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26/12/2006

Le matérialisme spirituel

Lorsque la religion devient le supermarché de la foi

medium_supermarche.jpg Lorsqu’il y a un manque affectif, une forte impression de solitude, un vide moral ou existentiel, nous sommes quasiment toujours amenés à remplir ce gouffre avec de la nourriture, de l’alcool, des drogues, des objets, le sexe, la musique, les jeux, en voyageant. Cela nous permet d’une part de soulager l’anxiété voire la douleur que cela engendre, et d’autre part, de ne pas le voir (le gouffre, la douleur).

A l’ère de la société de consommation, il se produit très souvent la même chose même avec la religion. Il arrive souvent que des croyants prient et chantent intensément, s’entourent d’objets religieux ou sacrés, accumulent des livres et des connaissances pour combler un vide, un sentiment de vide abyssal, pour affirmer une identité, pour fuir ses propres névroses et phobies, pour se protéger des autres, pour se sentir honorable ou supérieur, pour se donner une image positive d’eux-mêmes. C’est une démarche plus ou moins religieuse qui est caractérisée par l’accumulation en tout genre. Elle se fait sans compréhension véritable de la religion, ni introspection ni observation intérieure, et génère un aveuglement coriace. Chögyam Trungpa, un maître tibétain a appelé ce phénomène le « matérialisme spirituel ». Est-il utile de dire que le business ésotérique en profite grandement ?