26.07.2009
Christiane Singer : les religions…
Les religions établies sont trop souvent impuissantes à offrir des remèdes adéquats. Il faut tenter de reprendre pied en soi-même, de retrouver ses racines intérieures.
Romancière et essayiste au charisme étonnant, Christiane Singer (1943 - 2007) place la dimension intérieure et spirituelle propre à chacun et l'éthique de soi au coeur de son oeuvre. Lectrice à l'Université de Bâle et chargée de cours à celle de Fribourg, Christiane Singer suit également l'enseignement de Graf Karlfried Dürckheim, un des disciples de Jung.
'Histoire d'âme' a reçu le Prix Albert Camus en 1989 et 'La Mort viennoise' le Prix des libraires 1979.
Bibliographie sélective :
Éloge du mariage, de l'engagement et autres folies
Où cours-tu ?
Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
N'oublie pas les chevaux écumants du passé
Lire aussi :
Entretien avec Nouvelles Clés
17:52 Publié dans Religion & spiritualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : singer, religion, spiritualité, dürckheim, jung
24.04.2009
La méditation transcendantale
La Méditation Transcendentale ou MT est une invention aujourd'hui très people du Maharishi Mahesh Yogi. Elle est plébiscitée comme méthode de relaxation et de focalisation par les célébrités comme David Lynch (sa fondation propose aux écoles d'enseigner la MT), Paul McCartney, Deepak Chopra, etc. Promouvoir la méditation (quelle type de méditation ? il y en a des milliers !) peut être une chose salutaire pour notre société, mais pourquoi promouvoir uniquement la MT, une marque déposée ? Ses adeptes clament que c'est la meilleure technique de méditation et qu'elle seule peut enrayer les maux de l'humanité. Effectivement une méditation bien menée amène à des résultats impressionnants (réussite scolaire, concentration hors du commun, sensibilité accrue, créativité décuplée). Si la MT se diffuse si bien même en milieu scolaire, c'est qu'elle doit apporter des bienfaits. En même temps, ce n'est pas parce que des écoliers en difficultés deviennent brillants, qu'ils deviendront autonomes et libres de toute idéalisation d'une doctrine ou d'une personne. De même, John Travolta s'est libéré de la toxicomanie en devenant la brebis d'un culte.
Outres, les méfaits directs de la manipulation des masses, les effets secondaires du prosélytisme soft d'organisations faussement spirituelles sont de discréditer les exercices spirituels ou de développement personnel comme les méditations - et surtout de freiner la spiritualité authentique qui n'a ni nom ni enseigne. Et leur stratégie est redoutable : se faire passer ni pour un culte, ni pour une religion, juste une technique de bien-être ou de méditation sans idéologie ni effet secondaire.
Selon un site belge d'habitants d'une petite localité, où veut s'implanter un groupe de MT, on peut lire :
A en croire la propagande distillée par Maharishi, seule la « Loi Naturelle Totale » est susceptible d’apporter des réponses efficaces aux grands défis qui se posent, tant au niveau national que sur le plan international. Elle seule peut gouverner « la diversité infinie de l’univers avec un ordre parfait ». Et comme toute idéologie qui s’appuie sur la référence à la loi naturelle (« totale » de surcroît), celle développée par Maharishi entend consacrer le triomphe d’une élite. Dès 1975, on peut lire dans la revue de la Maharishi International University (U.S.A.) : « Il n’y a pas de place pour les faibles et il ne peut y en avoir. Ce sont les forts qui doivent conduire et si les faibles ne suivent pas, il ne saurait y avoir de place pour eux. (…) Les ignorants doivent se laisser illuminer par l’élite des sages. Dans la nature elle-même, les faibles disparaissent. La non-existence des faibles est une loi de la nature » Des propos qui se passent évidemment de commentaires.
Le moyen le plus approprié pour assurer le triomphe de la « Loi Naturelle Totale » : la Méditation transcendantale. C’est elle qui doit permettre à chaque individu d’atteindre l’équilibre, l’harmonie, la paix. Mais si chaque adepte peut se livrer individuellement à cette technique, des « experts » sont indispensables pour en garantir à la collectivité tous les bienfaits annoncés. Seuls ces experts, sorte de professionnels de la Méditation transcendantale et du vol yogique, seraient aptes à créer une « cohérence nationale », à faire reculer de manière significative les fléaux qui gangrènent la société et à assurer « l’invincibilité de la nation ». Seuls aussi, la Méditation transcendantale et le vol yogique, pratiqués à grande échelle, seraient capables d’empêcher les conflits armés ou d’y mettre fin et de garantir la paix et l’harmonie universelles.
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D'autres articles :
lemonde.fr
info-sectes
le soir - le raam, la monnaie MT
washingtonpost (anglais)
21:22 Publié dans Critique du croyant | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : mt, maharishi mahesh yogi, méditation transcendantale, religion, spiritualité
23.03.2008
Pourquoi ni la psychanalyse ni la spiritualité peuvent ne pas marcher
Je devrais ajouter aux deux approches une longue liste incluant de nombreuses thérapies analytiques ou utilisant essentiellement l'intellect, les méthodes de développement personnel, la religion...
Je peux aussi reformuler le titre en : "Pourquoi la compréhension consciente ne permet pas de résoudre des problèmes psychiques" ou "pourquoi la raison peut être impuissante vis-à-vis des passion".
De temps en temps, il est nécessaire d'admettre que même avec le couteau suisse le plus complet et sophistiqué, on ne peut pas ouvrir la porte de chez soi, de remplacer une roue de voiture, ou de nettoyer sa salle de bain. A défaut de ne pas pouvoir avancer sur son chemin d'épanouissement ou d'introspection. De rester prisonnier de blocages que l'on s'obstine souvent à nier. La souplesse d'esprit ferait que l'on sache utiliser aussi bien un couteau suisse qu'une clé à molette ou une éponge - cela s'appelle aussi l'adaptation.
Reportage de 7 min :
12:33 Publié dans Athéisme & Religion, Religion & spiritualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : spiritualité, psychologie, religion, stress, dépression, neurologie, santé
12.01.2008
CICNS : pertinent ou inquiétant ? ou les deux ?
Le Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS) tente de montrer combien le gouvernement actuel s'acharne à diaboliser autant de nouvelles spiritualités que possibles, en tout impartialité. Ils prétendent défendre aucun mouvement, aucune doctrine en particulier, mais met en garde le public contre la pensée unique, une certaine manipulation des masses par l'Etat ou les médias. On les accuse dès le début d'être la vitrine soft de la Scientologie ou d'autres "sectes" pour riposter contre la lutte-antisecte. Beaucoup s'inquiètent également de l'indulgence du Président de la République actuel à l'égard de "spiritualités en marge" comme l'Eglise de S...
L'effort à dénoncer les chasses aux sorcières, les dénonciations biaisées et abusives est salutaire. Mais ce n'est pas parce qu'un camp manipule que l'autre ne manipule pas... là est la limite du CICNS, à mon sens. On peut penser aussi que toute cela n'est souvent qu'un conflit d'intérêt (argent, pouvoir, sexe) plutôt qu'un conflit pour la vérité ou le bonheur.
La Miviludes marque dans son rapport (PDF) de 2006 :
[...] Maintenant que la Scientologie se dit « inscrite dans le paysage », sans doute a-t-elle choisi de s’en remettre à d’autres, comme la CAPLC et le CICNS, pour remplir le rôle peu glorieux « d’empêcheur officiel de tourner en rond ». Elle préfère le « politiquement correct », consacrant son énergie à des causes susceptibles de se révéler plus rentables en termes d’image (lutte contre la drogue, droits de l’Homme, humanitaire…) par le biais d’associations plus ou moins affichées comme officiellement liées à son activité, telles que la Commission des citoyens pour les droits de l’Homme
(CCDH), « Non à la drogue, oui à la vie », l’« Association internationale des jeunes pour les droits de l’Homme », « Les ministres volontaires » et « Criminon ». Sous le titre « La Scientologie fait sa promo »115, l’hebdomadaire Marianne décrivait une nouvelle campagne lancée par l’organisation, avec distribution du premier volet d’une série de trois tracts à sa gloire, tirés chacun à un million d’exemplaires. Le journaliste notait que la date de lancement de cette opération coïncidait avec celle du démarrage des travaux de la Commission d’enquête parlementaire, et il concluait en
s’interrogeant : « Aurait-elle (la Scientologie) quelque chose à se reprocher ? »
Certes, la Scientologie n’apparaît pas en première ligne, mais l’analyse attentive des arguments utilisés et des méthodes déployées aux avant-postes par la CAPLC et le CICNS contre la Commission d’enquête parlementaire, laisse à penser qu’elle les a beaucoup inspirés … et plus si affinités.
« Là où les universitaires (sociologues, ethnologues, historiens) et tous les mouvements spirituels minoritaires demandent, depuis de nombreuses années, la possibilité d’un débat contradictoire
dans l’enceinte du Parlement, nos élus au suffrage universel se vantent de l’absence totale de contradiction et de l’unanimité imposée au débat »101. Les propos de sociologues, parfois habilement tronqués, sont aussi régulièrement utilisés pour nier le problème sectaire.
Quelques interview par le CICNS en vidéo :
Sylvie Simon, écrivain et journaliste, auteur de plusieurs ouvrages sur la vaccination et les médecines alternatives. Elle consacre son temps à la diffusion de vérités dérangeantes au sujet des liens entre les intérêts financiers, la santé publique et la politique. Dans cette interview, elle exprime sa révolte devant une politique d'état liberticide :
Anne Morelli est historienne. Son parcours universitaire l'a conduite à travailler sur des questions de sociologie des religions. Elle est directrice adjointe du centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité à l'université libre de Bruxelles. Dans cette interview, elle décrit avec éloquence et sans passion - elle est athée - la condition des minorités spirituelles en France et en Europe.
Michel Maffesoli dirige la chaire de sociologie Durkheim à la Sorbonne. Il se dit être "le spectateur attendri de ce qui est" et s'est donné comme tâche de "trouver les mots pour dire notre temps". Il nous parle ici de la place des nouvelles spiritualités et de l'émergence de nouvelles formes de rapports humains dans notre société en mutation.
18:15 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : religion, réductionisme, secte, cicns, antisecte, spiritualité
08.01.2008
Nicolas Tesla
Sans lui nous n'aurions ni électicité à la maison, ni radio.
Nikola Tesla (né le 10 juillet 1856 à Smiljan, dans les confins militaires de l'empire austro-hongrois - aujourd'hui en Croatie - et mort le 7 janvier 1943 à New York - États-Unis) était un inventeur et ingénieur serbe, dans le domaine de l'électricité.
Il est souvent considéré comme l'un des plus grands scientifiques dans l’histoire de la Technologie, pour avoir déposé plus de 900 brevets (qui sont pour la plupart repris au compte de Thomas Edison) traitant de nouvelles méthodes pour aborder la conversion de l'énergie. De plus, Tesla est reconnu comme l'un des ingénieurs les plus innovateurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Pour sa part, il aimait plutôt se définir comme un découvreur.
11:03 Publié dans Matérialisme & Rationalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : science, tesla, humanisme, hindouisme, religion, technologie
17.11.2007
Des catholiques sans Dieu
Article sur le site de France 5
Qui sont les catholiques de France ? Un siècle après la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Le Monde des religions a établi, en janvier 2007, un diagnostic de la première communauté religieuse de France. Le sondage CSA, réalisé pour la revue, confirme d'emblée la désaffection dont souffre l'Eglise catholique depuis des années.
Ainsi, les Français ne sont plus que 51 % à se déclarer catholiques - contre 67 % en 1994 - et, parmi eux, seule la moitié affirme croire en Dieu. Le constat interroge : que signifie être catholique aujourd'hui ? Ecartant les seuls repères institutionnels, tel le baptême, l'enquête porte davantage sur le sentiment religieux des individus. Une approche qui révèle les nouvelles pratiques et croyances des catholiques, caractérisées par leur diversité et, parfois, leurs contradictions.
Nul besoin, par exemple, pour se déclarer catholique, d'observer régulièrement les rites traditionnels de l'Eglise. La pratique s'individualise, et à la fréquentation des églises (ils ne sont que 17 % à s'y rendre régulièrement), les croyants préfèrent largement la prière. De même, la plupart d'entre eux restent de simples pratiquants. Ils ne sont que 8,5 % à souhaiter s'impliquer dans la vie de la communauté par le truchement d'activités paroissiales, d'actions humanitaires chrétiennes ou de cercles de réflexion spirituels.
Affranchis du dogme, les catholiques, s'ils ont la foi, ne croient pas nécessairement en un Dieu. Un vent de modernité a soufflé sur les fidèles, qui se réfèrent plus aisément à une force, une énergie, un esprit. Un vent qui les pousse à souhaiter que l'Eglise suive également les mutations de la société.
Bien que l'image de Benoît XVI reste bonne - avec 71 % d'opinions favorables, le pape affiche toutefois un score inférieur à son prédécesseur, Jean-Paul II. Alors qu'une très grande majorité de catholiques français souhaitent voir le mariage des prêtres ou l'ordination des femmes autorisés par le Vatican, ils expriment, de la même façon, le désir de voir s'instaurer un dialogue interreligieux, en faveur duquel s'est d'ailleurs exprimé le souverain pontife.
Si les catholiques représentent aujourd'hui - et probablement pour longtemps encore - la première communauté religieuse de France, la question de la transmission de la foi se pose cruellement. Les prêtres, plus de 45 000 en 1970, sont à présent deux fois moins nombreux et les églises se voient contrainte de recruter auprès des laïcs. La culture religieuse se dissout dans une pratique multiforme, moins portée sur les références historiques que sur une affirmation politique. Reste à l'Eglise de s'adapter aux comportements des catholiques nouvelle génération, pour espérer pallier sa perte d'influence et la crise des vocations qu'elle accuse.
15:10 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catholique, chrétien, dieu, religion, christianisme
Exorcisme et psychiatrie
Vidéo extrait de l'émission "C dans l'air" sur l'exorcisme catholique en France et la collaboration avec des médecins. Cliquer ici.
15:04 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : exorcisme, religion, médecine, psychiatrie, catholique
29.10.2007
La mécanique de l'esprit et de l'invisible
Tout ce qui ressort du relatif est rationnel
Dans la dualité, on oppose les contraires, on distingue les individus, on dissèque les éléments d'un système. Dans l'absolue que vivent certains mystiques, où toute opposition disparaît, où toute loi s'effondre, la rationnalité n'est plus. Toutefois, la psyché humaine fait partie de la réalité duelle, même si elle est impalpable, au même titre que la lumière.
Nous sommes tous des névrosés aux yeux des psychiatres. Beaucoup ne l’admettront jamais. Ceux qui cherchent la spiritualité le font surtout à cause d’un mal-être. Aveu sincère ? Cela arrive, mais de toute façon on se rattrape avec les « super-techniques de l’illumination ». La science et la raison n’ont pas résolu les maux de l’âme, donc il fallait bien trouver autre chose.
La spiritualité, croit-on, dépasse toute rationalité. Et les imperfections s’effaceront par-delà toute logique. En fait, la seule logique est celle de l'accroissement. Croire plus, méditer plus, prier plus. Et mon âme est purifiée !
Les adeptes des nouvelles croyances s’abreuvent de théories ésotériques toujours plus secrètes (au rayon best-seller) et accumulent les techniques transcendantes. Les croyants "rétro" suivent prêches et enseignements assidûment, multiplient les pratiques religieuses et/ou énergétiques. Ils veulent aller toujours plus haut dans le ciel, et perdent contact avec la terre - le concret. Quelque part, ils cherchent à fuir le rationnel car le changement leur semble beaucoup plus probable dans la magie. Les idées merveilleuses.
Malgré tout, un nombre croissant de personnes doivent se rendre à l’évidence : les changements sont rares et minimes. Parfois, les résultats sont inverses à ce qui est escompté. Dans ce contexte, mêmes dans les milieux New Age, des voix s’élèvent pour dire que l’on ne peut pas échapper à la « mécanique », admettant le génie de Descartes. Oui, selon eux, la psyché, l’âme a son propre mécanisme, comme une horloge ou une voiture. La spiritualité commence et finit avec le ménage et la vaisselle, les factures EDF, les déclarations d'impôts et la plomberie de la salle de bain.
Si une personne a un traumatisme psychique, méditer ou prier ne le sauveront pas. La voie psychothérapeutique s’impose, faute de candidat alternatif convaincant. Si un dépressif, par exemple, est « surchargé d’entités » (possédé), aucune thérapie, aucun médicament ne fonctionnera. Il doit être débarrassé de l'obstacle principal à sa guérison, diraient certains médiums, shamanes et exorcistes. Tout cela n’est pas scientifique bien sûr, mais il semble que, même dans le paranormal, il y ait une logique implacable.
On peut donc penser que ce qu'on nomme en fait « l'irrationnel », est en fait parfaitement rationnel mais régi par des lois encore ignorées du grand nombre. L'irrationnel, pour ainsi dire, n'existe pas.
14:20 Publié dans Critique du croyant | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : religion, mystique, spiritualité, psychothérapie, ésotérisme
28.10.2007
L'Abbé Pierre sur l'enfer
« L’enfer, c’est les autres, écrivait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire. L’enfer, c’est soi-même coupé des autres.»
22:36 Publié dans Athéisme & Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Religion
22.07.2007
La fonction de la religion
PROLOGUE
Voici les quelques définitions les plus courantes de la religion :
- ce qui relie au divin (divin extérieur),
- ce qui relie les humains entre eux,
- ce qui relie l’humain à lui-même (divin intérieur ou sans),
- phénomène social (pour apporter une réponse à nos angoisses les plus fondamentales, peur de la mort, etc., pour la cohésion, la structuration sociale,…)
- phénomène biologique et/ou psychologique (tout humain serait doté d’une pulsion ou d’un capacité à se sentir uni à toute l’humanité - voir l'article "Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais" où la grâce est réduite à de la sérotonine, et l'article "Science & Vie et Dieu. La pensée pauvre, pauvres de nous sur le site d'AFIS science - non moins athée - qui contredit la thèse)
La religion est souvent réduite à un culte - des croyants qui rendent un culte à un Dieu ou à des divinités, comme à tendance à le faire Régis Debray (site officiel), écrivain très éloquent à ce sujet. (Toutefois son point de vue sur la religion est inédite et digne d'intérêt - lire Le Feu Sacré : Fonctions du Religieux) D'autre comme Luc Ferry, propose que la religion est une façon de s'interroger sur ou de déguiser la mort, et d'apaiser nos angoisses (lire L'Homme-Dieu). Plus précisément, la religion constitue un cadre où est rendu possible un travail intérieur : spirituel. Travail signifie exercice, apprentissage, réflexion, discussion, effort, cheminement. Bien sûr, on peut croire sans cheminer. On peut aller à l’école et paresser, c’est la liberté de chacun. Une école où aucun élève ne travaille est problématique, certes… Donc, outre le fait de relier les hommes aux puissances célestes, une religion est aussi un ensemble d’outils, de méthodes pour l’épanouissement des individus, autrement dit, pour le bonheur de tout le monde. En termes psychologiques, la religion permet aux humains de se relier à eux-mêmes, à leur inconscient, comme l’affirmait Carl Gustav Jung. Si l’existence des puissances divines est difficile à démontrer, en tout cas aujourd’hui, la tâche est moins difficile pour ce qui est de l’aspect thérapeutique et bénéfique des voies spirituelles en général (ce qui n’incluent pas les sectes capitalistes…). Généralement, l’athéisme se base sur l’idée que la liberté - donc le bonheur - repose sur notre capacité à satisfaire nos besoins et la plupart de nos désirs. Aujourd’hui, la tendance dominante est à l’hédonisme, où le plaisir devient le but de l’existence, ce qui, à l'extrême, amène à des perversions comme le sado-masochisme. (voir "le mythe de la liberté") L'inconvénient étant que l'accoutumance que l'on développe à l'égard des plaisirs renforce notre égoïsme et une certaine indifférence à la situation des autres.
La méprise fondamentale de l’athéisme sur la religion est de la considérer comme ayant uniquement une fonction collective. En réalité, la religion (particulièrement à son niveau ésotérique), de même que l’animisme, le shamanisme et le mysticisme, a comme fonction première, une fonction individuelle. Elle demande à chacun de se regarder, de s’écouter et de se sentir. Qui suis-je ? Que fais-je ? Quelles sont mes émotions, mes sensations ? sont les questions à se poser. La société, l’école, la famille et la religion nous donnent des valeurs et des principes.
Mais il ne suffit pas d’avoir des principes pour pouvoir les mettre en application.
Il faut donc prendre du temps pour réfléchir et s’observer afin de connaître les réelles motivations de nos faits et gestes. Afin de s’assurer que nos actions et nos émotions sont en accord avec nos principes. Cela demande donc du courage, de la concentration et de la persévérance.
La prière, la méditation ou autres exercices physiques permettent d’accroîtrent des qualités comme la concentration et la souplesse mentale / le lâcher-prise. Ainsi, il devient plus facile de s’affranchir de la colère, de la haine, de la jalousie, de la peur, de l’attachement… … à la condition qu’il y ait une véritable pratique, et qu’elle soit proprement menée. Il ne faut donc pas prendre comme exemples les intégristes qui ne suivent pas un enseignement authentique ou qui n’ont aucune pratique leur permettant d’être moins assujettis aux pulsions intérieures. (voir "l'évitement de sa propre souffrance") Il ne s’agit pas de rejeter les émotions comme dans le stoïcisme (où la sagesse est uniquement connaissance), le plaisir comme dans l'épicurisme, mais de s’efforcer à ne plus être esclave des forces psychiques. Nous pouvons alors accueillir les sensations, sans les rejeter ni s'y attacher.
- "esotérisme, exotérisme et syncrétisme"
-" la religion, l’institution et la guerre"
- "attention, institutions et moutons"
- "l'évitement de sa propre souffrance"
- "la foi et la croyance"
- "bouddhisme : culture, politique ou spiritualité"
18:00 Publié dans Religion & spiritualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Religion, fonction, Jung, croyance, foi, société