Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/09/2010

Lotus, entre sagesse et souillure


lotus-blte.jpgExaminons la symbolique du lotus…

La vase et l'eau vaseuse : c'est le monde duel, matériel, impur, les instincts primaires, les penchants égotiques, l'ombre selon Jung…

Le ciel éclairé par le soleil qui illumine la fleur : c'est la non-dualité, le monde immatériel, spirituel, le divin, l'Eveil, la sagesse, etc.

L'image du lotus est incontournable que ce soit dans les courants de l'hindouisme ou du bouddhisme. Elle a accompagné une grande partie de l'Asie depuis des millénaires. Mais que signifie-t-elle vraiment ?

La notion dominante en Orient est celle de la pureté. C'est l'état immaculée de la fleur de lotus qui se tient hors de l'eau vaseuse.

Le fait est que si la fleur ne touche ni l'eau ni la vase, ses racines sont bien ancrées dans la vase.

Il y a donc, principalement deux tendances qui découlent de la symbolique du lotus :
- une approche dualiste voire manichéenne qui va combattre, contenir ou nier tout ce qui appartient à la vase
- une approche "alchimique" qui consiste à accueillir et utiliser la vase, l'ombre, la matière, l'ego, pour stimuler et alimenter la quête spirituelle.

Dans cette approche "non dualiste", on réalise que la vase est le seul support, le seul terreau sur lequel il est possible de faire mûrir l'âme, la conscience, l'être, etc. Si le ciel ou le soleil apporte la semence, il féconde la terre. (je reste dans la dualité terre-ciel pour cet article)

C'est dans la vase que se trouve nutriments, minéraux et eau essentiels au développement, non dans la lumière. En quelque sorte la vase (ou la terre) est la seule nourriture de l'être.

Alors au lieu de considérer la matière comme des obstacles, comme le diable en personne, il nous est proposé de la regarder comme un escalier, quelque chose qui nous permet de comprendre et de grandir. La matière fini et éphémère, l'égo et son ombre sont donc à la fois le cadre et la source d'énergie permettant à l'être de cheminer vers l'éternel, la lumière, la libération, etc.

Au lieu de considérer les émotions (négatives) comme des entraves à absolument éviter ou pacifier, il nous est proposé quand cela est possible, de les accueillir et même de s'en servir comme tremplin, comme carburant (à brûler donc) pour se propulser vers notre objectif. Des chercheurs comme Boris Cyrulnik explique que les émotions comme la peur sont utiles voire vitales, notamment pour anticiper et éloigner les dangers (lire Eloges de la peur). D'autre part, plutôt que de projeter notre peur, notre colère ou haine contre l'objet de notre émotion, nous pouvons la relier à nos aspirations, nos besoins profonds (approche CNV), notre quête. Ainsi la motivation à atteindre notre but peut être dopée grâce à une émotion considérée a priori comme destructive. Avec cette pratique de transmutation, les émotions "négatives" deviennent constructives, donc positives. Ainsi la colère peut se consumer et renforcer l'acceptation, l'empathie, la joie… Au final, la colère par exemple ne disparaît sûrement pas de la vie terrestre, comme signal d'alarme d'évènements fâcheux, d'action malveillantes, elle demeure précieuse et vitale. La question est de savoir comment nous la faisons évoluer.

On peut ajouter que si beaucoup de religieux pratiquants et spirituels évitent d'aller à l'écoute de leurs émotions en croyant les purifier par des mantras ou des rituels et les lâcher-prise grâce à la méditation, il semble qu'au final la manière la plus efficace et la plus honnête d'évoluer est d'aller à leur rencontre. Et en acceptant de ressentir ses émotions, il est possible de connaître ses propres besoins qui sont souvent dissimulés par les jugements et les inhibitions (selon la CNV, voir la liste des besoins en dernière page du PDF).