bang ». Si l’on représente le facteur d’expansion de l’Univers au cours du temps celui-ci effectue un mouvement rappelant celui d’une balle rebondissant éternellement de façon élastique, on parle d’ailleurs en anglais de « bouncing Univers » pour des théories de ce genre. On pourrait croire que chaque cycle d’expansion-contraction reproduit l’Univers à l’identique mais Bojowald fait remarquer que ses équations quantiques rendent en partie indéterminés les paramètres décrivant chaque nouveau cycle qui perdrait donc à chaque fois une partie des informations caractérisant l’état précédant.

L’Univers serait donc comme un phénix éternellement renaissant de ses cendres pour une nouvelle aventure différente de la précédente. Métaphysique ou physique que tout cela ? Probablement les deux.


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Voir le documentaire sur la théorie des cordes

26.05.2007

Management et science selon Jean Staune

Entreprises, science et vision du monde


Le profit est la base de l'entreprise, mais pas son but. Quel est le but de l'entreprise dans une société appliquant la vision du monde découlant de la mécanique quantique ou la relativité générale ? Qu'est-ce que le toyotisme ?
Jaune Staune explique sans pudeur que le rationalisme en est arrivé à montrer qu'il ne peut pas tout expliquer.

Voici des entretiens vidéos de Jaune Staune à l'Association Progrès du Management.
Né à Bordeaux en 1963, Jean Staune se distingue par un parcours interdisciplinaire ponctué de diplômes en mathématique, informatique, paléontologie, sciences politiques, économie et gestion. Sa passion pour les sciences le conduit à fonder en 1995 l’Université interdisciplinaire de Paris, dont le conseil scientifique est composé des sommités internationales et de plusieurs prix Nobel.

PARTIE 1



PARTIE 2



PARTIE 3

Science, théorie des cordes et religion

La théorie des cordes et la mécanique quantique ouvrent la voie aux religions

Les nouvelles théories de la science datant du 20ème et du 21ème remettent à l'ordre du jour des notions antiques comme la relativité (du temps, de l'espace, de la matière, de la "réalité"), l'interdépendance-interconnectivité, les mondes parallèles et la possibilité des miracles.
C'est une vraie aubaine pour la spiritualité et les religions que la science ait réussi à réfuter la vision matérialiste et réductionniste issue de Descartes. Ce n'est plus qu'une question de temps pour que la société entière intègre ces bouleversements : un nouveau paradigme. Brian Greene, scientifique de renom, après avoir publié l'Univers élégant, est à l'origine d'un documentaire scientifique aussi instructif que divertissant. Regardez plutôt l'émission d'Arte "Ce qu'Einstein ne savait pas encore" (L'univers Elegant) en trois volets :








Acheter l'Univers élégant
Voir aussi Management et science selon Jean Staune

24.12.2006

Réponse à la zététique

Voici quelques principes zététiques (c.f. "quelques principes zététiques") et ce que l'on peut répondre :

I. Le droit au rêve a pour pendant le devoir de vigilance.

- Il faut être critique vis-à-vis de soi-même, et aussi vis-à-vis de la critique.

II. Inexpliqué n´est pas inexplicable.

- explicable, mais jusqu'à quel point ? le comment, oui... et le pourquoi ?
- inexplicable n'est pas inexistant.

III. La charge de la preuve revient à celui qui l´affirme.

- comment prouver l'inexplicable ?

VIII. Les croyances créent des illusions.

- et l'on croit vite que l'on ne croit pas.

 

23.12.2006

La suprématie de la raison

La psyché ne se limite pas à la dichotomie raison/passion, elle est dotée d'un autre sens : le ressenti - la porte de la transcendance

 

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De part le monde, l’intellect a eu sa place dans l’humanité depuis l’antiquité. En Egypte, en Grèce, en Inde, il y avait déjà de grands penseurs. Cependant, en Occident depuis la Renaissance, avec des philosophes comme Descartes, le mental s’est détaché du reste de la psyché. La pensée est aujourd’hui comme un dictateur dominant esprit dans tous les pays riches de la planète. Pour la plupart d’entre nous, nous avons pris l’étrange habitude, d’appréhender l’univers uniquement que par l’intellect. Et surtout de croire que l’intellect en est capable. Ceci reste encore à prouver.

Les intellectuels et chercheurs d’université s’illusionnent souvent pouvoir comprendre la véritable nature des religions et des cultures primitives. Pourtant il est vraisemblablement impossible de comprendre une religion sans la vivre. C'était un des slogans de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss. Deux de mes amis que j’ai emmené voir un maître spirituel m’ont raconté qu’au moment de recevoir sa bénédiction, il a eu le sentiment d’être en union avec le monde. C’est le genre d’expérience - auquel le mental n’a pas accès - qui peut ouvrir notre esprit à une dimension plus vaste de la vie, et que même cent ans d’études brillantes et approfondies ne peuvent remplacer. Réfuter ces expériences avec le seul argument qu'on ne les a pas vécu, c'est tomber dans l'a priori. C’est comme la différence entre lire des encyclopédies sur le chocolat et goûter du chocolat. Malheureusement, les expériences de grâce ne surviennent ni tout le temps, ni à tout le monde.

Descartes et Pascal furent l’uns des pionniers à avoir séparé le corps de l’esprit, la raison de la passion. Aujourd’hui, les athées s’adonnent (ou pas) et se cantonnent dans la réflexion (plutôt plus) et l’érudition (plutôt moins). En quelque sorte, les athées ont adopté la croyance que le mental seul peut s'affranchir du reste de la psyché, les émotions, les sensations, etc. Il n’en est rien, et je pense que la plupart des athées en sont conscients mais l’admettre est difficile. Il n’en est rien, et je pense que la plupart des athées en sont conscients mais l’admettre est difficile.

Prenons le cas d’un gentil bourgeois à la discipline et à la morale « infaillibles », et athée. Il a écrit des thèses, des doctorats, et maintenant professe dans plusieurs universités d’Europe. Il n’a jamais voulu tuer personne et sait combien cela est « mal ». Un soir, il prend en flagrant délit, dans sa propre demeure, un inconnu qui vient d’étrangler sa femme. Pris d’une colère terrible, il égorge l’assassin, ce qui en fait un de plus. Ce genre d’histoires n’est pas rare, et montre qu’aussi intelligent et cultivé que l’on soit, on ne peut maîtriser nos émotions et pulsions diverses.

L’esprit possède donc d’autres facultés en dehors de la pensée. Il y a entre autres la sensation, la mémoire (sensorielle et tout court), la concentration, l’imagination, et la conscience. La prière et les techniques de méditations sont des moyens utilisant la sensation, la concentration, l’imagination et la conscience, pour se libérer de l’emprise de nos propres émotions, névroses et limitations. Si le mental veut tout contrôler, c’est à nous de lui donner la place qui lui convient.

Voir "L'évitement de sa propre souffrance"
Voir "fonction de la religion"